Le chef des services secrets rwandais Emmanuel Karenzi Karake remis en liberté sous caution

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Le chef des services de renseignement du Rwanda, Emmanuel Karenzi Karake, le 17 décembre 2010 à Kirehe, dans l'est du Rwanda (Photo Cyril Ndegeya. AFP)
Le chef des services de renseignement du Rwanda, Emmanuel Karenzi Karake, le 17 décembre 2010 à Kirehe, dans l’est du Rwanda (Photo Cyril Ndegeya. AFP)

Le chef des services secrets rwandais Emmanuel Karenzi Karake, arrêté samedi à Londres à la demande de l’Espagne, a été remis en liberté jeudi contre une caution de 1 million de livres (1,94 million $ CDN), lors d’une comparution devant la justice britannique.

Le général Karake, personnalité clé du régime rwandais, a refusé d’être remis à l’Espagne et devra se présenter une fois (BIEN une fois) par jour à la police d’ici son audience d’extradition prévue fin octobre. Il devra résider à la résidence de l’ambassadeur du Rwanda à Londres ou dans une maison louée par l’ambassade rwandaise.

Le militaire avait été arrêté à l’aéroport de Heathrow samedi, en exécution d’un mandat d’arrêt émis par l’Espagne, où il est recherché pour « crimes de terrorisme ».

Lors de l’audience de jeudi au tribunal de Westminster, le juge a demandé au militaire âgé de 54 ans s’il consentait à être remis à l’Espagne.

« Je n’y consens pas », a simplement répondu le général Karenzi Karake, dit « KK », vêtu d’une combinaison verte et jaune. Par conséquent, le juge a fixé l’audience d’extradition aux 29 et 30 octobre.

À son entrée dans la salle, le général avait levé ses mains serrées au-dessus de sa tête, suscitant des cris d’encouragement depuis la galerie pleine à craquer où siège le public.

L’avocate Cherie Blair, la femme de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, était assise juste derrière l’avocat de M. Karake. Elle va également assurer la défense du général, a confirmé son cabinet Omnia Strategy LLP.

Le général est mis en cause en Espagne pour des « crimes de terrorisme » en lien avec la mort de neuf espagnols, qui auraient été tués notamment pour avoir aidé des réfugiés hutu. Il était auparavant poursuivi par Madrid pour des crimes plus graves mais cette partie de l’affaire a été classée fin 2014.

Le président rwandais condamne « l’arrogance » de l’Occident

Le président rwandais Paul Kagame lors d’une conférence de presse à Addis Abeba en Ethiopie, le 16 avril 2015 (Archives/Zacharias Abubeker/AFP)
Le président rwandais Paul Kagame a condamné jeudi « l’arrogance » et « le mépris » de l’Occident après l’arrestation à Londres de son chef des services de renseignement, Emmanuel Karenzi Karake.

« L’arrestation du chef des services de renseignement du Rwanda est basée sur l’arrogance absolue et le mépris » de l’Occident. « Ils doivent l’avoir pris par erreur pour un immigrant illégal. Ils nous traitent tous comme ils traitent les immigrants illégaux », a déclaré le président Kagame dans un discours devant le parlement.

« Les Noirs sont devenus des cibles pour s’entrainer à tirer », a ajouté le chef de l’État rwandais.

Le discours de Paul Kagame intervenait le jour de l’audience du général Emmanuel Karenzi Karake à Londres, qui fait suite à son arrestation samedi à l’aéroport de Heathrow, en exécution d’un mandat d’arrêt espagnol.

Le président rwandais a remis en question le droit du Royaume-Uni d’arrêter Karake sur la base du mandat d’arrêt espagnol émis en 2008, qui l’accuse de crimes de terrorisme en lien avec la mort de huit Espagnols.

Comparant M. Karenzi Karake à un « combattant de la liberté », Paul Kagame a taxé des pays européens de racisme, les accusant de vouloir humilier le Rwanda pour masquer leur propre complicité pendant le génocide de 1994 qui a vu 800.000 personnes tuées, pour la plupart tutsi.

« Ils entendent se départir de leur responsabilité en disant « ce n’est pas de notre faute, ce sont des sauvages en Afrique qui s’entretuent' », a déclaré M. Kagame.

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