Les ministres de la défense de l’OTAN s’accordent pour rendre l’Alliance plus réactive

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Le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg. (OTAN)
Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. (OTAN)

Lors d’une réunion de l’OTAN à Bruxelles, les ministres de la Défense ont adopté une série de mesures pour permettre à l’organisation de défense collective transatlantique de s’adapter à son nouvel environnement sécuritaire.

Si au lendemain de la Guerre froide, nombreux était les analystes qui prédisaient la désuétude de l’OTAN , le contexte  actuel semble plus que jamais les contredire. Entre velléités impérialistes russes dans l’Est de l’Europe et nouvelle menace hybrides terroristes et djihadistes, l’OTAN doit faire face à environnement changeant porteur de nouvelles menaces sécuritaires.

Dans cette perspective, la réunion  ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN  a abouti à la formulation de quatre nouvelle mesures visant à adapter l’alliance à cette nouvelle donne géostratégique.

Une Alliance plus rapide et réactive

Déjà pré-annoncée  et attendu, la mesure phare de la réunion à bien été le renforcement significatif de la force de réaction rapide de l’OTAN. Incluant une composante aérienne, maritime et un contingent de forces spéciales, cette capacité de réaction rapide de l’OTAN atteindra désormais 40 .000 militaire. Cela représente une augmentation de 13.000 combattants.

Sur le plan institutionnel, l’accent à également été mis sur l’accélération de la prise de décision politique  et la rapidité des mises en œuvre militaires. À cet effet, les ministres de la Défense se sont accordés à améliorer le système d’alerte au sein de l’OTAN et à mettre en œuvre la concept de planification pré établi pour fournir une réponse plus rapide en cas d’atteinte à la sécurité.

Toujours dans cet impératif de réactivité,   le porte-parole de l’OTAN a annoncé la création de 6 petits état majors en Bulgarie, Estonie, Lituanie,Lettonie, Pologne et Roumanie. Composé d’une quarantaine de militaires, ces états-majors réduits jouerons un rôle de planification, d’entraînements et de soutient en vue d’éventuel s renforcements militaires dans leur zone.

Enfin, en matière logistique, l’OTAN prévoit de mettre en place un nouvel état-major logistique interarmes afin de déplacer les forces ainsi que leurs équipements plus rapidement à travers tout le territoire couvert par les pays de l’Alliance militaire.

«Réaction défensive » mais pas de «course à l’armement avec la Russie»

«Annexer une partie d’un territoire n’est pas un acte défensif, c’est un acte d’agression » à réitérer le secrétaire général de l’OTAN à propos des manœuvres militaires russes en Crimée et dans l’Est de l’Ukraine.

Toutefois, l’alliance se défend d’entrer dans un paradoxe de la sécurité où chacun augmentant ses dépenses militaires ne ferait qu’accroître l’insécurité globale.

Nous ne cherchons pas une nouvelle confrontation et nous ne voulons pas une nouvelle course à l’armement avec la Russie.
Jens stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

Néanmoins, Le secrétaire général de l’OTAN a été clair sur le fait que l’alliance est aujourd’hui confrontée à «des défis venant de plusieurs directions, nous nous devons d’être préparés».

Une ligne stratégique qui n’est pas sans faire échos à la récente décision américaine annoncée par Ashton Carter de déployer environ 250 pièces d’armement lourd, dont des chars et autres blindés, sur le flanc est de l’Alliance pour y participer à des manœuvres.

Bien qu’il soit tentant d’appliquer une grille d’analyse bipolaire de type guerre froide au contexte européen actuel, cela serait occulter la plus grande complexité des rapports de forces.

C’est ce qu’a souligné la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, en arrivant à Bruxelles: «la Guerre froide était un monde tout à fait différent, avec deux grands blocs qui étaient en confrontation. Aujourd’hui, tout est imbriqué d’une telle façon qu’il ne peut y avoir de retour à la Guerre froide.»

Des besoins de financement, le Canada pas au rendez-vous

Rappelant l’engagement des pays alliés envers l’objectif de financement de leurs armées à hauteur de 2% du PIB, Jens Stoltenberg a lancé un pavé dans la mare aux nombreux pays qui sont loin d’atteindre l’objectif. En effet, si les pays membres se sont déjà engagés à augmenter leurs dépenses militaires à hauteur de 2% de PIB national, le Canada est très loin d’avoir respecté ses engagements.

En effet, pour l’année 2015, les dépenses militaires prévisionnelles du Canada ne représenteraient que 0,88% du produit intérieur brut du pays.

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Etudiant en relations internationales à Sciences po Toulouse en France, Bastien se passionne pour les questions de défense et de sécurité à l’internationale. Sa curiosité prononcée pour l’actualité militaire et l’attrait du journalisme l’on incité à rejoindre l’équipe de 45eNord en tant que stagiaire.

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