Répression de la place Tiananmen: le Canada exhorte la Chine à sortir de son mutisme

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On attendait des dizaines de milliers de personnes à la commémoration à Hong-Kong de la répression la répression du printemps de Pékin en 1989 sur la place Tian'anmen, qui revêt cette année une signification particulière dans un contexte de tensions entre prodémocrates et l'exécutif local soutenu par la Chine (Dale De La Rey/AFP)
On attendait des dizaines de milliers de personnes à la commémoration à Hong-Kong de la répression la répression du printemps de Pékin en 1989 sur la place Tian’anmen, qui revêt cette année une signification particulière dans un contexte de tensions entre prodémocrates et l’exécutif local soutenu par la Chine (Dale De La Rey/AFP)

Le ministre des Affaires étrangères ccanadien,Rob Nicholson, a souligné ce 4 juin le jour de commémoration de la répression la répression du printemps de Pékin en 1989 sur la place Tian’anmen.

« Les Canadiens commémorent aujourd’hui la répression violente d’une manifestation pacifique de civils non armés, survenue à la place Tiananmen à Beijing il y a 26 ans, soit le 4 juin 1989 », a déclaré le ministre Nicholson.

« Aux termes de la Constitution chinoise, les citoyens chinois jouissent de la liberté d’expression, de réunion et d’association. Détenir quelqu’un pour avoir exercé ces droits va à l’encontre des obligations nationales et internationales de la Chine en matière de droits de la personne », a dit le ministre canadien.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, après sept semaines de mobilisation des manifestants qui exigeaient des réformes démocratiques dans la Chine du parti unique, des dizaines de milliers de soldats appuyés par des centaines de blindés avaient donné l’assaut en ouvrant le feu sur la foule jusqu’à parvenir à la place Tian’anmen.

Aucun bilan définitif officiel n’a été fourni, mais des sources indépendantes font état de plusieurs centaines et jusqu’à plus d’un millier de morts à Pékin, sans compter le reste de la Chine.

Toutefois, la mémoire des événements de la Place Tian’anmen est officiellement proscrite par les autorités communistes à Pékin.

« Le Canada exhorte la Chine à sortir de son mutisme sur les événements d’il y a 26 ans en expliquant ouvertement ce qu’il est advenu des personnes tuées, détenues ou portées disparues, et en entamant un processus national d’apaisement et de réconciliation. Ce n’est qu’en reconnaissant publiquement des pages difficiles de leur passé que les nations s’engagent sur la voie de la prospérité, de la primauté du droit et d’un avenir plus harmonieux. », a déclaré le chef de la diplomatie canadienne.

Le département d’État américain a appelé lui aussi le gouvernement chinois à donner enfin des gages de transparence sur cette tragédie.

Vingt-six ans après la «répression violente des manifestations pacifiques» de la place Tian’anmen, «les États-Unis continuent de demander un décompte officiel des victimes et la libération des détenus condamnés dans le cadre des événements de Tian’anmen», indique un communiqué.

La diplomatie américaine adjure par ailleurs Pékin de mettre «fin au harcèlement et aux arrestations des personnes qui commémorent» le 4 juin.

Selon l’ONG Chinese Human Rights Defenders (CHRD), des dizaines de personnes ont été arrêtées dans les provinces du Shaanxi et du Hunan en prévention du 26e anniversaire de la répression.

Pendant ce temps, à Hong-Kong, des milliers de personnes commençaient jeudi soir à affluer dans un parc du centre de Hong Kong pour commémorer la répression du printemps de Pékin en 1989 sur la place Tian’anmen, et réclamer une véritable démocratie dans l’ancienne colonie britannique.

Le rassemblement annuel du 4 juin à Hong Kong constitue la principale commémoration en Chine de l’écrasement du Printemps de Pékin puisque la mémoire est officiellement proscrite par les autorités communistes à Pékin.

On attendait des dizaines de milliers de personnes à cette manifestation, traditionnelle pour les Hongkongais le 4 juin depuis 15 ans, mais qui revêt cette année une signification particulière dans un contexte de tensions entre prodémocrates et l’exécutif local, soutenu par la Chine.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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