Colombie: les pays médiateurs demandent une désescalade urgente du conflit

0
Les représentants des pays garants au pourparlers de paix de La Havana entre les Farc et le gouvernement colombien, la norvégienne Idun Aarak Tvedt et le cubain Rodolfo Benitez (capture d'écran/45eNord.ca/Farc)
Les représentants des pays garants au pourparlers de paix de La Havana entre les Farc et le gouvernement colombien, la norvégienne Idun Aarak Tvedt et le cubain Rodolfo Benitez. (capture d’écran/45eNord.ca/Farc)

Les quatre pays accompagnant le processus de paix en Colombie – la Norvège, Cuba, le Chili et le Venezuela – ont appelé mardi le gouvernement et la guérilla des Farc à une désescalade urgente du conflit armé dans le pays, après une recrudescence des hostilités.

Les gouvernements cubain et norvégien, garants du processus du paix, ainsi que ceux du Chili et du Venezuela, en leur qualité d’accompagnants des pourparlers, lancent un appel aux parties pour une désescalade urgente du conflit armé, selon un communiqué lu devant la presse à La Havane par le diplomate cubain Rodolfo Benitez.

« Nous exhortons les parties à limiter au maximum les actions de tout type qui font des victimes et provoquent des souffrances en Colombie, et d’intensifier la mise en place de mesures favorisant la consolidation de la confiance entre les deux camps », a ensuite indiqué la diplomate norvégienne Idun Aarak Tvedt.

Pour les médiateurs, ces mesures sont essentielles en vue d’un accord sur trois des six points restant à l’agenda des pourparlers.

La délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a immédiatement salué l’appel.

« Nos sommes reconnaissants de l’appel aux parties qu’ont fait aujourd’hui les pays (…) en faveur d’une désescalade urgente du conflit armé », a déclaré le négociateur en chef de la guérilla, Ivan Marquez.

« Nous accueillons l’appel à une désescalade avec des engagements », a écrit de son côté le président colombien Juan Manuel Santos sur Twitter. « Nous proposons d’accélérer la négociation d’un cessez-le-feu définitif ».

Cet appel survient alors que les affrontements armés ont repris de plus belle depuis mi-avril dans le pays sud-américain, dans la foulée d’une embuscade tendue par les Farc à des militaires, qui a fait 11 morts parmi les soldats.

Mardi, deux militaires ont été tués, deux autres blessés et un cinquième porté disparu lors d’attaques contre l’armée attribuées aux Farc.

Ce regain de tension suit une période d’accalmie, à la faveur d’une trêve unilatérale observée par la guérilla d’extrême gauche de décembre à mai.

Depuis, une trentaine de rebelles ont été tués dans des opérations de l’armée et de récentes enquêtes révèlent des réserves au sein de la population sur le bien-fondé du dialogue de paix mené à Cuba depuis novembre 2012.

Ce dialogue est censé mettre fin à un conflit d’un demi-siècle – le plus ancien d’Amérique latine – qui a fait quelque 220.000 morts et plus de six millions de déplacés.

Mardi encore, une association, l’Organisation indigène d’Antiquia, a affirmé que 1.200 indigènes de cette région du nord-ouest de la Colombie avaient dû fuir leur maison devant les combats entre l’armée et les Farc.

Après l’avoir longtemps écarté, le gouvernement colombien a ouvert la porte samedi, pour la première fois, à un éventuel cessez-le-feu partagé sous certaines conditions.


La déclaration de 7 juillet 2015 des représentants des pays garants au pourparlers de paix de La Havana entre les Farc et le gouvernement colombien, la norvégienne Idun Aarak Tvedt et le cubain Rodolfo Benitez (Farc)

Les commentaires sont fermés.