Ryad intercepte un missile Scud tiré par les rebelles du Yémen

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Manifestation le 5 juin 2015 à Sanaa de Yémenites partisans des rebelles chiites houthis (AFP/Mohammed Huwais)
Manifestation le 5 juin 2015 à Sanaa de Yémenites partisans des rebelles chiites houthis (AFP/Mohammed Huwais)

L’Arabie saoudite, engagée à la tête d’une coalition arabe contre les rebelles chiites houthis au Yémen, a intercepté samedi avant l’aube un missile Scud tiré contre son territoire par ces rebelles depuis le nord du Yémen, a rapporté l’agence officielle SPA.

Les Houthis et leurs alliés, des militaires restés fidèles à l’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, ont tiré samedi à 02H45 (23H45 GMT) un missile Scud en direction de Khamis Mushait, une ville du sud-ouest du royaume, a précisé l’agence citant un communiqué du commandement de la coalition arabe.

Les forces royales saoudiennes de la défense aérienne ont intercepté (le Scud) avec deux missiles Patriot, et l’aviation de la coalition est aussitôt intervenue et a détruit la base de lancement des missiles, repérée au sud de Saada, le fief des Houthis dans le nord du Yémen, a ajouté le commandement sans donner d’autres détails.

Ce tir de missile Scud, rare depuis le début en mars des frappes aériennes au Yémen, intervient quelques heures après l’annonce par Ryad que ses troupes avaient repoussé une attaque sur plusieurs fronts contre le sud du royaume.

Les combats qui ont suivi l’attaque se sont soldés par la mort de 4 militaires saoudiens, dont deux officiers, et des dizaines de morts côté yéménite, selon un communiqué publié par l’agence Spa.

Cette offensive a été coordonnée, planifiée et mise à exécution par une formation de la Garde républicaine rattachée à l’ancien président Ali Abdallah Saleh avec le soutien des milices (chiites) houthies, poursuit le texte.

Les rebelles ont pu stocker dans des grottes dans le nord montagneux du Yémen certains des quelque 300 missiles dont ils disposaient avant le début de la campagne de raids, a indiqué samedi le porte-parole de la coalition, le général de brigade Ahmed Assiri, sur la chaîne satallitaire Al-Arabiya.

Pourtant, il avait affirmé auparavant avoir éliminé tout risque de menace balistique au Yémen, où la coalition maîtrise l’espace aérien, et avait fait de la destruction des sites de lancement de missiles l’une de ses priorités.

Le porte-parole a en outre affirmé que les forces saoudiennes avaient mis en échec plus de 300 tentatives des rebelles de franchir la frontière sud du royaume, qualifiant de désespérée leur offensive de vendredi.

Ces développements militaires interviennent alors que la rébellion chiite a accepté vendredi de participer à des pourparlers avec le gouvernement à Genève, initiés par l’ONU pour tenter de mettre fin à la guerre qui ravage ce pays pauvre de la péninsule arabique.

Aucune date n’a été fixée officiellement pour ces discussions mais selon des diplomates à New York, elles commenceront le 14 juin. Leur but est la mise en place d’un cessez-le-feu, d’un plan de retrait des rebelles, et d’un accroissement de l’aide humanitaire, ont-ils précisé.

Les rebelles exigeaient jusqu’ici un arrêt préalable des frappes aériennes que la coalition arabe sous commandement saoudien mène depuis le 26 mars pour rétablir l’autorité du président Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé à Ryad, et empêcher ces insurgés de prendre le contrôle de l’ensemble du pays.

Le conflit a fait près de 2.000 morts et poussé plus de 545.000 personnes à quitter leur foyer, selon l’ONU.

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