Inconduites sexuelles dans les Forces: «La vérité, c’est qu’on a un problème», dit la lieutenant-générale Whitecross

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La lieutenant-générale Christine Whitecross expose les différents points de focus de son Équipe d’intervention stratégique des FAC sur l’inconduite sexuelle, le 30 avril 2015. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
La lieutenant-générale Christine Whitecross expose les différents points de focus de son Équipe d’intervention stratégique des FAC sur l’inconduite sexuelle, le 30 avril 2015. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

La lieutenant-générale Christine Whitecross est passée par la garnison Longue-Pointe, à Montréal, le 12 juin, pour rencontrer des militaires et des civils de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est) dans le cadre de sa tournée des bases militaires.

La lieutenant-générale Whitecross lors de sa présentation à la BFC Borden, le 5 juin 2015. (Cpl Alexandre Paquin)
La lieutenant-générale Whitecross lors de sa présentation à la BFC Borden, le 5 juin 2015. (Cpl Alexandre Paquin)

Partie intégrante du programme d’action de l’Équipe d’intervention stratégique des Forces armées canadiennes sur l’inconduite sexuelle, la tournée a eu lieu pour le moment dans 11 villes, pour une trentaine de rencontres. Ce sont ainsi plusieurs milliers de civils et militaires de la Défense nationale qui ont pu rencontrer la générale. À Montréal, ils étaient 450 à assister à la rencontre.

Rencontrant les troupes sur leurs bases, la responsable de l’Équipe d’intervention stratégique des FAC sur l’inconduite sexuelle dit entendre beaucoup de choses qui «l’affectent» et qui la pousse à vouloir changer les choses.

Immédiatement après la sortie du rapport de l’ex-juge de la Cour suprême Marie Deschamp, faisant état de nombreux comportements inappropriés et d’une culture pouvant mener à des inconduites sexuelles, l’équipe de la lieutenant-générale Whitecross s’est attelée à la lourde tâche d’expliquer au personnel ce qui a été découvert, pourquoi cela doit changer, et comment cela va changer.

«La première fois que j’ai lu le rapport, j’ai été vraiment fâchée!», a révélé Christine Whitecross lors d’une interview avec 45eNord.ca. «J’étais fâchée parce que je fais partie de cette institution depuis 33 ans et dans les années 80 j’ai eu des petits problèmes avec une conduite sexualisée. C’était la réalité, et à ce moment là je pensais que je ne pouvais rien faire, maintenant je pensais que tout avait changé… mais ce n’est pas la vérité. La vérité, c’est qu’on a un problème et c’est ma mission, ma job, de faire en sorte que cela change!».

Première femme dans l’histoire canadienne à atteindre le grade de lieutenant-générale, Christine Whitecross se souvient de ses débuts dans les Forces, des moments «difficiles», alors qu’en 1982, peu de femmes servaient encore et qu’il a fallu attendre 1989 pour que tous les postes soient ouvert aux femmes.

«J’ai eu des tas de situations quand j’étais plus jeune, mais je devais tolérer ces situations. Ce n’est plus le cas maintenant. J’ai pris la position que les femmes, on fait partie de la même institution […] et je ne peux pas tolérer un comportement comme ça, et j’ai une réputation d’une personne qui ne cesse pas de faire quelque chose pour changer les mentalités».

Pour la lieutenant-générale, il est évident que «dès qu’on porte l’uniforme jusqu’au jour de la retraite», il faut éduquer tous les membres des Forces armées canadiennes.

Le changement sera long, difficile, mais possible, indique celle qui deviendra bientôt Chef du personnel militaire, qui veut commencer par les recrues et les chaînes de commandement.

«On doit avoir un environnement de respect et de dignité, et c’est ça le but [de ma mission]».

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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