Yémen: rébellion et gouvernement acceptent des pouparlers de paix à Genève

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Un chiite Houthi inspecte les ruines d'un hôtel détruit par les bombardements de la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite, le 31 mai 2015 à Al-Thawra, dans le nord de la capitale Sanaa (Archives/Mohammed Huwais/AFP)
Un chiite Houthi inspecte les ruines d’un hôtel détruit par les bombardements de la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite, le 31 mai 2015 à Al-Thawra, dans le nord de la capitale Sanaa (Archives/Mohammed Huwais/AFP)

La rébellion chiite au Yémen a accepté vendredi de participer à des pourparlers avec le gouvernement à Genève, initiés par l’ONU pour tenter de mettre fin à la guerre qui ravage ce pays de la péninsule arabique.

Aucune date n’a été fixée officiellement pour ces discussions mais selon des diplomates à New York elles commenceront le 14 juin. Leur but est la mise en place d’un cessez-le-feu, d’un plan de retrait des rebelles des zones conquises et d’une augmentation de l’aide humanitaire, ont-ils précisé.

Les rebelles, dits Houthis, ont emboîté le pas au gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi qui a donné son accord de principe à des pourparlers de paix.

« Nous avons accepté l’invitation de l’ONU à aller à la table du dialogue à Genève sans conditions préalables », a déclaré à l’AFP Daifallah al-Shami, membre politique du mouvement Ansaruallah, dont se réclame la rébellion.

Les rebelles exigeaient jusqu’ici un arrêt des frappes aériennes qu’une coalition arabe sous commandement saoudien mène depuis le 26 mars pour rétablir l’autorité de M. Hadi, exilé à Ryad, et empêcher ces insurgés de prendre le contrôle de l’ensemble du pays.

« Nous ne posons aucune condition » et « nous n’accepterons aucune condition » à l’amorce de pourparlers, a affirmé M. Shami. « Si une quelconque partie a des conditions, qu’elle les expose à la table des négociations ».

‘Consultations’

M. Shami faisait allusion au gouvernement en exil, qui posait jusque-là comme préalable à des pourparlers la mise en oeuvre de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l’ONU appelant au retrait des Houthis des larges pans de territoire qu’ils ont conquis depuis juillet 2014.

Cette exigence avait conduit à un report des pourparlers, annoncés initialement pour le 28 mai.

A Ryad, où le gouvernement yéménite s’est réfugié avec le président, le ministre de l’Information par intérim Ezzedine al-Isbahi a confirmé la participation de son gouvernement aux pourparlers.

Mais il a souligné qu’il s’agirait de « consultations pour la mise en oeuvre de la résolution 2216 ».

Mercredi devant le Conseil de sécurité, l’émissaire de l’ONU au Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, a annoncé qu’il attendait la confirmation par les Houthis de leur présence à Genève, après avoir obtenu l’accord de principe du gouvernement.

M. Hadi devait réunir dans la journée à Ryad ses ministres pour « discuter de la composition de sa délégation aux pourparlers », a déclaré à l’AFP une source gouvernementale.

Selon cette source, Abdel Karim al-Ariani, une figure de proue du Congrès populaire général (CPG) « fera partie de la délégation gouvernementale en sa qualité de conseiller politique de M. Hadi ».

Appel à lever le blocus

Le CPG est le parti de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, dont les unités militaires qui lui sont restées fidèles combattent aux côtés des rebelles contre le pouvoir.

M. Shami a dit s’attendre à « la participation de toutes les forces politiques impliquées dans le précédent round de dialogue à Sanaa », suspendu avec le début des frappes de la coalition.

Lançant leur offensive à partir de leur fief à Saada dans le nord du pays, les Houthis, soutenus par l’Iran, ont déferlé en direction de la capitale Sanaa conquise entièrement en janvier, pris de vastes régions sur leur chemin et ont avancé vers Aden, plus au sud.

C’est dans cette ville que M. Hadi s’était réfugié avait de fuir en Arabie Saoudite voisine devant l’entrée des rebelles à Aden où les forces pro-Hadi continuent de leur résister, comme dans d’autres régions du pays.

En lançant sa campagne antirebelles, le royaume sunnite saoudien a affirmé chercher à contrer l’influence dans la région du grand rival chiite iranien accusé malgré ses démentis d’armer les Houthis.

Le conflit a fait près de 2.000 morts et poussé plus de 545.000 personnes à quitter leur foyer, selon l’ONU qui a déploré une détérioration des conditions de vie de la population qui manque de tout.

Vendredi, l’ONG « Action contre la faim » a appelé la coalition arabe à « lever immédiatement le blocus naval, terrestre et aérien », imposé au Yémen, et « dont les civils sont les premières victimes ».

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