L’opération IMPACT pourrait être compromise par les problèmes de recrutement

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Des techniciens en systèmes aéronautiques de la Force opérationnelle aérienne en Irak travaillent pendant la nuit afin d’effectuer la maintenance d’un chasseur CF188 au camp Patrice Vincent, au Koweït, au cours de l’opération IMPACT, le 26 mars 2015 (Opération Impact, MDN)
Des techniciens en systèmes aéronautiques de la Force opérationnelle aérienne en Irak travaillent pendant la nuit afin d’effectuer la maintenance d’un chasseur CF188 au camp Patrice Vincent, au Koweït, au cours de l’opération IMPACT, le 26 mars 2015 (Opération Impact, MDN)

Les opérations militaires canadiennes pourraient être sérieusement compromises «si les résultats des efforts recrutement pour l’Aviation royale du Canada ne s’améliorent pas», a prévenu un responsable militaire dans une note d’information l’automne dernier, rapporte aujourd’hui la télévision publique canadienne.

L’évaluation du bureau de la Stratégie du personnel (Air) que dit avoir obtenue la CBC grâce à loi d’accès à l’information, arrive au moment où des centaines de militaires ont été déployés au Moyen-Orient dans le cadre de l’opération Impact pour lutter contre le groupe armé État islamique.

La note d’information indique que les objectifs de recrutement n’ont pas été atteints lors de l’exercice précédent – ou ont été atteint si tardivement que l’Aviation n’a pas été en mesure de les former à temps.

La note, qui sonne aussi l’alerte pour l’exercice 2014/15, blâme carrément le Groupe de recrutement des Forces armées canadiennes pour cette situation.

La note poursuit en soulignant que l’incapacité des services de recrutement d’atteindre ses objectifs a un effet dévastateur sur la santé et le moral de toutes les métiers [de l’Aviation royale canadienne], mais particulièrement les pilotes, l’entretien technique et l’ATIS [Automatic Terminal Information Service, un service automatique de diffusion qui aux pilotes de recevoir des informations en continu des informations essentielles comme informations essentielles, comme les données météorologiques, les pistes en service ou l’approche disponible].

Il y a environ 600 membres des Forces armées canadiennes au Koweït en ce moment pour appuyer les opérations militaires du Canada contre les combattants djihadistes en Irak et en Syrie. Le Canada a engagé dans l’opération six chasseurs CF-18 Hornet, un aéronef de ravitaillement CC-150 Polaris pour appuyer les opérations aériennes et deux aéronefs de patrouille CP-140 Aurora pour contribuer des capacités de surveillance et reconnaissance.

Jusqu’à maintenant, en date du 23 juin, la Force opérationnelle aérienne canadienne en Irak (FOAI) a effectué dans le cadre de la coalition menée par les États-Unis, 1106 sorties aériennes: les chasseurs CF-18 ont effectué 711 sorties, l’aéronef de ravitaillement CC-150 a effectué 185 sorties et a acheminé environ 11 165 000 livres de carburant, et les aéronefs de patrouille CP-140 ont mené 210 missions de reconnaissance.

La «réactivité opérationnelle» en péril

Le personnel de soutien au Koweït, où est basée la FOAI, comprend le personnel pour la maintenance des aéronefs, le personnel de la logistique et, bien sûr, les pilotes eux-mêmes.

En mars dernier, le gouvernement a prolongé la mission du Canada d’un an, se terminant au 30 mars 2016 À cette date, ce moment-là, les membres de la FOAI auront donc été été en Irak depuis près d’un an et demi.

Le document révèle que beaucoup de postes de techniciens pour le service ATIS sont vacants. Les recruteurs ont seulement pu remplir 47 des 79 postes, ce qui représente un taux de réussite de seulement 5 % pour l’année 2013/14.

Ce sont pourtant ces techniciens qui ont pour tâches, notamment, d’entretenir et réparer tous les types de télécommunications et d’information de la FOAI sur place, tels que les systèmes de satellite, ainsi les systèmes informatiques.

Les recruteurs ont également été incapables de trouver des candidats qualifiés pour les postes de techniciens en systèmes avioniques (AVS) qui, eux, ont pour tâche de la maintenance de tous les systèmes électroniques à bord des avions. Les recruteurs, selon ce qu’affirme la télévision publique canadienne sur la foi de la note interne qu’elle a obtenue, ont atteint dans ce cas 75 pour cent de l’objectif, mais la plupart des candidats ont été recrutés si tard dans la saison qu’ils ne sont pas pu encore suivre les cours essentiels dont ils ont besoin pour faire le travail pour lequel ils ont été embauchés.

Pour l’ensemble du personnel de l’Aviation royale canadienne, les chiffres étaient encore pire, affirme la CBC, avec seulement 54 % des objectifs de recrutement atteints en septembre 2014.

Toujours selon le même document, si ces problèmes de recrutement devaient se poursuivre, la «situation va conduire à une diminution de la capacité de réactivité opérationnelle».

Un nouveau système de recrutement en train d’être bâti

Un porte-parole de la Défense a déclaré que, cette année, le service de recrutement aura réussi à atteindre 100 % de ses objectifs de recrutement de techniciens ATIS et AVS nécessaires d’ici la fin de l’exercice 2014/15, en ajoutant que l’armée est en train de bâtir un nouveau système visant à moderniser et rationaliser le processus de recrutement.

«Dans l’ensemble, il y a eu des progrès significatifs dans l’atteinte des objectifs de recrutement de l’ARC, et la force aérienne est en mesure d’atténuer l’impact des déficits quand ils se produisent en faisant des ajustements dans le processus de gestion de l’occupation», a déclaré le major Krzysztof Stachura, officier des affaires publiques pour les services de recrutement, cité par la CBC.

Mais un autre problème pointe à l’horizon et créer de plus en plus d’inquiétudes, le faible taux de rétention des recrues.

Alors que les Forces armées canadiennes dans l’ensemble ont atteint leur objectif de 3.900 de recrues l’an dernier, les effets de ce succès a été grandement diminué par le nombre considérable de départs.

Le chef du personnel militaire, le lieutenant-général David Millar, cité lui aussi par la télévision publique canadienne, a admis que «le résultat global est de moins 777 [personnes]pour l’exercice en raison de l’attrition plus élevé que prévue».

Ce qui signifie en clair qu’en dépit des 3.900 nouvelles embauches, le personnel des Forces armée canadiennes a encore diminué dans la première moitié de l’année 2014.

Le ministre de la Défense nationale s’était lui-même inquiété d’une «attrition supérieure aux prévisions». Les effectifs sont actuellement de 65.900 membres de la force régulière, alors que le gouvernement s’était engagé à rester à 68.000.

Le lieutenant-général Millar, tout en se montrant confiant que que les recruteurs seront en mesure d’atteindre leurs objectifs, a reconnu que mais a averti que le plus gros problème «prévoit l’impact des taux d’attrition élevé sur nos chiffres globaux de l’exercice 2015/16 et au-delà.»

Meilleur système de recrutement ou pas, les effets des problèmes de recrutement et d’attrition sont donc loin d’être résorbés et il semble que la capacité des Forces armées canadiennes à remplir ses missions pâtira encore dans les années qui viennent des difficultés de recrutement auxquelles elles ont été confrontées.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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