Opération IMPACT: il faut «Regarder vers demain et contrebalancer nos revers», dit le nouveau commandant

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Un technicien de l'Aviation royale canadienne près d'un CF-188 Hornet lors des contrôles pré-volau Camp Patrice Vincent, au Koweït lors de l'opération IMPACT le 11 Juin 2015 (op Impact/MDN)
Un technicien de l’Aviation royale canadienne près d’un CF-188 Hornet lors des contrôles pré-vol au Camp Patrice Vincent, au Koweït lors de l’opération IMPACT le 11 Juin 2015 (op Impact/MDN)

Faisant ce vendredi 12 juin le point sur les opérations canadiennes contre le groupe armée l’État islamique, le brigadier-général Lise Bourgon, nouveau commandant de la Force opérationnelle interarmées – Irak, a déclaré en téléconférence depuis le Koweït que les frappes se concentraient particulièrement sur le centre de l’Irak, tentant surtout de rompre les lignes d’approvisionnement du groupe djihadiste, mais a reconnu que ce que peut accomplir la coalition est limitée.

En date du 10 juin 2015, la Force opérationnelle aérienne en Irak a effectué 1035 sorties aériennes :

  • Les chasseurs CF188 ont effectué 673 sorties;
  • L’aéronef de ravitaillement CC150T a effectué 174 sorties et a acheminé environ 10 446 000 livres de carburant;
  • Les aéronefs de patrouille CP140 ont mené 188 missions de reconnaissance.

Vingt frappes ont été effectuées depuis le dernier bilan de l’opération en mai.

La coalition cible les lignes d’approvisionnements, les rassemblement et les positions de combat de l’EI.

En Irak, à Al-Qadiya, près de Ramadi, les forces djihadistes ont été repoussées vers l’ouest.

Les djihadistes ont aussi été frappés ailleurs, comme on peut le voir sur la carte,  notamment près de Baïji.

Au Nord, des dépôts d’armes ont également été frappés près de Mossoul.

Le discours un peu triomphaliste du 25% où on claironnait avoir placé l’EI sur la défensive en lui enlevant 25% des territoires qu’il occupait est maintenant chose du passé et, à l’instar de ses collègues américains, le brigadier-général a répété à plusieurs reprises que la coalition n’était là que pour donner un répit aux forces irakiennes.

Rappelant que ce combat est et sera toujours fait de gains et de pertes, le nouveau commandant de la force canadienne a toutefois refusé de comparer l’importance stratégique des gains et des pertes de territoire, arguant que tout territoire était important…

Alors qu’au Nord avec l’aide des combattants kurdes la coalition a véritablement stoppé le groupe djihadiste, ailleurs en Irak la coalition continue tant bien que mal de tenter de contenir l’avancée de l’EI, mais, de rappeler le brigadier-général Bourgon, « Ce n’est pas notre guerre, notre mandat est d’aider, c’est tout. Nous ciblons ce que nous pouvons et nous en tenons à notre mandat légal et ciblons des cibles légales. La prochaine partie des opérations relèvent des forces irakiennes, ce n est pas à nous de faire leur travail et nous n’avons pas ce mandat ».

En outre, en Syrie le problème se complique du fait que les forces de la coalition ne peuvent pas se coordonner avec les forces du régime Assad, alors qu’elles doivent opérer sur les mêmes zones, comme à Hassaké, par exemple.

Le 9 juin, deux CF-18 Hornets ont frappé avec succès, pour une troisième fois en Syrie. Les pilotes ont utilisé des munitions à guidage de précision pour atteindre une enceinte de groupe de l’EI près de Hassaké.

Lors de l’adoption en mars de la motion prolongeant la mission et l,élargissant à la Syrie,le premier ministre Harper avait assuré que le Canada ne prêterait pas ainsi main-forte au régime syrien qu’il continue de dénoncer. Le brigadier-général Bourgon, a assuré encore ce matin qu’il n’y a eu aucune coordination avec l’armée syrienne.

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Le travail de développement des cibles se fait en Syrie de la même façon qu’en Irak a affirmé le brigadier-général Bourgon: « Nous identifions nos cibles de la même façon qu’en Irak. Grâce à la surveillance, la reconnaissance et au renseignement nous choisissons bien nos cibles pour nous assurer qu’il s’agit de cibles légitimes et éviter des dommages collatéraux ».

Mais le commandant de la Force opérationnelle canadienne a admis que développer de bonnes cibles et veiller à la sélection et la priorisation des objectifs en tenant compte des capacités des avions et des ressources de surveillance forcément limitées était une tâche ardue.

La priorité est donc aujourd’hui de maximiser l’appui de la coalition aux forces irakiennes en difficulté, a-t-elle expliqué, mentionnant au passage que « la reconquête de Ramadi devrait commencer tôt ou tard ».

Le brigadier-général a aussi tenu à rappeler que tout n’était pas qu’une question du sorties et de frappes et que nous n’étions qu’un élément parmi d’autres. Pendant que la coalition donne un « répit » aux forces irakiennes, sur d’autres fronts elle tente de juguler l’arrivée de combattants qui se joignent au forces de l’EI et de tarir les sources de financement du groupe extrémiste.

Tentant malgré tout de terminer sur une note positive, le brigadier-général a finalement déclaré que le bilan est « globalement positif et que nous devons regarder vers demain et contrebalancer nos revers par des avancées ».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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