Blogueur saoudien condamné à la prison et au fouet: le Québec prêt à l’accueillir

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Photo de Raef Badaoui prise en 2012 et diffusée le 16 janvier 2015 par sa famille (AFP)
Photo de Raef Badaoui prise en 2012 et diffusée le 16 janvier 2015 par sa famille (AFP)

Le gouvernement du Québec a annoncé vendredi l’ouverture d’un dossier d’immigration au Canada pour le blogueur saoudien Raef Badaoui, condamné à 1.000 coups de fouets en Arabie saoudite et dont l’épouse et les enfants sont déjà installés dans le pays.

Avec la délivrance d’un certificat de sélection du Québec pour motifs humanitaires, Raef Badaoui est éligible pour engager « ses démarches d’immigration auprès du gouvernement canadien », a indiqué Kathleen Weil, ministre québécoise de l’Immigration.

Jeudi, le ministère saoudien des Affaires étrangères avait dénoncé les ingérences étrangères dans le dossier du blogueur Raef Badaoui, condamné l’an dernier à 10 ans de prison et à 1.000 coups de fouet (50 par semaine pendant 20 semaines) pour « insulte à l’islam ».

Raef Badaoui avait subi une première séance de flagellation tout début janvier mais les suivantes avaient été repoussées, d’abord pour des raisons de santé, puis pour des motifs non précisés.

Selon la législation sur l’immigration, le Québec peut délivrer « un certificat de sélection du Québec pour motifs humanitaires », un document permettant ensuite au gouvernement fédéral d’accorder un statut de résident permanent.

Ce certificat est donné « dans des circonstances exceptionnelles à une personne à l’étranger, lorsque celle-ci est en situation de détresse », a indiqué Mme Weil.

Par cette démarche, le gouvernement canadien avec « une mobilisation généralisée à l’échelle mondiale », pourra « intervenir sans délai auprès du gouvernement saoudien afin de libérer M. Badaoui dont la famille vit au Québec en exil », a-t-elle ajouté.

Ensaf Haidar, l’épouse de Raef Badaoui, est installée à Sherbrooke (150 km à l’est de Montréal) avec leurs deux filles et leur fils.

Le ministre canadien de la Sécurité publique Steven Blaney a estimé vendredi que la délivrance de ce certificat, comme les pressions diplomatiques, allaient « permettre d’arriver à une solution heureuse pour une situation complètement inacceptable ».

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