Après le renforcement de la force de réaction, l’OTAN réaffirme son soutien «inébranlable» à l’Ukraine

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Après le renforcement significatif de la force de réaction rapide annoncé mercredi, les ministres de la Défense des pays de l'Alliance se sont entendus jeudi 25 juin, dernière journée de leur rencontre à Bruxelles, pour réaffirmer leur soutien inébranlable à l'Ukraine et ont aussi confirmé un soutien durable à l'Afghanistan (OTAN)
Les ministres de la Défense des pays de l’Alliance se sont entendus jeudi 25 juin pour réaffirmer leur soutien inébranlable à l’Ukraine et ont aussi confirmé un soutien durable à l’Afghanistan (OTAN)

Après le renforcement significatif de la force de réaction rapide, annoncé au terme de la première journée de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN hier à Bruxelles, les ministres des pays de l’Alliance se sont entendus aujourd’hui alors que s’est achevée leur rencontre, pour réaffirmer leur soutien inébranlable à l’Ukraine et ont aussi confirmé un soutien durable à l’Afghanistan.

Déjà pré-annoncée et attendue, la mesure phare de la réunion à bien été le renforcement significatif de la force de réaction rapide de l’OTAN. Incluant une composante aérienne, maritime et un contingent de forces spéciales, cette capacité de réaction rapide de l’OTAN atteindra désormais 40.000 militaires. Cela représente une augmentation de 13.000 combattants.

De son côté, le Canada enverra des militaires des Forces armées canadiennes qui seront intégrés à différentes unités de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) localisées en Estonie et en Lituanie en vue de soutenir les forces à haut niveau de préparation de l’OTAN, a annoncé le ministre de la Défense Jason Kenney.

Soutien inébranlable à l’Ukraine

Les ministres de la Défense des pays de l’Alliance ont réaffirmé jeudi leur soutien indéfectible à l’Ukraine lors de la réunion de la Commission OTAN-Ukraine, dit le communiqué de l’OTAN sur la dernière journée de réunion des ministres de la Défense de l’Alliance atlantique.

Lors de leurs discussions avec le ministre ukrainien, M. Stepan Poltorak, ils ont évoqué la situation sur le plan de la sécurité en Ukraine et fait le point sur l’aide apportée par l’OTAN. Le secrétaire général de l’Organisation, M. Jens Stoltenberg, a souligné que l’Ukraine continuait de devoir «faire face à des séparatistes lourdement armés, soutenus, entraînés et équipés par la Russie» et qu’elle menait également des réformes en dépit d’une grave crise économique. «L’Ukraine fait des progrès malgré toutes ces difficultés et c’est remarquable», a-t-il déclaré.

Le secrétaire général a rappelé que tous les Alliés restent déterminés dans leur soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine», et qu’ils continuent d’appeler la Russie à cesser de déstabiliser le pays. «Le peuple d’Ukraine mérite notre soutien et nous sommes attachés à notre partenariat avec l’Ukraine», a-t-il conclu.

Soutien durable à l’Afghanistan

Ce jeudi 25 juin, les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont aussi confirmé leur soutien durable à l’Afghanistan lors d’une réunion des pays contribuant à la mission RESOLUTE SUPPORT, rapporte aussi l’OTAN.

Réunis en présence du ministre afghan par intérim de la Défense, M. Massoum Stanekzaï, ils ont fait le point sur la situation de sécurité et sur les six premiers mois de la mission Resolute Support. Tout en précisant que «cela a été une période difficile», le secrétaire général de l’OTAN, M. Jens Stoltenberg, a souligné que les forces afghanes «avaient fait face à la situation avec efficacité, et avaient fait preuve d’un courage, d’une détermination et d’un engagement exemplaires». Le secrétaire général a réaffirmé que l’Alliance continuera de soutenir l’Afghanistan dans les années à venir, déclarant que «l’OTAN et ses partenaires se tiennent aux côtés de l’Afghanistan».

Nous, ministres de la Défense des pays de l’Alliance, nous sommes réunis hier et aujourd’hui, à mi-chemin entre le sommet du pays de Galles de 2014 et celui de Varsovie en 2016, pour examiner la mise en œuvre des principales décisions prises au pays de Galles et décider de la suite des travaux. Nous avons pris note des progrès significatifs accomplis, en particulier dans la mise en œuvre du plan d’action « réactivité ».

Nous avons parlé de l’environnement de sécurité actuel. La Russie défie la sécurité euro-atlantique par l’action militaire, la coercition et l’intimidation de ses voisins. Nous restons préoccupés par les actions agressives de la Russie, dont nous avons également parlé lors d’une réunion avec notre homologue ukrainien, M. Poltorak ; au cours de cette réunion, nous avons réaffirmé notre engagement résolu en faveur d’une Ukraine indépendante, où règnent la paix et la prospérité, et notre ferme soutien à son intégrité territoriale à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Nous sommes aussi préoccupés par l’instabilité régionale croissante sur notre flanc sud, causée par une combinaison de différents défis et menaces, y compris la menace posée par l’EIIL/Daesh. Pour faire face à tous ces défis à l’est et au sud, l’OTAN continue d’offrir une approche à 360 degrés afin de dissuader les menaces et, si nécessaire, de défendre les Alliés contre tout adversaire.

