«Il faut en finir avec la rhétorique guerrière», affirme l’amiral américain responsable de l’Arctique

0
Vendredi 12 juin, le CIRRICQ, un groupe de réflexion sur la politique internationale du Canada et du Québec, a reçu le  représentant spécial du Département d’État des États-Unis pour la zone arctique, l’Amiral Robert J. Papp, Jr. qui répond ici aux questions de Nicolas Laffont de 45eNord.ca (Cirricq)
Vendredi 12 juin, le CIRRICQ, un groupe de réflexion sur la politique internationale du Canada et du Québec, a reçu le représentant spécial du Département d’État des États-Unis pour la zone arctique, l’Amiral Robert J. Papp, Jr. qui répond ici aux questions de Nicolas Laffont (g) de 45eNord.ca (Cirricq)

Interrogé sur les relations avec les Russes alors qu’il était l’invité le 12 juin du CIRRICQ, un groupe de réflexion de Montréal sur la politique internationale du Canada et du Québec, le représentant spécial du Département d’État des États-Unis pour la zone arctique, l’Amiral Robert J. Papp, Jr, a déclaré qu’il fallait en finir avec la rhétorique guerrière et les réactions disproportionnées.

Pas question donc d’exclure les Russes!

Reconnaissant les différends qui opposent Washington et Moscou sur la présence russe en Ukraine et l’annexion de la Crimée et déplorant le peu de progrès dans l’application des accords de Minsk 2, l’amiral américain a souligné qu’en ce qui a trait à l’Arctique, la coopération des Russes est essentielle et qu’il n’était pas question de couper les ponts.

Cela semble aller de soi, mais voilà qui marque un important changement de ton par rapport aux deux dernières années au cours desquelles les mauvaises relations avec la Russie et les préoccupations militaires ont véritablement «pourri» les deux années de présidence canadienne.

En avril 2014, le Canada n’avait carrément pas pris part à une rencontre du Conseil de l’Arctique à Moscou sur les émissions de carbone noir et de méthane dans l’Arctique, même si le Canada assurait déjà alors la présidence du Conseil. Un geste de représailles contre l’annexion de la Crimée par la Russie.

À la réunion des 24 et 25 avril, la Russie, elle, était représentée par son ministre de l’Environnement, Sergeï Donskoï, le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov ayant déclaré quant à lui jugé qu’il avait mieux à faire.

Le ministère des Affaires étrangères de la Finlande, l’un des pays membres du Conseil, avait alors observé à quel point il était «regrettable que tous les ministres des Affaires étrangères ne soient pas là ». D’ailleurs, seul le Canada, de tous les pays présents, n’avait pas déploré l’absence d’une représentation russe de haut niveau.

« Une étude sérieuse de la situation et de l’état des tensions actuelles dans le Grand Nord démontre que c’est l’orientation politique prise par les conservateurs au pouvoir. Une option qui, si elle peut s’avérer payante sur la scène nationale, à des conséquences grave et regrettable sur la coopération en Arctique », pouvait-on lire d’ailleurs sur 45eNord.ca en avril dernier.

Les priorités des Américains devraient quant à elles être assez différentes des Canadiens et il n’est pas question de laisser les différends qui les opposent aux Russes saboter leurs deux années de présidence du Conseil de l’Arctique commencées le 24 avril dernier. Les États-Unis ont des objectifs ambitieux qu’ils ne peuvent pas réaliser seuls.

Les Américains veulent notamment mettre de l’avant les changements climatiques pendant leur présidence de deux ans et ils ont déjà élaboré des mesures visant à protéger l’environnement de l’Arctique, notamment en ce qui a trait à la pollution marine.

Lors de son passage à Montréal, l’amiral Papp a réitéré la volonté américaine de privilégier les initiatives qui auront un effet durables.

Au lieu d’un horizon de deux ans, le représentant spécial du Département d’État des États-Unis pour la zone arctique veut mettre l’accent sur des initiatives sur le long terme dont bénéficieront ses petits-enfants, évitant qu’un jour ses descendants se demandent pourquoi leurs grands-parents n’ont pas agi quand il en était encore temps.

Pour ce faire, il est pour lui essentiel d’obtenir le consensus des huit nations responsables de l’Arctique qui doivent s’entendre pour qu’il y ait des progrès sur des questions aussi globales que le changement climatique et les émissions de CO2.

Notant que les responsabilités et les opportunités partagés sont au cœur du thème de la présidence américaine du Conseil de l’Arctique, l’amiral Papp a également fait appel à son passé de marin pour convaincre son auditoire que seul le travail de tout l’équipage permettra de passer à travers les tempêtes et de parvenir à bon port.

Pas question que le Conseil de l’Arctique à 8 devienne un Conseil de l’Arctique à 7 comme ce fut le cas du G8 redevenu G7 en mars 2014 après l’exclusion de la Russie.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.