Philippines: la rébellion musulmane rend des armes dans un geste pour la paix

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La rébellion du Front moro islamique de libération dans leur campement, à Sultan Kudarat sur l'île de Mindanao, aux Philippines, le 27 mars 2014 (Ted Aljibe/AFP)
La rébellion du Front moro islamique de libération dans leur campement, à Sultan Kudarat sur l’île de Mindanao, aux Philippines, le 27 mars 2014 (Ted Aljibe/AFP)
Le Front moro islamique de libération à fait un pas considérable vers la paix en Phillipines en rendant à la vie civile près de 150 de ses combattants et en déposant des dizaines d’armes à feu pour encourager le Parlement à adopter un projet de loi octroyant l’autonomie à cette minorité.

Le président Benigno Aquino s’est rendu au quartier général du Front Moro islamique de libération pour assister à la remise des armes, premier geste concret réalisé par ce mouvement afin de mettre fin à des décennies d’une rébellion qui a fait plus de 100.000 morts.

Le chef de l’État comme les dirigeants du mouvement de libération ont souligné que ce geste tout symbolique visait à pousser le Parlement à donner son feu vert à la loi sur la création d’une région autonome dans le sud de l’archipel comme prévu par l’accord de paix signé en mars 2014.

«Il s’agit d’une des décisions les plus difficiles que nous ayons eu à prendre en plus de 40 ans de combat», a commenté le principal négociateur du groupe rebelle, Mohaqher Iqbal.

«Nous voulons montrer au monde que le Front Moro respectera toujours ses engagements».

La session parlementaire a été suspendue la semaine dernière sans que le projet soit adopté en raison des remous suscités par la mort en janvier de 44 policiers lors d’affrontements avec des rebelles musulmans, dont des combattants du Front Moro, dans l’île méridionale de Mindanao.

Les 75 armes déposées, parmi lesquelles des mortiers et des mitrailleuses, ont été remises à une commission Indépendante présidée par la Turquie et comprenant des représentants de la Norvège et de Brunei.

Selon les estimations de la police il ne s’agit néanmoins que d’une infime partie des arsenaux à disposition du Front Moro.

À cet égard, l’accord de paix prévoit que 30% des armes du mouvement de rébellion soient déposées à la signature, 35% à la ratification et le reste lors de l’élection d’un gouvernement régional en 2016.

Le ministre des affaires étrangères canadien, Rob Nicholson a tenu à saluer l’initiative prise par le mouvement rebelle et a rappelé l’attachement du Canada à soutenir la procédure de paix décrite dans l’accord de Bangsamoro.

«Le lancement du processus de désarmement témoigne de la volonté des deux parties d’ouvrir la voie à une paix durable, à la stabilité, au développement et à une prospérité économique à long terme pour la population du sud des Philippines et du reste du pays, après des dizaines d’années de conflit.»

En mai dernier, au cours de la visite du président des Philippines au Canada, le premier ministre Stephen Harper avait annoncé 1,5 million de dollars de financement pour le déploiement de policiers dans la région de Bangsamoro, et de la formation sur la lutte contre la criminalité organisée transnationale.

En outre, le Canada s’était engagé à verser 1,5 million de dollars en aide humanitaire pour répondre aux besoins immédiats des personnes déplacées par le conflit dans la région.

Si l’examen du projet de loi tant attendu reprendra le 27 juillet, il y a peu de chance que le parlement approuve le texte avant le mois d’octobre.

Rappelons enfin que le sud du pays est considéré par les cinq millions de musulmans philippins (sur 100 millions d’habitants) comme leur terre ancestrale.

Etudiant en relations internationales à Sciences po Toulouse en France, Bastien se passionne pour les questions de défense et de sécurité à l’internationale. Sa curiosité prononcée pour l’actualité militaire et l’attrait du journalisme l’on incité à rejoindre l’équipe de 45eNord en tant que stagiaire.

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