Ukraine: trop tôt pour parler d’une mission de maintien de la paix réplique le Kremlin

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Un peu avant l'adoption de l'accord-cadre à Genève ce jeudi 17 avril, le président russe, Vladimir Poutine, s'est montré prêt à en découdre avec l'Occident si une entente s'avérait impossible sur la crise ukrainienne (Présidence russe)
Le président russe, Vladimir Poutine. (Archives/ Présidence russe)(Présidence russe)

La Russie a jugé vendredi prématuré de discuter du déploiement d’une mission de maintien de la paix dans l’Est ukrainien en guerre avant que l’accord de paix signé en février ne soit complètement mis en oeuvre.

Avant que le texte de l’accord de Minsk et ses dispositions concrètes soient mis en oeuvre nous pensons que ce serait une erreur de soulever d’autres questions dont celle d’unités de maintien de la paix, a indiqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov aux agences de presse russes.

Jeudi, la présidence ukrainienne avait affirmé que le président russe avait pour la première fois accepté la possibilité du déploiement d’une mission de maintien de la paix dans l’Est rebelle prorusse de l’Ukraine, après que les deux dirigeants se soient entretenus au téléphone avec leurs homologues français et allemands.

« Dans le contexte de la discussion sur les voies d’un règlement pacifique (du conflit), le président Poutine a accepté la possibilité du déploiement d’un contingent de maintien de la paix dans le Donbass, bassin minier de l’Est ukrainien dont une partie est sous le contrôle des rebelles », avait déclaré la présidence ukrainienne dans un communiqué.

Ni Moscou, ni Paris n’avaient cependant pas fait mention d’une possible force de maintien de la paix dans leurs communiqués respectifs parus à l’issue des conversations.

Interrogé vendredi pour savoir si Vladimir Poutine avait donné son accord pour une force de maintien de la paix pour l’Est rebelle, M. Peskov a répondu: « Non, ce n’est pas vrai ».

Il a ajouté que la Russie ne contestait pas l’idée d’une mission de maintien de la paix sans pouvoir pour autant l’accepter parce que Moscou n’est pas partie au conflit. Selon lui, il appartient à l’Ukraine et aux régions rebelles de s’accorder sur cette question.

Il y a un document signé par les représentants de Kiev et du Donbass et garanti par trois pays, a souligné le porte-parole du Kremlin, insistant sur le fait que les parties respectaient l’accord.

En dépit d’un accord signé à Minsk en février sous l’égide de l’Allemagne et de la France entre les rebelles et Kiev, le cessez-le-feu reste très fragile dans l’est de l’Ukraine.

Kiev appelle depuis des mois les Occidentaux à déployer une force d’interposition – mission policière de l’Union européenne ou casques bleus de l’ONU – sur la ligne de front, mais aussi à la frontière ukraino-russe. Kiev et les Occidentaux accusent Moscou de livrer des armes aux séparatistes et d’avoir déployé des troupes dans ces régions, ce que la Russie dément catégoriquement.

Le conflit a fait plus de 6.000 morts et poussé un million de personnes à fuir l’an dernier selon l’ONU.

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