Les mesures d’assurance lancées l’an dernier en mai continuent de faire la preuve de la solidarité collective et de la détermination de l’OTAN. Dans le cadre du plan d’action « réactivité », tous les Alliés contribuent à cet effort important dans l’est de l’Alliance, à terre, en mer et dans les airs, à 28 pour 28. Nous avons également parlé des mesures d’adaptation. De nature défensive, elles garantissent que l’OTAN dispose des forces voulues à l’endroit voulu et au moment voulu et qu’elle reste une Alliance préparée, robuste et réactive, capable de faire face aux défis actuels et futurs, d’où qu’ils puissent venir. Nous nous employons à faire en sorte que nos forces soient pleinement entraînées, équipées, et maintenues aux niveaux élevés de réactivité, de cohésion et de souplesse nécessaires pour mener toute la gamme des missions de l’OTAN, y compris décourager une agression contre les Alliés et démontrer leur préparation à défendre le territoire de l’OTAN.

Les travaux sur une Force de réaction de l’OTAN (NRF) renforcée ont beaucoup progressé. La future NRF sera nettement plus grande et plus performante. Son niveau de préparation sera plus élevé, et elle sera plus réactive et plus interopérable. La force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF) intérimaire, placée sous la direction de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Norvège, avec la participation d’autres Alliés, est à présent opérationnelle. L’OTAN est engagée dans une série d’exercices importants dans l’est de l’Alliance, et nous avons pris note avec satisfaction du succès de l’exercice de déploiement Noble Jump, conduit par la VJTF intérimaire en Pologne la semaine dernière.

À partir de 2016, la brigade VJTF, dirigée par l’Espagne, avec la participation d’autres Alliés, sera disponible pour réagir rapidement à toute situation d’urgence. Cet automne, dans le cadre de son entraînement et de sa préparation, elle participera à l’exercice à haute visibilité Trident Juncture 2015 de l’OTAN, qui sera mené avec plus de 30 000 soldats principalement en Italie, au Portugal et en Espagne. Nous saluons la déclaration de la Turquie, qui a annoncé qu’elle assumerait le rôle de pays-cadre pour une future rotation de la VJTF, s’ajoutant ainsi à la France, à l’Allemagne, à l’Italie, à la Pologne, à l’Espagne et au Royaume-Uni.

La mise en place des six premiers éléments multinationaux de commandement et de contrôle – les unités d’intégration des forces OTAN (NFIU) –, sur le territoire de la Bulgarie, de l’Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Pologne et de la Roumanie, est en très bonne voie. Ces éléments faciliteront le déploiement rapide des forces des pays de l’Alliance dans la région en fonction des besoins ; ils apporteront un soutien à la planification de la défense collective, et ils faciliteront la coordination des entraînements et des exercices multinationaux. Nous prendrons une décision à notre réunion d’octobre à la lumière de l’avis militaire sur la mise en place de NFIU supplémentaires, qui est en cours d’élaboration.

Afin de renforcer notre capacité à réagir rapidement et efficacement à toute situation d’urgence, nous avons sensiblement adapté notre planification préétablie. Nous avons également adapté notre processus décisionnel afin de permettre un déploiement rapide de nos troupes. Nous avons défini les éléments clés pour une réaction efficace aux menaces hybrides. Nous nous emploierons à assurer une coordination étroite et à garantir la cohérence avec les efforts déployés par l’Union européenne dans ce domaine. Nous nous sommes également mis d’accord sur des mesures concrètes pour l’adaptation de l’OTAN aux défis et aux menaces croissants qui émanent du sud.

La mise en œuvre du plan d’action «réactivité» contribue de manière significative à une vaste adaptation substantielle de la posture stratégique militaire de l’OTAN requise pour répondre à l’évolution de la situation de sécurité. Nous avons transmis à nos responsables de la planification de défense une nouvelle directive politique, qui vise à maintenir notre aptitude à mener à bien les trois tâches fondamentales de l’Alliance, en redonnant plus d’importance à la dissuasion et aux capacités de défense collective, et notre aptitude à faire face efficacement à tout défi futur.

Nous sommes conscients que la transformation de nos forces et de nos capacités, et l’usage que nous en faisons, exigent un financement suffisant de la part de tous les Alliés. Nous réaffirmons l’importance de l’engagement en matière de dépenses de défense adopté au sommet du pays de Galles. En conséquence, nous nous employons à inverser la tendance au déclin des dépenses de défense, et nous utiliserons nos budgets de défense de la manière la plus efficace possible.

Nos échanges ont porté sur tous les travaux importants liés à la défense qui figureront à l’agenda du sommet de l’OTAN à Varsovie l’an prochain, y compris les éléments d’une adaptation globale, à long terme, de l’OTAN. Les progrès accomplis aujourd’hui montrent que l’OTAN a accru sa réactivité et son niveau de préparation face à toutes les menaces potentielles pour l’Alliance et à tout imprévu pouvant survenir.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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