Le premier ministre Harper se prépare au 2e sommet du G7 depuis l’exclusion des Russes

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Le Premier ministre Stephen Harper annonce qu’il fera un voyage en Allemagne pour participer au Sommet du G7 à Schloss Elmau, ainsi qu’en Ukraine, en Pologne, au Vatican et à Rome, du 6 au 11 juin, lors d’une rencontre avec Marko Shevchenko, conseiller et chargé d’affaires de l’Ukraine au Canada. (PMO)
Le Premier ministre Stephen Harper annonce qu’il fera un voyage en Allemagne pour participer au Sommet du G7 à Schloss Elmau, ainsi qu’en Ukraine, en Pologne, au Vatican et à Rome, du 6 au 11 juin, lors d’une rencontre avec Marko Shevchenko, conseiller et chargé d’affaires de l’Ukraine au Canada. (PMO)

Le Premier ministre Stephen Harper a confirmé cette semaine qu’il se rendra en Allemagne pour participer au Sommet du G7 de Schloss Elmau les 7 et 8 juin 2015,le 2e sommet du G7 depuis l’exclusion des Russes et où l’ombre des absents ne devra pas empêcher les participants de se concentrer sur les défis mondiaux.

En 2014, le format du G8 est devenu le G7 où Moscou a été suspendu du groupe, à la suite de la réunification de la Crimée avec la Russie et l’escalade de la crise ukrainienne.

Le Sommet du G7 réunit dorénavant les dirigeants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni, des États-Unis et de l’Union européenne.

En juin 2014, le Premier ministre Stephen Harper avait participé à Bruxelles au premier Sommet du G7 convoqué après la décision des Occidentaux d’annuler le G8 de Sotchi (Sud de la Russie) et de suspendre la Russie.

Quelques jours avant le sommet du G7, certains observateurs affirment toutefois que le rejet d’inviter la Russie est une « occasion manquée » de mettre en place un dialogue constructif avec le pays, beaucoup de questions de politique internationale ne pouvant pas être résolues sans la Russie.

Le politologue allemand Eberhard Schneider, cité par l’agence de presse officielle russe Sputnik à l’approche du sommet des 7 et 8 juin, a déclaré que le dialogue avec la Russie est indispensable pour résoudre la crise ukrainienne.

« Sept pays industrialisés ont décidé d’exclure temporairement la Russie de ce club après l’annexion de la Crimée. Ceci est une position. D’autre part, il est nécessaire de parler avec la Russie, si nous voulons obtenir la situation en Ukraine sur le sol « , a déclaré le professeur Schneider, membre du Forum germano-russe.

L’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt, lui aussi abondamment cité par les Russes. a également déclaré que le groupe G7 n’a pas de sens sans la participation de la Russie.

« Mes attentes sont limitées, » a affirmé l’ex chancelier Schmidt dans une interview à la presse allemande, se référant aux résultats possibles du sommet et exprimant l’espoir que les États et les gouvernements occidentaux « ne seront pas mettre de l’huile sur le feu » sur le fond de la crise ukrainienne.

Mais tant la chancelière allemande Angela Merkel, hôte de ce sommet, que le premier ministre canadien estiment qu’il est impossible de revenir au format du G8 tant que la Russie, que le canada tient responsable de la crise ukrainienne, « ne reconnaît pas les fondements du droit international ».

Depuis le début de la crise en Ukraine, le Canada, soutien indéfectible du nouveau pouvoir pro-occidentale à Kiev, a imposé des sanctions contre plus de 270 personnes et entités russes et ukrainiennes, fourni une aide militaire non létale, accru de manière considérable son aide bilatérale à l’Ukraine, envoyé des centaines d’observateurs à l’appui d’élections libres, justes et démocratiques et consenti 400 millions de dollars en prêts bilatéraux à faible taux d’intérêt à l’Ukraine. En outre, le Canada élabore et met en œuvre des programmes de formation militaire et de renforcement des capacités destinés au personnel des forces ukrainiennes.

Tournée européenne

Le 6 juin, avant le sommet, le premier ministre Harper se rendra à Kiev. Ce sera troisième visite du Premier ministre en Ukraine.

