Barack Obama et Uhuru Kenyatta passent en revue les crises qui secouent l’Afrique de l’Est (VIDÉOS)

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Conférence de presse commune du président américain Barack Obama et de son homologue kenyan Uhuru Kenyatta le 25 juillet à la Kenyan State House à Nairobi, au Kenya. (White House)

Les présidents américain Barack Obama et kenyan Uhuru Kenyatta se sont exprimés samedi 25 juillet à l’issue d’un dialogue bilatéral qui a passé en revue les crises dans la région, des élections au Burundi à la lutte contre les shebab en Somalie, en passant par la guerre sud-soudanaise.

Le président américain a dénoncé le processus électoral burundais, qui a reconduit le président Pierre Nkurunziza au pouvoir pour un troisième mandat controversé,

L’élection présidentielle burundaise, qui a reconduit au pouvoir Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat controversé, n’était « pas crédible », a-t-il dénoncé samedi.

« Nous avons […] discuté du Burundi, où les récentes élections n’ont pas été crédibles », a déclaré le président américain à l’issue de son entretien avec son homologue kényan. « Nous appelons le gouvernement et l’opposition à se retrouver pour un dialogue qui aboutira à une solution politique à la crise et évitera la perte de davantage de vies innocentes ».

Barack Obama a aussi exigé la fin de « l’effroyable » guerre civile sud-soudanaise qui en 19 mois a fait des dizaines de milliers de morts.

Il a également promis une coopération renforcée au Kenya dans la lutte contre les islamistes somaliens shebab.

« Nous avons de façon systématique réduit les territoires que les shebab contrôlent. Nous avons pu réduire leur emprise réelle en Somalie et avons affaibli ces réseaux opérant ici en Afrique de l’Est », a-t-il déclaré.

« Cela ne veut pas dire que le problème est résolu », a-t-il cependant reconnu.

La lutte contre le « terrorisme » figure en tête du programme de la visite officielle de Barack Obama, la première dans le pays de son père depuis son accession à la Maison Blanche en 2009 et même la première d’un président américain en exercice.

Le Kenya est en proie à de spectaculaires et très meurtrières attaques des shebab depuis que son armée a commencé, fin 2011, à les combattre dans le Sud somalien.

Les États-Unis mènent de régulières attaques de drones contre le groupe islamiste en Somalie, privée de réel Etat central depuis près de 25 ans, et ont tué en septembre 2014 celui qui était alors le chef des insurgés, Ahmed Abdi Godane.

Les shebab sont affiliés à Al-Qaïda, qui avait perpétré un attentat contre l’ambassade américaine à Nairobi en août 1998, faisant 213 victimes auxquelles Barack Obama a rendu hommage samedi.

Sa visite a d’ailleurs été placée sous très haute sécurité, une partie de la capitale étant verrouillée et 10.000 policiers mobilisés.

‘Corruption’ à tous les niveaux

Dans la matinée, en ouvrant avec Uhuru Kenyatta un sommet mondial sur l’entrepreneuriat, Barack Obama avait tenu un discours plein d’optimisme sur une « Afrique en marche », où les gens « sortent de la pauvreté, les revenus sont en hausse, la classe moyenne croît ».

« C’est formidable d’être de retour au Kenya », avait-il ajouté. « Evidemment, cela a une valeur personnelle pour moi. Mon père venait du coin ».

Dans l’après-midi, il s’est montré plus critique, fustigeant notamment la corruption, le « plus important obstacle à une croissance plus rapide du Kenya ».

Les gens sont « systématiquement assommés par la corruption », à tous les niveaux, a-t-il déploré, pointant du doigt ces responsables se déplaçant au volant de voiture hors de prix ou se faisant construire des maisons bien au-dessus de leurs moyens.

Au fil des semaines, à mesure que la visite de l' »enfant du pays » approchait, la ferveur n’avait cessé de monter au Kenya. Samedi encore, les quotidiens ont consacré leurs « Unes » à M. Obama, né à Hawaï d’une mère américaine et d’un père kényan: « Kenya je suis là », « Le moment Obama », « Obama arrive »…

Cette visite a longtemps été empêchée par l’inculpation du président Kenyatta devant la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans les meurtrières violences postélectorales qui ont déchiré son pays fin 2007-début 2008. Mais ces poursuites ont été abandonnées en décembre, faute de preuves.

Barack Obama, qui terminait sa journée de samedi par un dîner au palais présidentiel, quitte dimanche soir le Kenya pour l’Ethiopie, autre allié-clé des Etats-Unis dans la lutte antiterroriste régionale, et siège de l’Union africaine.

Il compte en tout cas revenir en terre kényane une fois qu’il aura quitté la Maison blanche. « Je ne porterai peut-être pas de costume », a-t-il précisé.


Barack Obama, a terminé sa journée de samedi 25 juillet 2015 par un dîner au palais présidentiel kenyan. (White House)

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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