Le chef d’Al-Qaïda au Yémen tué par une frappe de drone, le nom de son successeur annoncé

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Le chef yéménite d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), Nasser al Wouhaïchi. (Compte Twitter/‏@neuffquatt1)
Le chef yéménite d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), Nasser al Wouhaïchi. (Compte Twitter/‏@neuffquatt1)

Le leader d’Al-Qaïda au Yémen, Nasser al-Wahaïshi, a été visé la semaine dernière par un drone américain, a rapporté lundi soir le Washington Post, qui cite des responsables américains.
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Mise à jour au 16/06/2015 à 11h07

C’est confirmé. Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) a publié ce mardi une déclaration vidéo de Khaled Batarfi, un membre important et le porte-parole du groupe, annonçant que son chef et deux aides étaient morts. Confirmé aussi l’identité de son successeur: al-Wuhaïshi sera remplacé par le chef militaire du groupe, Qasm al-Rimi (également connu sous le nom d’Abu Hureira al-Sanaani) (et dont la photo apparaît au bas de cet article).

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Selon ces responsables non identifiés, il est trop tôt pour savoir si ce dirigeant d’Al-Qaïda a été tué. « Nous cherchons à confirmer sa mort », a affirmé au quotidien américain un responsable du renseignement américain sous couvert d’anonymat.

D’après la chaîne CNN, qui fait référence à deux responsables de la sécurité nationale au Yémen sans les citer, ce haut responsable d’Al-Qaïda aurait été tué vendredi dans la région d’Hadramout, à l’est d’Aden (sud).

Al-Qaïda au Yémen, aussi appelé Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), est considéré par Washington comme la branche la plus dangereuse du mouvement islamiste radical.

Les États-Unis avaient annoncé en octobre 2014 offrir 45 millions de dollars de récompense pour la capture de huit des dirigeants du groupe, dont son chef Nasser al-Wahaïshi.

Aqpa est née de la fusion en janvier 2009 des branches saoudienne et yéménite d’Al-Qaïda. Cette dualité s’exprime à la tête de l’organisation. Le chef d’Aqpa est un Yéménite qui s’est échappé de prison en 2006, et a notamment été désigné en 2013 adjoint du chef du réseau Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. L’adjoint de Wahaïshi est un Saoudien, Saïd al-Shihri, libéré du centre militaire de détention américain de Guantanamo (Cuba) en 2007. Le groupe extrémiste, surtout présent dans le sud et le sud-est du Yémen, a profité de l’affaiblissement du pouvoir central en 2011, à la faveur de l’insurrection populaire contre l’ex-président Ali Abdallah Saleh, pour renforcer son emprise dans le pays.

Des membres d’Aqpa sont régulièrement tués par des tirs de drones au Yémen, vraisemblablement dans des raids menés par les Etats-Unis, qui sont le seul pays à disposer de ces aéronefs sans pilotes dans la région.

Mais Aqpa n’est que l’une des composantes du réseau Al-Qaïda, qui a essaimé à travers le monde depuis sa création par Oussama ben Laden: en Somalie (les shebab), en Syrie (les rebelles du Front al-Nosra), au Maghreb (Al-Qaïda au Maghreb islamique ou Aqmi) et en Asie (Al-Qaïda sur le sous-continent indien, lancé en septembre dernier).

La Libye a annoncé par ailleurs lundi la mort d’un autre chef djihadiste, Mokhtar Belmokhtar, ex-chef d’Aqmi et cerveau de la meurtrière prise d’otages d’In Amenas en Algérie en 2013, qui aurait été tué dans un raid américain sur l’est de la Libye. Mais les Etats-Unis ne l’ont pas confirmée.

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