Afghanistan: un commandant d’Al-Qaïda tué dans une frappe américaine

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Un commandant de haut rang d'Al-Qaïda en AfghanistanAbou Khalil al-Sudani, a été tué le 11 juillet 2015 dans une frappe aérienne américaine, a annoncé le Pentagone le 24 juillet 2015.(Compte Twitter/@al_gornal)
Un commandant de haut rang d’Al-Qaïda en Afghanistan Abou Khalil al-Sudani, a été tué le 11 juillet 2015 dans une frappe aérienne américaine, a annoncé le Pentagone le 24 juillet 2015.(Compte Twitter/@al_gornal)

Un commandant de haut rang d’Al-Qaïda en Afghanistan et deux autres insurgés ont été tués dans une frappe aérienne américaine, a annoncé le Pentagone vendredi.

Le Secrétaire à la Défense américain Ashton Carter à l’aéroport de Bagdad, le 23 juillet 2015. (POOL/AFP/Carolyn Kaster)
Abou Khalil al-Sudani, « un commandant opérationnel d’Al-Qaïda de haut rang », a été tué le 11 juillet dans la province de Paktika, a indiqué le Pentagone dans un communiqué distribué aux journalistes accompagnant le secrétaire à la Défense, Ashton Carter, en Irak.

« La mort d’al-Sudani porte un nouveau coup aux opérations d’Al-Qaïda dans le monde », a ajouté le Pentagone.

Al-Sudani était le responsable des attentats suicide et des explosifs au sein d’Al-Qaïda, selon la même source.

« Il a aussi dirigé des opérations contre la coalition (alliée en Afghanistan), les forces afghanes et pakistanaises et entretenait des liens étroits avec Ayman al-Zawahiri », le successeur d’Oussama ben Laden, a également indiqué le Pentagone.

Pour Ashton Carter, cité dans le communiqué, la mort d’al-Sudani témoigne du travail accompli sur le terrain par le général John Campbell, commandant des forces de l’Otan en Afghanistan. « Nous poursuivrons le combat contre la violence fondamentaliste dans la région et le monde », a-t-il déclaré.

Sa disparition dans un bombardement américain a été confirmée à l’AFP par deux membres des rébellions islamistes talibanes afghane et pakistanaise, proches d’Al-Qaida et très implantées le long de la frontière afghano-pakistanaise, où se trouve Paktika.

Il a été enterré en Paktika avec d’autres (combattants tués dans le bombardement) lors d’une cérémonie à laquelle assistaient une dizaine de rebelles, a précisé la source talibane afghane.

Selon le Pentagone, Al-Sudani était le responsable des attentats suicide et des explosifs au sein d’Al-Qaïda, a aussi dirigé des opérations contre les forces afghanes et pakistanaises et de l’Otan, et entretenait des liens étroits avec Ayman al-Zawahiri, le successeur d’Oussama Ben Laden.

C’était un important commandant, membre du conseil central d’Al-Qaïda dans la région, a confirmé à l’AFP la source talibane afghane.

Al-Sudani était responsable de l’entraînement des nouveaux combattants islamistes envoyés à travers l’Afghanistan, mais également du soutien financier aux groupes locaux proches d’Al-Qaïda qui en avaient besoin, a-t-elle ajouté.

Selon la source talibane pakistanaise, Al-Sudani, nom qui suggère une nationalité soudanaise, avait trouvé refuge l’an dernier dans la Paktika après avoir quitté le Pakistan et la zone tribale proche du Waziristan du Nord, où l’armée pakistanaise venait de lancer une vaste offensive contre les talibans et leurs alliés d’Al-Qaïda.

Au Waziristan du Nord, al-Sudani était plus connu sous le nom de Saifullah Khalil et vivait le plus clandestinement possible, le visage souvent enfoui dans un foulard, a-t-elle ajouté.

Il s’y déplaçait avec deux gardes du corps, et dans un véhicule transportant souvent des vestes bardés d’explosifs destinés aux combattants islamistes, selon la même source.

Concurrence de l’EI

Pour Ashton Carter, cité dans le communiqué du Pentagone, la mort d’al-Sudani témoigne du travail accompli sur le terrain par le général John Campbell, commandant des forces de l’Otan en Afghanistan. Nous poursuivrons le combat contre la violence fondamentaliste dans la région et le monde, a-t-il conclu.

Menacée au sein de la mouvance jihadiste mondiale par l’émergence du groupe Etat islamique (EI), Al-Qaïda, née à la fin des années 1980 dans la région afghano-pakistanaise, a perdu plusieurs hauts responsables ces derniers mois dans des bombardements aériens.

En juin et juillet, Nasser al-Wahishi, chef d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) et numéro 2 de l’organisation dans le monde, et le chef d’Al-Qaïda en Syrie, Muhsin al-Fadhli, ont été tués par des drones américains au Yémen et en Syrie. Selon le Pentagone, le second était à la tête d’un réseau d’anciens combattants d’Al-Qaïda, le groupe Khorassan.

Au Pakistan et en Afghanistan, bastions historiques d’Al-Qaïda, plusieurs groupes islamistes se sont également rangés sous la bannière de l’EI, un mouvement encore limité pour l’heure.

Depuis la fin de la mission de combat officiel de l’Otan en décembre dernier, 12.500 soldats étrangers restent déployés en Afghanistan pour former et de conseiller les forces afghanes.

Les frappes aériennes de la coalition se poursuivent néanmoins à un rythme soutenu: 106 en juin contre 41 en mai selon l’Otan, qui vise également les groupes ralliés à l’EI.

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