Attentat à la voiture piégée revendiqué par l’EI contre le consulat d’Italie au Caire, 1 mort 9 blessés

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Des experts autour de la voiture piégée utilisée dans un attentat contre le consulat italien le 11 juillet 2015 au Caire. (AFP/Mohamed El-Shahed)
Des experts autour de la voiture piégée utilisée dans un attentat contre le consulat italien le 11 juillet 2015 au Caire. (AFP/Mohamed El-Shahed)

Une personne a été tuée samedi dans un attentat à la voiture piégée contre le consulat italien au Caire, le premier contre une mission diplomatique depuis le début il y a deux ans d’une vague d’attaques djihadistes en Égypte.
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Mise à jour au 11/07/2015 à 11h59

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué l’attentat contre le consulat italien au Caire qui a fait samedi un mort et neuf blessés, selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE.

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La déflagration, survenue aux environs de 06H30 locales (04H30 GMT), a soufflé une partie de la façade du consulat qui était alors fermé, laissant apparaître l’intérieur du bâtiment, situé au cœur de la capitale.

Un civil est mort et neuf personnes, des policiers et des passants, ont été blessées dans l’explosion, a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de la Santé Hossam Abdel Ghaffar.

Selon un responsable, l’enquête préliminaire du parquet a révélé qu’une voiture piégée était à l’origine de l’attentat, qui n’a pas encore été revendiqué.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a immédiatement réagi en affirmant que son pays ne se laisserait « pas intimider ». Il a précisé que l’attaque n’avait pas fait de victime italienne.

Depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, des groupes djihadistes ont multiplié les attentats visant les forces de l’ordre, tuant des centaines de policiers et de soldats.

Mais des diplomates avaient récemment indiqué à l’AFP que la police les avait avertis que les ambassades pourraient être prises pour cibles.

Samedi, les débris d’une voiture étaient éparpillés aux alentours du consulat, a constaté un journaliste de l’AFP. Une guérite en bois de la police à l’extérieur du consulat était aussi entièrement détruite, tandis qu’une cinquantaine de bâtiments publics et d’habitations privées ont été touchés par l’explosion, selon des responsables.

Le consul s’est rendu dans le bâtiment pour inspecter les énormes dégâts, refusant de parler à la presse.

Au téléphone avec son homologue italien, le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukri, a souligné que l’Egypte allait « poursuivre et intensifier ses efforts avec les différents pays du monde, dont l’Italie, pour lutter contre le terrorisme », selon un communiqué.

Et la France a condamné l’attentat, disant se tenir « aux côtés de l’Egypte et de l’Italie dans la lutte contre le terrorisme ».

Loi antiterroriste controversée

Les attentats les plus meurtriers ayant touché l’Égypte ces deux dernières années ont été perpétrés dans le nord de la péninsule du Sinaï.

Ils sont généralement revendiqués par la branche égyptienne du groupe djihadiste État islamique (EI).

L’organisation, qui contrôle de larges territoires en Irak et en Syrie, avait appelé ses partisans dans d’autres pays à s’attaquer aux intérêts occidentaux.

Et sa branche égyptienne avait lancé le 1er juillet des attaques sans précédent contre l’armée, faisant des dizaines de morts. L’armée a fait état de 21 soldats tués dans ces violences.

Le Caire et les villes du Delta du Nil ne sont pas épargnées par les attaques. Le 29 juin, le procureur général avait été assassiné dans la capitale dans un spectaculaire attentat à la bombe.

Après ces attentats, le président Abdel Fattah al-Sissi, l’ex-chef de l’armée architecte de la destitution de M. Morsi, avait promis une législation plus dure pour « lutter contre le terrorisme ».

Son gouvernement avait alors approuvé un projet de loi antiterroriste, qui n’a pas encore été promulgué après le tollé provoqué auprès des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme.

L’article 33 préconise deux ans de prison au minimum pour publication « de fausses informations sur des attaques terroristes qui contredisent les communiqués officiels ». Confronté aux critiques, le gouvernement a fait savoir qu’il pourrait revoir le texte.

Les groupes djihadistes disent agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les pro-Morsi, et dans laquelle plus de 1.400 personnes, en majorité des manifestants islamistes, ont été tuées.

Des dizaines de milliers de personnes ont par ailleurs été emprisonnées, tandis que des centaines ont été condamnées à mort dans des procès de masse expéditifs.

Les organisations internationales de défense des droits de l’Homme accusent régulièrement M. Sissi d’avoir instauré un régime plus répressif encore que celui de Hosni Moubarak, renversé en 2011 par une révolte populaire.

Mais les puissances occidentales, qui après l’éviction de M. Morsi avaient dénoncé la répression ciblant l’opposition, affichent désormais leur soutien aux autorités, M. Sissi se posant en fer de lance de la lutte contre le jihadisme dans la région.

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