Washington restreint et contrôle l’utilisation d’équipements militaires par les services de police

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Les services de police sur West Florissant avenue lors des manifestations à Ferguson dans le Missouri le 18 août dernier ( Source AFP/ Michael B.Thomas)
Les services de police sur West Florissant Avenue lors des manifestations à Ferguson dans le Missouri le 18 août dernier ( Source AFP/ Michael B.Thomas)

Le gouvernement américain va cesser d’envoyer des lance-grenades, des armements montés sur véhicules ainsi que certains autres types d’équipements militaires à la police locale en vertu des nouvelles règles approuvées par le président Barack Obama, a rapporté Associated Press.

D’autres types d’équipements de substitution à l’apparence et aux modalités moins militaires seront fournis uniquement sous des contrôles plus stricts.

Cette mesure d’interdiction survient peu de temps après que les médias américains aient massivement diffusé des images des services de police locaux  en tenue du camouflage et anti-émeute alors qu’ils tentaient de dissiper les protestations survenue à Ferguson dans le Missouri.

Sur la liste des équipements concernés par ces nouvelles interdictions, on retrouve notamment les véhicules blindés adaptés à la piste et non aux routes ou encore les armements montés sur des véhicules terrestres ou aériens.

Il s’agit pour l’administration d’Obama de limiter l’aspect militaire des services de maintien de l’ordre afin de ne pas intimider plus que nécessaire les populations civiles.

De façon plus pragmatique, ces limitations dans l’arsenal employable par les policiers ne font que correspondre au budget restreint dont dispose les services de police locaux aux Etats-Unis. L’administration Obama souhaitant éviter que les municipalités se soient tentées par des dépenses superflues et onéreuses pour le contribuable américain.

En matière d’armement, les forces de polices américaines locales se sont vu prohiber l’utilisation des armes à feu de calibre 50 ou supérieur, l’emploi de lance-grenades lacrymogènes, ou encore de baïonnettes.

Le potentiel  extrêmement destructeur de ces armes qui relèvent d’avantage des forces armées américaines sont à l’origine de cette interdiction a estimé la Maison Blanche.

Concernant les camouflages, le port de camouflage boisé en ville est perçu par les autorités fédérales comme inutilement militariste. Les programmes fédéraux seront toujours autorisés à fournir des camouflages aux motifs forêts et déserts lorsque les missions de la police l’exigeront. C’est par exemple le cas lors des opérations de police visant l’éradication des cultures de drogues illicites dans une zone boisée.

A partir du mois d’octobre, la vente ou l’approvisionnement de l’équipement vers la police par le gouvernement fédéral américain répondra donc à des contrôles plus stricts. Désormais, la procédure devra comporter l’approbation d’un organe de direction locale et une explication des raisons pour lesquelles l’équipement en question est nécessaire.

Il aura donc fallu de nombreux de coups d’éclat médiatiques provoqués par les bavures policières et autres abus commis par les services de police à l’instar des évènements de Ferguson et Baltimore pour que Washington se décide, enfin, à avoir un meilleur contrôle sur les arsenaux employés par les services de police à travers le pays.

Etudiant en relations internationales à Sciences po Toulouse en France, Bastien se passionne pour les questions de défense et de sécurité à l’internationale. Sa curiosité prononcée pour l’actualité militaire et l’attrait du journalisme l’on incité à rejoindre l’équipe de 45eNord en tant que stagiaire.

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