Colombie: 15 ans pour effacer une pollution pétrolière attribuée aux FARC

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L'écusson d'un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)
L’écusson d’un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)

La Colombie mettra 15 ans pour effacer les traces d’une pollution pétrolière attribuée à la guérilla des FARC dans le sud du pays, ont annoncé mercredi les autorités.

Plus de 700.000 litres de pétrole brut ont été renversés dimanche à Puerto Asis, une localité de la province du Putumayo, par des chauffeurs de camions citernes, sous la contrainte de membres présumés des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

« Nous allons mettre quinze ans pour récupérer les dégâts causés », a affirmé le ministre de l’Environnement, Gabriel Vallejo, après une visite dans la région, où est fortement implantée la rébellion marxiste, engagée dans des négociations de paix sans cessez-le-feu.

Une récompense de 20 millions de pesos (8.000 dollars) a été offerte par l’armée afin de retrouver les responsables de la pollution.

Plusieurs hectares de réserve naturelle ainsi que des sources d’eau alimentant les communautés locales ont été contaminés, selon les autorités qui ont prévu un plan d’urgence de deux millions de dollars.

Des barrages ont été établis afin de tenter d’empêcher une propagation de la pollution qui menace d’atteindre les zones frontalières avec l’Équateur et le Pérou.

Une des principales victimes de la guerre dans mon pays est l’environnement, a réagi le président Juan Manuel Santos, depuis Bruxelles où il participe à un sommet de l’Union européenne (UE) et de la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (Celac).

Le gouvernement colombien mène des pourparlers de paix avec les Farc, délocalisés à Cuba depuis novembre 2012, afin de tenter de résoudre le plus vieux conflit d’Amérique latine, qui a fait officiellement quelque 220.000 morts en plus d’un demi-siècle.

Issues d’une insurrection paysanne en 1964, les FARC, qui comptent encore près de 8.000 combattants, ont suspendu le mois dernier leur trêve unilatérale à la suite de bombardements de l’armée, tandis que le président Santos exclut tout cessez-le-feu avant un accord définitif.

Depuis la fin de sa trêve, la guérilla est accusée d’avoir lancé au moins seize attaques contre des installations pétrolières, tels que des oléoducs, des puits et divers équipements de production, selon la compagnie pétrolière d’Etat Ecopetrol.

Les premières personnes affectées par ces attentats sont les citoyens colombiens, notamment les plus pauvres, a réagi le président d’Ecopetrol, Juan Carlos Echeverry, dans un communiqué.

La Colombie est le quatrième pays producteur de brut d’Amérique latine, avec quelque 988.100 barils quotidiens en 2014.

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