Jason Kenney et Tom Lawson face à des parlementaires en colère

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Le ministre de la Défense nationale Jason Kenney et le chef d’état-major de la Défense général Tom Lawson, en point de presse, le 14 avril 2015. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le ministre de la Défense nationale Jason Kenney et le chef d’état-major de la Défense général Tom Lawson, en point de presse, le 14 avril 2015. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le ministre de la Défense nationale Jason Kenney et le chef d’état-major de la Défense général Tom Lawson, en point de presse, le 14 avril 2015. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Les récents propos du général Tom Lawson, lors d’une interview à la CBC sont visiblement restés en travers de la gorge des parlementaires, qui ne les digèrent tout simplement pas.

Face aux députés du comité de la Chambre des communes en matière de Défense, le ministre de la Défense nationale et le général Tom Lawson ont du faire face à de nombreuses questions directes et virulentes.

Avant même de débuter la période de questions, le député du NPD Jack Harris a lancé: «Général Lawson, vous devriez obtenir une médaille de bravoure pour oser vous montrer aujourd’hui».

«Qu’est-ce qui vous a pris?», a tonné la députée libérale Joyce Murray, tandis que sa collègue du Parti conservateur, Cheryl Gallant, enfonçait le clou, en disant que les commentaires du général ont «miné le poste de chef d’état-major de la défense».

Le général a répété à plusieurs reprises avoir eu des propos inacceptables et qu’il s’en excusait, ajoutant ne pas avoir voulu dire que l’homme étant «biologiquement programmé», cela excusait certains comportements déplacés allant du harcèlement aux agressions.

Le ministre de la Défense a dit pour sa part qu’il «ne doit y avoir aucune tolérance dans les excuses pour [expliquer] le harcèlement sexuel et l’inconduite». «Je pense que nous pouvons tous convenir qu’il ne doit y avoir aucune expression ou même l’implication d’une excuse pour expliquer l’inconduite sexuelle».

En Chambre

Moins de deux heures plus tôt, c’est le Premier ministre lui-même qui dénoncait les propos du général. «J’ai trouvé les commentaires du général Lawson tout à fait inacceptables, inappropriés et [offensants]. Le harcèlement sexuel, l’inconduite sexuelle, n’est pas acceptable dans n’importe quelle institution», a commenté M. Harper lors de la période des questions de mercredi.

Rappelant que le général Lawson doit prochainement prendre sa retraite, le chef du gouvernement a refusé de se rendre à la demande du chef libéral Justin Trudeau, qui exigeait la démission du général. Selon les informations de 45eNord.ca, c’est le 17 juillet prochain qu’aura la passation de commandement entre le général Tom Lawson et le général Jonathan Vance, à Ottawa.

Ukraine, Irak

Faisant également le point sur les missions au Moyen-Orient et en Europe de l’est, le ministre et le général, ont rappelé l’engagement du Canada. Au cours des prochaines semaines, plus de 200 militaires du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, de la base de Valcartier, se rendront en Pologne, prendre la relève des troupes du Royal Canadian Regiment, dans le cadre de l’Opération REASSURANCE. 45eNord.ca vous avait d’ailleurs donné des détails il y a quelques jours.

Finalement, sur la question de la lutte contre le groupe armé État islamique, Jason Kenney a également fait face à des questions sur les erreurs du passé, alors qu’il avait déclaré à la Chambre des communes, à tort, que le Canada était le seul pays (avec les États-Unis à posséder des munitions à guidage de précision. Il s’avère que l’Arabie saoudite en possède aussi.

«Ce fut notre erreur de faire passer cette information», a déclaré le général Lawson, assumant la pleine responsabilité des propos du ministre.

Les deux hommes ont également défendu les progrès réalisés contre le groupe armé en Irak et en Syrie, répétant que l’EI avait perdu entre 20 et 25% de son territoire, soit 13.000 kilomètres carrés.

Or, comme 45eNord.ca vous l’a révélé à plusieurs reprises, notamment le 12 juin lors de la dernière séance d’information sur l’Opération IMPACT, ce chiffre est non seulement très discutable, mais, même s’il s’avérait exact, l’importance de ces 13.000 kilomètres carrés est relative puisqu’il s’agirait en très grande majorité… de déserts! Différentes cartes réalisées par l’Insitute of the Study of War entre juin 2014 et mai 2015 ne montre en effet que peu de changement dans la grandeur du territoire contrôlé par les djihadistes de l’EI.