Yémen: l’ONU craint un arrêt de l’assistance humanitaire

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Malgré les défis de sécurité, les équipes de vaccination dans le gouvernorat de Saada, au Yemen, poursuivent les activités de vaccination (OMS)
Malgré les défis de sécurité, les équipes de vaccination dans le gouvernorat de Saada, au Yemen, poursuivent les activités de vaccination (OMS)

L’ONU a exhorté les belligérants au Yémen à rétablir l’approvisionnement en carburant pour faciliter la distribution d’aide humanitaire et à épargner les hôpitaux, dans lesquels la situation est particulièrement critique.
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Mise à jour au 01/05/2015 à 15h17

Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU n’ont pas réussi à se mettre d’accord vendredi sur un projet russe de déclaration demandant des pauses humanitaires entre les belligérants au Yémen, ont indiqué des diplomates.

Les autres membres du Conseil ont demandé un délai pour consulter leurs capitales sur la proposition russe, a indiqué l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine à l’issue de consultations à huis clos.

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Après cinq semaines de guerre, le programme d’assistance aux civils envisagé par la coalition arabe conduite par l’Arabie saoudite ne s’est pas matérialisé en raison de la poursuite, voire de l’intensification des opérations militaires.

Or 7,5 millions de Yéménites, soit le tiers de la population, sont affectés par le conflit, a indiqué vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en révisant à la hausse le bilan des victimes du conflit.

Du 19 mars au 27 avril, il y a eu 1.244 décès signalés dans les établissements de santé et 5.044 blessés, a détaillé l’agence onusienne.

Selon l’OMS, la plupart des routes reliant la capitale Sanaa aux régions de Taëz, Aden, Dhaleh et Lahej (sud) sont de moins en moins accessibles, ce qui limite la distribution de médicaments.

La dégradation de la situation humanitaire a poussé Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, à pousser un cri d’alarme. Il a demandé jeudi à toutes les parties de faire en sorte que les agences humanitaires aient un accès fiable et sécurisé à la population.

Le système de santé et les services sanitaires et de télécommunications sont sur le point de s’effondrer, a-t-il averti, ajoutant que les opérations humanitaires cesseront dans les jours qui viennent si l’approvisionnement en carburant n’est pas rétabli.

La pénurie d’essence a d’ailleurs contraint le Programme alimentaire mondial (PAM) à stopper la distribution de vivres dans certaines régions du Yémen.

Les hôpitaux souffrent

Dans un rapport du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publié jeudi à Sanaa, le directeur de l’hôpital koweïtien de la capitale yéménite déplore des difficultés logistiques énormes pour faire fonctionner (son) établissement.

« Nous manquons de carburant. Nos ambulances ne peuvent plus transporter les malades et la moitié de notre personnel ne peut plus travailler, nos bus ayant cessé de rouler », explique aussi Issa Alzubh.

Dans le même rapport, le CICR indique que son personnel a été contraint d’évacuer l’hôpital Al-Joumouriah à Aden, l’établissement s’étant retrouvé sur la ligne de front.

Le chef du CICR au Yémen, Cédric Schweizer, s’est dit choqué par le manque de respect pour la neutralité de cet équipement de santé.

De son côté, le Dr Adel Al-Yafyi, médecin d’un hôpital local d’Aden, a indiqué à l’AFP que son établissement était désormais incapable de traiter les malades ordinaires en raison du grand nombre de blessés (…) qui s’y entassent.

Risque de famine

Depuis le 26 mars, l’Arabie saoudite sunnite, rivale de l’Iran chiite, dirige une coalition de neuf pays arabes qui bombardent par les airs les positions de la rébellion chiite, soutenue par Téhéran, pour l’empêcher de prendre le contrôle total du Yémen.

Au sol, les partisans du président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi sont impliqués dans de violents combats contre ces rebelles et leurs alliés, qui tentent de prendre Aden (sud) et Taëz (sud-ouest), respectivement les deuxième et troisième villes du pays.

À Aden, 47 personnes, dont une majorité de rebelles, sont mortes dans les derniers raids aériens et combats au sol, a indiqué vendredi un responsable des hôpitaux.

Les rebelles, dits Houthis, imposent notamment un blocus aux quartiers proches du port, empêchant l’acheminement de l’aide et l’évacuation des blessés, a affirmé à l’AFP Bassam al-Qhadi, un volontaire des services de secours.

Imad Batata, un habitant de ce secteur, parle même d’un risque de famine: Il y a une seule boulangerie d’ouverte et on y attend des heures pour pouvoir espérer acheter du pain. Nous sommes sans eau et sans électricité depuis quinze jours, ajoute-t-il.

Un autre habitant, Amer Ali, accuse les Houthis de vouloir soumettre Aden par tous les moyens.

Au plan diplomatique, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a félicité vendredi son nouvel homologue saoudien Adel al-Jubeir en dépit de tensions entre les deux pays sur le Yémen.

Mais l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe ont rejeté l’idée de tenir hors de Ryad des négociations de paix, comme Téhéran l’a récemment proposé.

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