Ukraine: le ministre canadien de la Défense, Jason Kenney, visite le centre d’entraînement de Yavoriv (VIDÉO)

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Rencontre Poltorak-Kenney en Ukraine le 27 juin 2015 (Ministère ukrainien de la Défense)

Le ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, a visité aujourd’hui en Ukraine le centre d’entraînement de Yavoriv, près de la frontière polonaise, et salué le personnel des Forces armées canadiennes qui observe là-bas l’entraînement que reçoivent les forces armées ukrainiennes.

Le ministre Kenney a discuté à cette occasion avec son homologue ukrainien, le colonel-général Stepan Poltorak de l’appui du Canada envers l’Ukraine par l’envoi de personnel des Forces canadiennes pour renforcer les capacités de l’Ukraine à défendre sa souveraineté et de la définition du cadre juridique et technique permettant le déploiement des formateurs militaires canadiens.

Le ministre Kenney a aussi donné à Yavoriv une conférence de presse conjointe avec le colonel-général Poltorak, ministre de la Défense de l’Ukraine, au Centre international de sécurité et de maintien de la paix.

Le contingent de formateurs déployés bientôt

Les obstacles juridiques et diplomatiques au déploiement des formateurs militaires canadiens en Ukraine ont été pour la plupart levés, a déclaré le ministre.

Les États-Unis et la Grande-Bretagne sont déjà à l’oeuvre depuis le printemps, entraînant des centaines de gardes nationaux ukrainiens.

Bien que la contribution du Canada ait été annoncé à la mi-avril, il se pourrait que le contingent complet de formateurs canadiens n’arrive pas sur le terrain avant août.

« Nous ne disposons pas encore d’un accord d’assistance technique avec l’Ukraine », a expliqué Jason Kenney dans un entretien avec les médias « Nous avons besoin d’un cadre juridique avant que nous puissions déployer pleinement nos formateurs ici. Voilà l’une des raisons de ma visite,résoudre certaines des questions juridiques et techniques en suspens en suspens ».

Par ailleurs, le Pentagone que récemment donné au Canada le feu vert pour partager la base de la formation, qui a été initialement louée à l’OTAN à un moment où l’ancienne république soviétique envisageait de se joindre à l’Alliance atlantique.

« Nous avons réalisé que nous pourrions économiser beaucoup d’argent en partageant avec les Américains à la même base pour la formation et la logistique. Il y aurait une économie d’échelle là. Mais, pour des raisons internes, ils [les Américains, NDLR] ne pouvaient pas réellement nous donner le feu vert jusqu’à tout récemment », a précisé le ministre Kenney.

Il y a, à l’heure actuelle, environ 30 militaires Canadiens sur le terrain en Ukraine pour préparer l’arrivée des militaires canadiens qui foreront les recrues ukrainiennes pendant près de deux ans.

La majeure partie de cette force sera basée à Yavoriv et donnera une formation aux armes de combat aux recrues ukrainiennes, mais quelques militaires canadiens se retrouveront aussi ailleurs, notamment de centre de déminage du ministère ukrainien de la Défense à Kamyanets-Podilsky, dans l’extrême sud-ouest du pays.

Les compétences durement acquises par les Forces armées canadiennes en Afghanistan seront mises à profit pour apprendre aux Ukrainiens à détecter, éviter et désamorcer les engins explosifs placés le long des routes.

Le Canada enverra aussi en Ukraine des formateurs médicaux, des instructeurs de la police militaire, des formateurs en sécurité des vols et d’autres montrant Ukrainiens comment mettre en place une chaîne d’approvisionnement militaire efficace.

Le régiment ultranationaliste Azov exclu de l’entraînement canadien

Le régiment ultranationaliste Azov sera toutefois exclu de l’entraînement canadien.

Le régiment Azov ultranationaliste, n’est rien de plus qu’«un petit nombre de pommes pourries» qui ne devraient pas être autorisées à définir l’image de l’Ukraine, a déclaré le ministre canadien de la Défense la vaille, au premier jour de sa visite en Ukraine.

Au terme d’une rencontre avec son homologue ukrainien hier, Jason Kenney a indiqué que le régiment ultranationaliste Azov ne recevrait, lui, aucun entraînement ni appui de la part du Canada.

Si certains voient dans les 1500 hommes des patriotes prêts à se battre pour faire reculer les séparatistes appuyés par la Russie, plusieurs voient plutôt dans le régiment Azov des néonazis, des suprématistes blancs, des extrémistes et des têtes brûlées.

«Nous ne devons pas permettre qu’un petit nombre de pommes pourries dans un bataillon définisse la nouvelle Ukraine», a expliqué le ministre canadien, ajoutant que «La nouvelle Ukraine est pro-occidentale et axée sur les valeurs démocratiques.», laissant entendre qu’il n’y avait pas de place pour de pareils groupes extrémistes et précisant que le gouvernement de Stephen Harper n’allait pas, pour sa part, soutenir les groupes aux idées extrémistes.

Visite à Yavoriv

À Yavoriv aujourd’hui, le ministre Kenney a visité le Centre international de sécurité et de maintien de la paix, les installations d’entraînement de l’armée ukrainienne et le centre d’instruction du Partenariat pour la paix de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le ministre était accompagné du lieutenant-général Pavlo Tkachuk, commandant de l’armée ukrainienne, et du lieutenant-colonel Jason Guiney, commandant désigné de la Force opérationnelle canadienne.

De plus, le ministre a assisté à une démonstration d’intervention défensive de lutte contre l’incendie et a pu s’adresser au personnel des Forces armées canadiennes et le remercier de sa contribution.

Le groupe d’environ 30 membres des FAC qui se trouve actuellement en Ukraine du 20 juin au 4 juillet, au Centre international de sécurité et de maintien de la paix, outre préparer l’arrivée du contingent de formateurs canadiens, observe l’entraînement des forces ukrainiennes afin de pouvoir adapter l’instruction que les Canadiens donneront aux militaires ukrainiens pendant l’été.

«Le Canada soutient totalement l’Ukraine dans les efforts qu’elle accomplit pour maintenir sa souveraineté, sa sécurité et sa stabilité alors qu’elle fait l’objet d’une agression injustifiée du régime de Vladimir Poutine. Nous avons prouvé notre engagement en contribuant aux efforts que l’Ukraine fait pour renforcer sa démocratie et ses institutions, ainsi que la capacité et l’entraînement de ses forces armées.», a déclaré le ministre canadien de la Défense.

Soutien additionnel à l’Ukraine

En outre, au nom de M. Christian Paradis, ministre du Développement international, le ministre Kenney a aussi annoncé que le Canada verserait plus de 15 millions de dollars pour renforcer le soutien apporté à l’Ukraine dans ses efforts d’établissement de la démocratie et de ses institutions.

Par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, le gouvernement du Canada fournit plus de 15 millions $ en soutien supplémentaire à l’égard des mesures de renforcement de la démocratie et d’établissement des institutions en Ukraine, indique le communiqué d’Ottawa sur la visite du ministre canadien en Ukraine.

Ces 15 millions $ comprennent trois millions $ pour améliorer le journalisme d’enquête permettant de révéler la corruption et de réduire l’impunité; 12,4 millions $ pour soutenir une réforme fondamentale du système judiciaire afin que les tribunaux ukrainiens deviennent plus indépendants, plus justes et plus efficaces; et un soutien pour enseigner les risques que présentent les dispositifs explosifs de circonstance pour les Ukrainiens.