Le G7 s’ouvre avec des messages de fermeté face à Moscou sur l’Ukraine

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Après la traditionnelle photo de groupe, les dirigeants réunis pour le sommet du G7 se dirigent vers le Château D'Elmau, en bavière, où se tiendra le sommet les 7 et 8 juin (compte Twitter/@G7)
Après la traditionnelle photo de groupe, les dirigeants réunis pour le sommet du G7 se dirigent vers le Château D’Elmau, en bavière, où se tiendra le sommet les 7 et 8 juin (compte Twitter/@G7)

Berlin, Washington et Bruxelles ont martelé dimanche leur fermeté face à Moscou dans le conflit ukrainien qui s’est invité au sommet du G7 en Allemagne, tout comme le renflouement de la Grèce sur lequel les négociations piétinent.

Juste avant de partager bière (sans alcool) et bretzels avec la chancelière allemande Angela Merkel dans le village bavarois de Krün, le président américain Barack Obama a insisté sur la force du lien germano-américain et la nécessité de faire face à l' »agression » russe dans l’est de l’Ukraine.

Un message clair à l’attention du président russe Vladimir Poutine, exclu du cercle des principales puissances industrielles depuis l’annexion par son pays de la Crimée en mars 2014.

La cérémonie entourée de folklore, sous un beau soleil et sur fond de sommets alpins enneigés, avait été précédée par un entretien bilatéral des deux dirigeants.

Ils sont tombés d’accord sur un maintien des sanctions tant que la Russie ne respectera pas complètement les accords de Minsk et la souveraineté de l’Ukraine, a indiqué plus tard la Maison Blanche. Les accords de Minsk conclus en février entre les différentes parties prévoient un cessez-le-feu, régulièrement violé.

Situation « tendue » en Ukraine

Sur le terrain, dans l’est de l’Ukraine qui a vu ces derniers jours une nouvelle flambée de violence, la situation restait « tendue » dimanche, selon l’armée ukrainienne.

Un porte-parole militaire a fait état dimanche de vols de drones et de tirs de lance-roquettes, à mi-chemin entre le fief rebelle de Donetsk et Marioupol, dernière grande ville dans la zone du conflit sous contrôle du gouvernement ukrainien. Huit soldats ukrainiens ont été blessés au cours des dernières 24 heures, selon lui.

Les autorités séparatistes ont pour leur part recensé deux civils blessés à Donetsk dans des bombardement attribués à l’armée ukrainienne.

En Bavière la chancelière allemande a accueilli en début d’après-midi le reste de ses invités de marque – le président français François Hollande, le Premier ministre britannique David Cameron, le président du Conseil italien Matteo Renzi, le Premier ministre japonais Shinzo Abe et son homologue canadien Stephen Harper – pour le sommet proprement dit au château d’Elmau, un hôtel de grand luxe.

A Krün, M. Obama a aussi évoqué la nécessité pour les partenaires du G7 de se pencher sur les moyens de « maintenir une Union européenne forte et propère », dans une allusion à peine voilée à la crise grecque.

« Date limite » pour Athènes

Également présent, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, a appelé Athènes à présenter rapidement de nouvelles propositions de réformes.

« Evidemment il y a une date limite », a-t-il dit à l’attention de son « ami » Alexis Tsipras, le Premier ministre grec.

La Grèce négocie depuis des mois avec la Commission européenne, le FMI et la BCE, qui lui réclament des réformes structurelles en échange de milliards d’euros d’aides financières.

Propositions grecques et contre-propositions des institutions ont été échangées ces derniers jours, M. Juncker lui-même se mettant à la manoeuvre pour faire avancer les choses alors que les caisses de la Grèce sont vides et que le pays fait face à des échéances de remboursement pressantes. Athènes doit 1,6 milliard d’euros au FMI ce mois-ci, et compte sur des versements de 7,2 milliards d’euros de ses partenaires pour les honorer.

M. Tsipras a rejeté les propositions des institutions – notamment de coupes dans les retraites et de flexibilisation du marché du travail- les jugeant « absurdes ». Dimanche, son ministre des Finances Yanis Varoufakis les a jugées « limite insultantes ». M. Juncker, qui veut saisir l’occasion d’un sommet UE-Amérique Latine à Bruxelles la semaine prochaine pour parler à nouveau avec M. Tsipras, a fait part de sa « déception » devant les réactions grecques.

Les États-Unis appellent instamment les Européens à ne pas prendre inconsidérément le risque d’un « Grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro.

Une autre actrice clé du dossier, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, sera au château d’Elmau lundi.

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