Ankara et Washington veulent renforcer leur coopération contre l’EI

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Le Général américain John Allen en mars 2012, alors qu’il était commandant de l’ISAF (DoD)
Le général des Marines à la retraite John Allen, qui a commandé les forces de la coalition en Afghanistan, coordonne pour l’administration Obama le combat de la coalition contre le groupe armé État islamique, travaillant avec les près de 40 pays à travers le monde qui ont accepté de participer à la lutte et les aidant à coordonner ce que chacun contribuera au combat. (DoD)

La Turquie et les États-Unis se sont promis de renforcer leur coopération pour lutter contre le groupe djihadiste État islamique (EI), a indiqué à l’AFP une source diplomatique turque au terme d’une visite à Ankara de hauts responsables américains.

« Nous avons discuté des moyens de renforcer la lutte contre Daesh (l’acronyme arabe de l’EI) (…) les parties ont procédé à un échange de vues pour renforcer la coopération et la coordination en la matière », a déclaré cette source sous couvert de l’anonymat.

« Ces discussions ont porté sur nos efforts conjoints dans le cadre d’une large coalition destinée à détériorer et détruire l’EI », a indiqué de son côté, un responsable de l’ambassade américaine, qui les a qualifiées de constructives.

L’ex-général américain, John Allen, accompagné de la sous-secrétaire américaine à la politique de défense Christine Wormuth, s’est entretenu mardi et mercredi dans la capitale turque avec des chefs militaires et le sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Feridun Sinirlioglu.

Selon le quotidien Hürriyet, les Américains ont profité de ces rencontres pour demander une nouvelle fois à leurs interlocuteurs turcs le droit d’utiliser la base d’Incirlik (sud de la Turquie) pour frapper les positions des djihadistes en Syrie.

La Turquie qui fait partie de la coalition anti-EI mais a jusque-là refusé de participer à toute action militaire.

Le gouvernement islamo-conservateur d’Ankara a notamment posé comme condition d’être informé en temps réel des opérations des forces de la coalition et souhaité que les zones de peuplement civils soient épargnées par les bombardements afin de prévenir un nouvel exode de déplacés vers sa frontière, a affirmé Hürriyet.

La Turquie accueille plus de 1,8 million de réfugiés syriens sur son sol.

La police turque a par ailleurs mené mercredi un nouveau coup de filet contre le groupe EI en interpellant à Ankara 12 personnes soupçonnées d’avoir organisé le passage clandestin de ses recrues en Syrie, a rapporté le quotidien Hürriyet.

La Turquie est considérée comme le principal point de passage des recrues, notamment européennes, de l’organisation jihadiste vers la Syrie.

Les pays occidentaux reprochent régulièrement à la Turquie sa complaisance vis-à-vis des organisations radicales en guerre contre le régime de Damas.

Ankara a toujours démenti ces allégations.

Depuis une dizaine de jours, les médias turcs affirment que le gouvernement islamo-conservateur d’Ankara envisage une opération militaire en Syrie pour repousser loin de ses frontières les jihadistes de l’EI et empêcher la progression des forces kurdes dans la zone frontalière avec la Turquie.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a toutefois assuré la semaine dernière que son pays n’envisageait pas d’opération imminente en Syrie.

Depuis que les milices kurdes de Syrie ont chassé à la mi-juin l’EI de la ville frontalière syrienne de Tall Abyad, Ankara s’inquiète de la création d’une zone autonome kurde dans le nord de la Syrie.

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