Anonymous accuse les renseignements canadiens d’avoir espionné Obama pour le compte de Harper

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Le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS). (Archives/SCRS)
Le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS). (Archives/SCRS)

Les services secrets canadiens disposent à l’étranger de 25 stations d’interception des échanges sur Internet et Ottawa a récemment déboursé 21 millions de dollars pour les rénover, selon un document confidentiel publié par le groupe de pirates informatiques Anonymous qui prétend même que le CTC aurait espionné Obama pour le compte de Stephen Harper.

Cette fuite d’informations sensibles a été révélée mardi par le National Post et a déclenché une enquête de la Gendarmerie royale ainsi que du Centre de la sécurité des télécommunications (CST, équivalent canadien de la NSA), selon la télévision publique CBC.

Portant la classification «secret», ce rapport du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) est daté du 6 février 2014 et fait le point sur «la sécurisation des infrastructures réseaux du Service dans ses stations à l’étranger», est-il indiqué dans le document consulté par l’AFP.

Le SCRS y déplore un «processus de traitement des données inefficace et laborieux» dont les «retards nuisent à l’efficacité du Service et mettent en danger ses agents».

Faute de logiciels modernes, les analystes travaillant au siège du service de renseignement, à Ottawa, «doivent examiner manuellement le grand volume d’informations reçues», souligne cette note.

En conséquence, un investissement de 21 millions de dollars canadiens est demandé au gouvernement afin de connecter « en temps réel » les stations d’interception à l’étranger au quartier général du SCRS. Cela « permettra au service de satisfaire les besoins croissants du gouvernement en informations collectées en temps réel à l’étranger », est-il souligné.

Dans son article, le National Post relève qu’Ottawa n’a jusqu’à présent reconnu l’existence que de trois stations d’opération du SCRS à l’étranger: à Washington, Londres et Paris. Le réseau est donc bien plus vaste et comprend « beaucoup » de stations d’interception « établies dans des pays en développement et/ou instables », est-il noté.

Le site du SCRS avait été visé fin juin par une cyberattaque et quelques jours plus tôt le groupe de pirates informatiques avait revendiqué la paralysie de plusieurs portails Internet d’agences fédérales.

Le Canada forme, avec les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le groupe des « Five Eyes », une alliance de services de renseignement dont la puissance a notamment été mise en lumière par les révélations de l’ancien analyste de la NSA Edward Snowden.

Les renseignements canadiens auraient espionné Obama pour le compte de Harper

Le groupe a également posté une vidéo alléguant que le Centre de la sécurité des télécommunications a poussé l’audace jusqu’à tenter d’espionner le président américain Barack Obama pour le compte du Premier ministre canadien Stephen Harper, mettant ainsi encore plus en danger le projet construction de l’oléoduc Keystone XL de l’Alberta au Canada par le biais de l’Illinois, du Texas et de l’Oklahoma. Il n’y avait aucune preuve posté pour cette réclamation.

Les documents et la vidéo ont été postés après que la Gendarmerie royale du Canada a ignoré un ultimatum du groupe Anonymous exigeant le groupe, l’arrestation d’un policier de la GRC qui avait fait feu la semaine dernière la semaine dernière sur un membre du groupe en Colombie-Britannique.

Dans la vidéo, un membre anonyme su groupe de pirates informatiques a déclaré que les récentes informations sur l’espionnage canadien à l’étranger n’étaient les premières d’une longue série qui sera bientôt rendue publique.

*Avec AFP

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