Japon: des lieux de travail forcé de la Deuxième Guerre mondiale classés au patrimoine mondial

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L’île Hashima, appelée aussi Gunkanjima (île-navire de guerre), située au sud-ouest de Nagasaki, (Wikipédia)
L’île Hashima, appelée aussi Gunkanjima (île-navire de guerre), située au sud-ouest de Nagasaki, (Wikipédia)

Le Japon a obtenu dimanche le statut de patrimoine mondial pour de vieilles installations datant de la révolution industrielle de l’ère Meiji, dont certaines ont été un lieu de travail forcé durant la Deuxième Guerre mondiale, après avoir trouvé un accord avec la Corée du Sud pour reconnaître publiquement l’histoire liée à ces sites, rapportent les agences japonaise et sud-coréenne.

« Il y a eu un grand nombre de Coréens et autres personnes qui ont été amenés contre leur volonté et ont été forcés à travailler dans des conditions épouvantables dans les années 40 sur certains de ces sites », a déclaré l’ambassadrice du Japon auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), Kuni Sato, lors de la réunion annuelle du Comité du patrimoine mondial à Bonn, en Allemagne. Le gouvernement japonais «a également mis en place une politique de réquisition» durant la Deuxième Guerre mondiale, a-t-elle ajouté.

L’Unesco a décidé dimanche d’inscrire au patrimoine mondial de l’Humanité un ensemble de 23 lieux représentatifs de l’évolution industrielle du Japon sous l’Empereur Meiji, dont l’ajout à la liste était contesté par la Chine et la Corée du Sud.

Les 23 lieux présentés sont répartis sur onze sites, et offrent un échantillon des avancées industrielles extrêmement rapides du Japon sous l’empereur Meiji (1868-1910), dont le règne a coïncidé avec l’ouverture du pays.

Certaines des installations sont encore partiellement en activité, telles que les grues en porte à faux des chantiers navals de Mitsubishi Heavy Industries (MHI) à Nagasaki (sud). C’est la première fois que des sites encore opérationnels sont inscrits au patrimoine mondial.

La liste comprend également la mine de charbon d’Hashima, sur une île au large de Nagasaki, les chantiers navals Mietsu dans la même région, ainsi que d’anciennes usines sidérurgiques tout au nord du pays.

La décision sur les sites japonais était au cœur d’une querelle diplomatique, la Corée du Sud et la Chine soulignant que sept des endroits proposés ont été des lieux de déportation et de travaux forcés pour leurs ressortissants pendant l’occupation japonaise (1910-1945 pour la Corée, 1932-1945 pour la Chine).

La Corée du Sud estime ainsi que 57.900 Coréens ont été envoyés dans ces sept installations comme travailleurs forcés pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment à Hashima.

L’agence officielle Chine nouvelle a qualifié la demande d’inscription au patrimoine mondial d’opération de blanchiment de l’Histoire, alors que le Japon faisait valoir que sa requête portait sur une période antérieure.

Tokyo et Séoul avaient toutefois décidé d’enterrer la hache de guerre sur ce dossier, et selon la presse japonaise la Corée du Sud était prête à accepter l’inscription de ces sites au patrimoine mondial à condition que Tokyo ajoute une explication sur le fait que ces installations ont accueilli des travailleurs forcés.

*Avec AFP et Yonhap

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