Syrie, la série noire pour l’armée de Bachar al-Assad: bilan

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Le régime syrien subit depuis quelques mois revers après revers face au groupe État islamique (EI) mais aussi aux autres groupes rebelles qui tentent de le renverser depuis 2011.

Débuté par des manifestations anti-régime pacifiques réprimées dans le sang, le conflit a dégénéré en une guerre civile complexe. Plus de 230.000 personnes ont été tuées.

Les rebelles avancent dans Deraa

Le 25 mars, les rebelles chassent les milices pro-régime des secteurs chiites de Bosra al-Cham située dans la province de Deraa, berceau de la révolte. Ils contrôlent désormais la totalité de cette grande ville antique du Sud.

Toujours à Deraa, le 1er avril, des groupes rebelles notamment islamistes prennent le passage frontalier de Nassib, seul poste à la frontière avec la Jordanie resté sous contrôle loyaliste.

Les djihadistes de l’EI pénètrent à Damas

Le 1er avril, dans le sud de Damas, les jihadistes de l’EI lancent une offensive sur le camp de Yarmouk avec l’aide du Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. C’est la première fois que l’EI, qui contrôle depuis 2013 de vastes régions du Nord, pénètre dans Damas.

L’EI et al-Nosra s’emparent de 60% du camp de réfugiés palestiniens avant de se retirer sur 40% du territoire.

Chute d’Idleb et de Jisr Al-Chougour

Le 28 mars, l’Armée de la Conquête, une coalition composée de jihadistes, tel qu’al-Nosra et de groupes islamistes, comme Ahrar al-Cham, s’empare de la ville d’Idleb (nord-ouest).

Le 25 avril, le régime perd la ville de Jisr al-Choughour (province d’Idleb), qui tombe aux mains de la coalition. Jisr al-Choughour est tout près de la Turquie, pays favorable à la rébellion, mais aussi de Lattaquié.

Fin mai, le régime abandonne la province d’Idleb au profit d’Al-Qaïda et de ses alliés, qui prennent sans combat la ville d’Ariha. Idleb est la deuxième des 14 provinces de Syrie que le régime perd après celle de Raqa, aux mains de l’EI.

L’EI s’empare de Palmyre

Le 21 mai, l’EI s’empare de la totalité de Palmyre. Avec la prise de cette cité antique, qui ouvre sur le grand désert syrien frontalier de l’Irak, l’EI contrôle « désormais plus de 95.000 km2 en Syrie, soit 50% du territoire du pays », selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Le même jour, les jihadistes de l’EI prennent le point de passage d’Al-Tanaf, dernier point de passage de la frontière syro-irakienne encore aux mains du régime. Avec la capture de ce passage, le régime ne contrôle plus en pratique que ses frontières terrestres avec le Liban.

Les rebelles avancent vers des fiefs du régime

Le 6 juin, l’Armée de la Conquête s’empare d’une dizaine de villages et de Maassara, dernier grand barrage du régime à Idleb, province quasi-totalement aux mains de la rébellion. Les positions conquises sont limitrophes des provinces de Hama (centre) et surtout Lattaquié (ouest), fief du régime Assad.

Chute d’une base clé dans le Sud

Le 9 juin, le Front sud, qui comprend en majorité des rebelles dits modérés mais aussi des groupes islamistes, annonce avoir pris le contrôle total de la Brigade 52, une des dernières grandes bases aux mains du régime dans la province de Deraa, qui est dominée par la rébellion.

Cette base donne aux rebelles un accès à la province de Soueida, l’une des rares à rester presque entièrement aux mains du régime.

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