En Éthiopie, Obama évoque la guerre au Soudan du Sud où la situation «continue de se détériorer»

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Le Premier ministre Hailemariam Desalegn (g) et le président américain Barack Obama, le 27 juillet 2015 à Addis-Abeba. (Simon Maina/AFP)
Le Premier ministre Hailemariam Desalegn (g) et le président américain Barack Obama, le 27 juillet 2015 à Addis-Abeba. (Simon Maina/AFP)

La situation au Soudan du Sud, ravagé par 19 mois de conflit civil, « continue de se détériorer », a affirmé lundi à Addis Abeba le président américain Barack Obama.

« Malheureusement, la situation continue de se détériorer. La situation humanitaire s’aggrave », a-t-il dit, appelant à un « accord de paix » entre belligérants dans « les prochaines semaines ». Le conflit sud-soudanais a déjà fait des dizaines de milliers de morts, selon des observateurs et chassé plus de 2,2 millions de personnes de chez elles.

Le président Barack Obama va discuter ce lundi en un mini-sommet avec les dirigeants africains d’un «plan B» pour le Soudan du Sud avec les dirigeants africains, qui pourrait inclure des sanctions ou d’autres pénalités si les belligérants e parviennent pas à un accord de paix d’ici la mi-août, a dit un responsable américain dont les propos sont rapportés par Reuters.

Toujours selon la même source, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IAD) le groupe de pays africains qui président aux pourparlers de paix entre le président sud-soudanais Salva Kiir et le dirigeant rebelle Riek Machar, a fixé le 17 août comme échéance pour les deux parties pour en arriver à un accord.

En cas d’impossibilité d »en arriver à un accord, le «plan B» qui serait alors appliqué pourraient comprendre un embargo et des sanctions visant les les actifs et les déplacements des individus. Les sanctions pourraient être mises en œuvre avec d’autres pays de la région, l’Union européenne ou les Nations Unies.

Les combats au Soudan du Sud, qui font rage depuis décembre 2013, ont fait des milliers de morts plus de 2,2 millions de déplacées. Quelque 40 pour cent de la population dépend de l’aide, en grande partie fournie par les États-Unis, pour survivre.

Obtenir un consensus parmi les pays qui participeront aujourd’hui à ce mini-sommet ne sera pas chose facile.

Actuellement, a noté un responsable américain, le Soudan arme et de soutient les rebelles de Riek Machar, tandis que l’Ouganda soutient le gouvernement de salva Kiir, l,aidant à défendre sa capitale, Juba, et à protéger son aéroport. Les États-Unis aimeraient voir l’Ouganda encourager Salva Kiir à accepter un accord «rationnel», a aoputé le responsable.

L’Éthiopie, les droits de l’Homme et la lutte contre les shebab

L’Ethiopie doit faire plus en matière de droits de l’Homme, a aussi affirmé lundi à Addis Abeba le président américain Barack Obama, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

Il reste du travail et je pense que le Premier ministre est le premier à admettre qu’il y a encore à faire, a-t-il dit.

Un peu plus tôt, M. Hailemariam avait lui-même assuré que l’engagement de son pays envers la démocratie est réel.

L’Ethiopie, partenaire-clé des États-Unis en matière de lutte antiterroriste, est régulièrement accusée de bafouer les droits de l’Homme et de faire taire les voix dissidentes.

La coalition au pouvoir, qui règne sur l’Ethiopie depuis un quart de siècle, vient encore de rafler tous les sièges au Parlement lors des dernières législatives.

Je crois que quand toutes les voix peuvent se faire entendre, un pays est plus fort, a plus de succès, a encore dit M. Obama, ajoutant cependant que son pays croyait dans les promesses de l’Ethiopie et de son peuple.

M. Obama par ailleurs salué le rôle du pays dans la lutte contre les islamistes somaliens shebab en Somalie.

L’Ethiopie est un partenaire-clé des États-Unis en matière de sécurité dans la Corne de l’Afrique. Addis Abeba participe à une force de l’Union africaine en Somalie (Amisom) qui combat les shebab aux côtés de l’embryon d’armée somalienne. Washington mène quant à elle de régulières attaques de drones contre les islamistes.

Barack Obama a également salué la coopération régionale contre les shebab et affirmé qu’il fallait maintenir la pression sur eux. Les islamistes ont à nouveau dimanche perpétré un attentat au véhicule piégé contre un hôtel de Mogadiscio abritant les ambassades de Chine, du Qatar et des Emirats arabes unis qui a fait au moins 13 morts.

Une des raisons pour lesquelles nous voyons les shebab reculer en Afrique de l’Est est que nous avons nos équipes régionales (…) avec des forces locales. Nous n’avons pas besoin d’envoyer nos propres Marines sur place pour combattre: les Ethiopiens sont des combattants suffisamment aguerris et les Kényans et les Ougandais font sérieusement leur travail en Somalie, a-t-il ajouté.

L’Amisom est composée de contingents éthiopien, kényan, ougandais, burundais et djiboutien.

A Addis Abeba, le président américain a par ailleurs dénoncé la détérioration continue de la situation au Soudan du Sud, plus jeune pays du monde ravagé par 19 mois de guerre civile.

Malheureusement, la situation continue de se détériorer. La situation humanitaire s’aggrave, a-t-il dit, appelant à un accord de paix entre belligérants dans les prochaines semaines. Le conflit sud-soudanais a déjà fait des dizaines de milliers de morts, selon des observateurs et chassé plus de 2,2 millions de personnes de chez elles.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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