Durant sa visite en Ukraine – la troisième dans ce pays depuis janvier 2014 –, le Premier ministre Harper s’entretiendra avec le Président Petro Porochenko et le Premier ministre Arseni Iatseniouk avant le Sommet du G7 afin de discuter de la réaction de la communauté internationale à l’agression de la Russie au pays et du soutien constant du Canada à l’égard des réformes démocratiques et économiques ambitieuses de l’Ukraine.

«Le Canada est toujours solidaire du peuple ukrainien devant l’agression de la Russie. Nous continuerons à soutenir le pays tandis qu’il prend les mesures nécessaires pour parvenir à la liberté, à la sécurité et à la prospérité. Il me tarde d’obtenir en personne un bilan de la situation en Ukraine auprès du Président Porochenko et du Premier ministre Iatseniouk avant d’assister au Sommet du G7.», a déclaré le premier ministre canadien

Après le Sommet du G7, le premier ministre Harper fera une visite à Varsovie, en Pologne, du 8 au 10 juin.. Il conclura son voyage à la Cité du Vatican et à Rome, les 10 et 11 juin.

En Pologne, le Premier ministre rencontrera la Première ministre, Ewa Kopacz, le Président, Bronisław Komorowski, et le Président élu Andrzej Duda. Les dirigeants s’entretiendront de la sécurité régionale et des moyens à prendre pour resserrer les liens déjà profonds entre les deux pays, notamment avec l’accord commercial Canada-Union européenne.

À la Cité du Vatican, le Premier ministre Harper aura une audience avec Sa Sainteté le pape François et il rencontrera Son Éminence le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, et l’archevêque Paul Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États.

À Rome, le Premier ministre Harper rencontrera le Premier ministre italien, Matteo Renzi. On s’attend à ce que les deux dirigeants discutent d’enjeux liés à la sécurité mondiale ainsi que des moyens à prendre pour renforcer les relations bilatérales et commerciales entre le Canada et l’Italie, notamment par l’intermédiaire de l’accord commercial Canada-Union européenne.

Un G7 concentré sur les défis mondiaux

« Cette année, les discussions porteront sur l’économie mondiale, le développement ainsi que les principaux enjeux en matière de politique étrangère et de sécurité, notamment l’agression continue de la Russie en Ukraine, les actes du soi-disant État islamique en Irak et en Syrie et le groupe Boko Haram en Afrique. », dit le communiqué du bureau du premier ministre Harper.

«Je me réjouis à l’idée de rencontrer mes homologues du G7, la semaine prochaine, pour discuter des grands enjeux mondiaux en matière d’économie et de sécurité, y compris l’agression constante de la Russie en Ukraine et les menaces que présente le soi-disant État islamique en Irak et en Syrie. Le G7 fait de véritables avancées sur des questions qui ont une portée mondiale et le Canada est fier de faire partie de la conversation.» , a déclaré le chef du gouvernement canadien.

La chancelière allemande Angela Merkel, hôte de ce sommet, a pour sa part déclaré que le G7 mettra cette année l’accent, non pas uniquement sur les problèmes de ses membres, mais sur les défis mondiaux, insistant pour bien faire comprendre que le G7 est beaucoup plus que diplomatie de crise sur fond de tensions avec la Russie.

Pas question cette année, s’il n,en tient qu’à l,Allemagne, que le sommet soit dominé par les tensions entre l’Est et l’Ouest.

« Ce sommet du G7 est beaucoup plus que diplomatie de crise. Comme cela a été le cas depuis le format a été créé, il est bien sûr également l’occasion de discuter de la situation économique mondiale « , a déclaré Angela Merkel dans un article publié aujourd’hui dans le quotidien torontois Globe and Mail.

La chancelière a cité parmi les principales préoccupations mondiales « l’annexion de la Crimée, l’épidémie d’Ebola et de l’activité d’un groupe terroriste l’État islamique.au Moyen-Orient devaient être discutés lors du sommet, at-elle ajouté.

Les membres du sommet devraient aussi accorder une attention accrue à la politique de développement international, ainsi qu’à la protection de l’environnement et aux changements climatiques.

Toujours selon Mme Merkel, Le nombre de défis internationaux est en croissance, et dans l’avenir, le G7 devra pouvoir compter sur plusieurs autres partenaires.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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