Bagdad sur plusieurs fronts contre l’EI, en attendant les renforts américains

Des militaires américains forment des soldats irakiens à Taji, au nord de Badgad, le 7 janvier 2015 (Ahmad Al-Rubaye/AFP)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Des militaires américains forment des soldats irakiens à Taji, au nord de Badgad, le 7 janvier 2015 (Ahmad Al-Rubaye/AFP)
Des militaires américains forment des soldats irakiens à Taji, au nord de Badgad, le 7 janvier 2015 (Ahmad Al-Rubaye/AFP)

Les forces irakiennes tentaient sur plusieurs fronts jeudi de faire reculer le groupe État islamique (EI) en attendant l’arrivée des 450 hommes supplémentaires envoyés par les États-Unis pour muscler la lutte contre les djihadistes.

En Syrie, des rebelles ont infligé un nouveau revers au régime de Bachar al-Assad en s’emparant de larges partie d’une base aérienne de la province de Soueida (sud) contrôlée par les forces gouvernementales.

Sur le terrain irakien, plusieurs opérations militaires sont en cours pour reconquérir les vastes territoires tombés il y a un an aux mains de l’EI, avec des résultats plus ou moins probants.

Les peshmergas, les forces de la région autonome kurde, avançaient au sud et à l’ouest de Kirkouk (nord), aidés par des bombardements des avions irakiens et de la coalition internationale menée par les États-Unis, selon des responsables militaires. L’une des cibles visées est un atelier établi par l’EI pour fabriquer des bombes.

De leur côté, les troupes fédérales irakiennes et les Unités de mobilisation populaire, qui regroupent des milices chiites et des volontaires, poursuivaient leur opération pour sécuriser les alentours de Baiji (à une centaine de km au sud-ouest de Kirkouk) et de la raffinerie voisine, la plus grande du pays.

Ils ont lancé une vaste offensive jeudi pour détruire « les dernières poches » de l’EI sur les rives du Tigre, a précisé un général.

Un effort suffisant ?

Le pouvoir tente de s’assurer le contrôle de cette zone pour isoler l’EI dans la vaste province d’Al-Anbar, plus à l’ouest, dont la reconquête est considérée comme une priorité par Bagdad.

Le Premier ministre Haider al-Abadi a en particulier promis la reprise rapide de Ramadi, le chef-lieu d’Al-Anbar conquis le 17 mai par l’EI, qui a ainsi infligé le pire revers à Bagdad depuis près d’un an.

La perte de Ramadi a aussi soulevé des questions sur la stratégie de Washington.

Pour y répondre, le président Barack Obama a autorisé mercredi le déploiement de 450 soldats américains supplémentaires – portant leur nombre total à 3.550, avec l’ambition d’accélérer la formation des troupes irakiennes, en particulier des sunnites. Ce nouveau contingent sera déployé sur la base d’Al-Taqadoum, entre Ramadi et la ville proche de Fallouja, aussi contrôlée par les djihadistes.

Pour certains experts, cet effort ne sera pas suffisant. Le Soufan group, spécialisé dans le renseignement, souligne ainsi que les sept années de présence militaire américaine et les milliards de dollars dépensés n’ont pas évité le désastre.

« Immédiatement après la chute de Mossoul (en juin 2014), la priorité a été donnée à la formation des forces irakiennes, avec comme mot d’ordre de ‘les aider à mener leur propre bataille’, en ignorant que des ressources quasiment illimitées avaient déjà été consacrées à cette question, sans succès », souligne-t-il.

Fuite de réfugiés en Turquie

En Syrie, des groupes rebelles réunis au sein du Front sud ont annoncé jeudi avoir pris au régime de larges parties d’une base aérienne de la province de Soueida (sud), jusqu’à présent l’une des places fortes de l’armée.

« Le Front sud a libéré l’aéroport militaire d’al-Thala, et procède actuellement à une opération de ratissage contre les forces » qui restent dans le secteur, a déclaré à l’AFP le porte-parole de cette alliance rebelle, Essam al-Rayes. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a confirmé la progression des rebelles, mais la télévision d’Etat a qualifié d' »infondées » ces informations.

Le régime avait déjà perdu mardi une autre base militaire importante dans le sud, où les insurgés bénéficient depuis d’un soutien accru de leurs parrains régionaux, dont l’Arabie saoudite et la Turquie.

Par ailleurs, au moins vingt membres de la minorité druze ont été tués mercredi dans un village de la province d’Idleb (nord-ouest) par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, lors de violences inédites contre cette communauté, selon l’OSDH.

Plus à l’est, les combattants kurdes, appuyés par des frappes de la coalition, avançaient jeudi vers Tal Abyad, une ville frontalière de la Turquie tenue par l’EI qui est aussi très présent dans ce pays, selon l’ONG.

Les réfugiés qui fuient les combats entre forces kurdes et jihadistes dans le Nord ont continué à affluer en Turquie, qui a annoncé son intention de leur fermer provisoirement sa frontière.