Une frappe américaine en Libye aurait tué le chef terroriste Mokhtar Belmokhtar

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L'armée américaine a mené une frappe dans la nuit de samedi à dimanche dans laquelle le chef terroriste Mokhtar Belmokhtar aurait été tué (WSVN)
L’armée américaine a mené une frappe dans la nuit de samedi à dimanche dans laquelle le chef terroriste Mokhtar Belmokhtar aurait été tué (WSVN)

Le chef djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, lié à Al-Qaïda, a été tué par une frappe aérienne américaine en Libye, a annoncé dimanche soir le gouvernement libyen installé à Tobrouk, reconnu par la communauté internationale.
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Mise à jour au 15/06/2015 à 12h41

Les États-Unis sont toujours en train d’évaluer les résultats de l’opération visant le chef djihadiste Mokhtar Belmokhtar après un raid américain sur l’est de la Libye dimanche, a indiqué lundi Deborah Lee James, secrétaire à la Force aérienne des États-Unis.

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Un responsable du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale avait annoncé dimanche que le chef djihadiste avait trouvé la mort dans une « frappe de l’armée américaine » ayant visé « une ferme » à Ajdabiya, à 160 km à l’ouest de Benghazi, chef lieu de l’Est libyen. Il y « tenait une réunion avec d’autres chefs de groupes extrémistes, dont des membres d’Ansar Asharia », un groupe libyen lié à Al-Qaïda et classé terroriste par l’ONU.

Mais, sur les réseaux sociaux, des comptes djihadistes ont fait état de sept morts dans le raid et une page Facebook d’un groupe islamiste à Ajdabiya a publié des photos de corps ainsi que les noms des personnes tuées, sans aucune référence à Belmokhtar.

Ce n’est pas la première fois que le décès du chef djihadiste algérien est annoncé. Il avait été donné pour mort par le Tchad en avril 2013, soit trois mois après l’attaque sanglante de janvier sur le complexe gazier d’In Amenas, en Algérie. Mais il revendiquait le mois suivant, en mai 2013, un double attentat-suicide qui a fait une vingtaine de morts au Niger.

Le Pentagone a indiqué  pour sa part à Washington que le djihadiste Belmokhtar avait bien été la cible d’une frappe américaine mais n’a pas confirmé sa mort. « Nous continuons à évaluer les résultats de l’opération et fournirons plus de précisions de manière appropriée », a déclaré dans un communiqué le colonel Steve Warren, porte-parole du Pentagone.

« Des avions américains ont mené une opération qui a abouti à la mort de Mokhtar Belmokhtar et d’un groupe de Libyens appartenant à une organisation terroriste dans l’est de la Libye », a indiqué le gouvernement intérimaire dans un communiqué posté sur sa page Facebook. La frappe a eu lieu « après consultation avec le gouvernement intérimaire libyen », ajoute le communiqué.

Quelques heures plus tôt à Washington, le Pentagone avait indiqué que l’armée américaine avait mené une frappe dans la nuit de samedi à dimanche contre une cible « terroriste liée à Al-Qaïda » en Libye. Washington a déployé dans cette région des drones par le passé.

L’agence libyenne Lana, citant un responsable du gouvernement reconnu par la communauté internationale, précise que « la frappe de l’armée de l’air américaine a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche dans une ferme (…) à Ajdabiya, à 160 km à l’ouest de Benghazi, chef lieu de l’Est libyen, où Belmokhtar tenait une réunion avec d’autres chefs de groupes extrémistes, dont des membres d’Ansar Asharia », une organisation classée terroriste par l’ONU.

Dans son communiqué, le cabinet d’Abdallah al-Theni apporte son « soutien » aux frappes américaines, affirmant que « cette opération fait partie de l’aide internationale qu’il a longtemps réclamée pour lutter contre le terrorisme ».

La dernière opération des Américains en Libye date de juin 2014 quand leurs forces spéciales ont capturé Ahmed Abou Khattala, un des organisateurs présumés de l’attaque contre le consultat américain à Benghazi en 2012, qui avait coûté la vie à l’ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains.

Mokhtar Belmokhtar avait réaffirmé mi-mai la loyauté de son groupe, Al-Mourabitoune, à Al-Qaïda et démenti l’allégeance à l’État islamique (EI) proclamée par un autre dirigeant, laissant présager une sérieuse discorde dans la hiérarchie du mouvement.

Né en juin 1972 à Ghardaïa, aux portes du Sahara, il a combattu très jeune en Afghanistan en 1991, où il a perdu un oeil, ce qui a valu son surnom de « Laouar » (le borgne).

Ex-chef d’Al-Qaïda au Magreb islamique (Aqmi), avec laquelle il était entré en dissidence, Mokhtar Belmokhtar avait créé fin 2012 sa propre unité combattante, les « Signataires par le sang ».

En janvier 2013, il avait revendiqué l’attaque sanglante et la prise d’otages massive qui s’en est suivi sur le complexe gazier d’In Amenas, dans le Sahara algérien, qui se sont soldées par la mort de 37 étrangers, un Algérien et 29 ravisseurs.

Donné pour mort par le Tchad en avril 2013, il avait revendiqué un double attentat-suicide au Niger en mai 2013, qui a fait une vingtaine de morts.

Al-Mourabitoune est né en 2013 de la fusion des « Signataires par le sang » et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des groupes jihadistes ayant contrôlé le nord du Mali jusqu’au lancement de l’opération française Serval en janvier 2013.

Condamné à mort à deux reprises par la justice algérienne, il aurait commandité l’assassinat de quatre Français en Mauritanie en décembre 2007, et la prise en otages de deux Canadiens en 2008, trois Espagnols et deux Italiens en 2009.

Plongé dans le chaos depuis la chute en 2011 de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi, la Libye est déchirée par des combats entre milices lourdement armées, et le pays compte actuellement deux gouvernements –et Parlements– rivaux: l’un, reconnu par la communauté internationale, qui siège à Tobrouk, dans l’est du pays, l’autre à Tripoli sous contrôle de Fajr Libya, une coalition de milices.

Des groupes djihadistes ont profité de ce chaos, notamment le groupe État islamique qui s’est implanté l’an dernier en Libye et qui a annoncé le 9 juin avoir pris la ville de Syrte (450 km à l’est de Tripoli) ainsi qu’une centrale thermique voisine.

Les frappes américaines coïncident avec de violents affrontements entre groupes djihadistes rivaux à Derna, fief des islamistes radicaux en Libye, à 280 km à l’est de Benghazi (1.000 km à l’est de Tripoli).

Les hostilités ont été déclenchées la semaine dernière après l’assassinat par un groupe se réclamant de l’organisation État islamique, d’un leader de Majless Mujahidin Derna, une milice islamiste radicale rivale, plus proche d’Al-Qaïda. Un autre leader de cette milice, Salem al-Derbi, a été tué dans les affrontements qui ont suivi l’assassinat de Nassir al-Akr.

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