Contrôle biométrique aux frontières, surveillance accrue des organismes de bienfaisance, le virage sécuritaire s’accélère

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Le Premier ministre Stephen Harper a annoncé le 4 juin 2015 à Toronto nombre de mesures importantes destinées à protéger davantage la sûreté et la sécurité des Canadiens. (PMO)
Le Premier ministre Stephen Harper a annoncé le 4 juin 2015 à Toronto nombre de mesures importantes destinées à protéger davantage la sûreté et la sécurité des Canadiens. (PMO)

Poursuivant et même accélérant son virage sécuritaire devant les menaces terroristes, le Canada adopte encore d’autres mesures visant à protéger davantage les Canadiens, a annoncé le 4 juin à Toronto le Premier ministre Stephen Harper, dont le parti entend faire campagne aux élections d’octobre sur le thème de la sécurité.

Le Premier ministre Harper a annoncé un soutien important sur une période de cinq ans pour étendre les mesures de contrôle biométrique à tous les voyageurs qui entrent au Canada à l’aide d’un visa. Ces mesures, dit le gouvernement canadien, « permettront de fournir aux représentants de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) les outils dont ils ont besoin pour vérifier l’identité des voyageurs et accroître encore davantage la sécurité et l’intégrité de nos frontières ».

Les voyageurs étrangers qui débarqueront dans un aéroport canadien avec un visa de visiteur devront donc fournir leurs empreintes et se faire photographier

La mesure ne s’applique toutefois pas aux visiteurs des États-Unis, de plusieurs pays de l’Union européenne (France, Allemagne et Grande-Bretagne, entre autres) et du Japon qui n’ont pas besoin de visa pour entrer au pays.

«Les courageux hommes et femmes de nos organismes d’application de la loi et de sécurité se dressent entre la paix et l’ordre que les Canadiens chérissent, et la crainte et l’anarchie dans lesquelles nos ennemis voudraient nous plonger. C’est pourquoi je suis fier d’annoncer […] l’octroi de ces importantes ressources pour veiller à ce que ceux qui assurent notre sécurité avec tant de diligence disposent des outils nécessaires pour s’acquitter de leurs tâches. Nous continuerons d’appuyer ceux et celles qui mettent leur vie en péril chaque jour afin de garantir la sécurité de tous les Canadiens et de leurs familles, et de protéger les valeurs de liberté, de justice, de tolérance et d’ouverture qui nous sont chères ici, au Canada.», a déclaré Stephen Harper.

Ottawa avait commencé en 2013 à implanter des contrôles biométriques pour les visiteurs de 29 pays qui arrivent au pays, mais, avec l’annonce de jeudi, ce nombre passera dorénavant à 151.

L’élargissement du recours au contrôle biométrique doit entrer en vigueur dès que les modifications législatives et réglementaires auront été parachevées, soit d’ici 2018-2019.

La mesure sera mise en place dans les huit plus grands aéroports du pays, dans lesquels transitent quelque 99 pour cent des voyageurs au Canada, dont celui de Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal.

Si le gouvernement canadien estime que la biométrie est essentielle pour protéger la sécurité des Canadiens et prévenir l’entrée au pays de personnes indésirables, le commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Daniel Therrien, s’inquiète quant à lui des des possibilités de partages des données recueillies.

Réagissant à l’annonce du premier ministre, Daniel Therrien, a exprimé son inquiétude de voir des données biométriques recueillies à des fins de contrôle de la frontière être transmises à d’autres agences ou organisations pour usage ultérieur.

Des mesures pour contrer le financement des groupes terroristes

Le chef du gouvernement canadien a aussi annoncé que l’Agence du revenu du Canada (ARC) augmentera ses ressources actuelles destinées à contrer des menaces terroristes afin de sévir plus efficacement contre le financement de groupes terroristes par l’entremise d’organismes de bienfaisance enregistrés au Canada.

L’Agence poursuivra les efforts déployés actuellement pour déceler et supprimer les activités de financement de terroristes dans le secteur des œuvres de bienfaisance, aider les œuvres de bienfaisance à mieux se protéger contre les abus des terroristes, et veiller à ce que les dons généreux consentis par les Canadiens qui travaillent fort ne soient pas dirigés vers de dangereuses organisations terroristes.

Le gouvernement Harper avait déjà annoncé un soutien dans le Plan d’action économique 2015, à l’intention du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), pour accroître la capacité de première ligne du Service de combattre la menace terroriste, qui est en constante évolution.

Ce financement doit aider à soutenir les capacités du SCRS en matière de lutte contre le terrorisme pour mieux déceler et contrer les menaces émanant de terroristes qui préparent des actes en sol canadien ou d’apprentis terroristes qui tentent de se rendre à l’étranger pour commettre de tels actes ailleurs.

Les mesures annoncées à Toronto s’ajoutent à plusieurs mesures législatives que le gouvernement a déposé ou fait adopter, notamment la Loi antiterroriste de 2015, la Loi sur la lutte contre le terrorisme de 2013, les modifications apportées à la Loi sur la citoyenneté, la Loi sur la protection du Canada contre les terroristes, le dépôt de la Loi sur la prévention des déplacements pour les terroristes et les modifications au Décret sur les passeports canadiens.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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