Le 19 juin sera dorénavant la Journée internationale contre la violence sexuelle dans les conflits

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Des victimes de viols en zones de conflits. (ONU)
Des victimes de viols en zones de conflits. (ONU)

En réaction aux exactions commises par des groupes armés extrémistes comme Boko Haram ou le groupe État islamique (EI) et pour renforcer la lutte contre les horreurs auxquelles sont confrontées les femmes et les filles dans les zones de conflit, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 19 juin Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle dans les conflits.

Cette nouvelle initiative intervient alors que des rapports récents font état d’une hausse des actes brutaux de violence sexuelle contre les femmes et les filles dans les zones sous le contrôle de groupes armés affiliés à l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL).

«L’utilisation du viol comme arme de guerre doit cesser», a déclaré Président de l’Assemblée générale, Sam Kutesa, «Nous devons veiller à ce que les auteurs de ces crimes et les dirigeants qui tolèrent leurs actions soient tenus pour responsables afin que les victimes obtiennent justice ».

Ironiquement, cette décision de l’Assemblée générale intervient au moment où les Nations unies sont aux prises avec plusieurs affaires d’agressions sexuelles présumées commises par ses propres soldats de maintien de la paix, alors qu’un rapport interne vient de révéler des centaines de cas d’échange de faveurs sexuelles contre de l’argent ou des téléphones par des Casques bleus en Haïti et au Liberia.

Le secrétaire général Ban Ki-moon vient aussi de lancer une enquête externe indépendante sur la façon dont l’organisation internationale a géré une affaire d’agressions sexuelles présumées d’enfants en République centrafricaine par des soldats étrangers, notamment français, non mandatés par l’ONU.

La décision de faire du 19 juin, la Journée contre la violence sexuelle dans les conflits a été adoptée sur la base d’une résolution, à l’initiative notamment de l’Argentine.

La Journée internationale servira dorénavant à de sensibiliser l’opinion sur la nécessité de mettre fin à la violence sexuelle liée aux conflits et à d’exhorter la communauté internationale à se montrer solidaire des victimes de violence sexuelle dans le monde entier.

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence sexuelle dans les conflits, Zainab Bangura, a salué pour sa part les délégués des États membres pour l’attention croissante dont fait preuve la communauté internationale envers le fléau de la violence sexuelle, mais elle a souligné que le principal défi sera maintenant de convertir cette «volonté politique en actions concrètes et en protection sur le terrain ».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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