La branche de l’EI en Égypte revendique les tirs de roquettes sur Israël

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L'État islamique revendique les tirs de trois roquettes GRAD depuis la péninsule du Sinaï qui ont explosé vendredi 3 juillet à Eshkol, dans le sud d'Israël (compte Twitter/@sayed_ridha)
L’État islamique revendique les tirs de trois roquettes GRAD depuis la péninsule du Sinaï qui ont explosé vendredi 3 juillet à Eshkol, dans le sud d’Israël (compte Twitter/@sayed_ridha)

La branche en Égypte du groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué vendredi dans un communiqué les tirs de roquettes depuis la péninsule du Sinaï qui ont explosé dans le sud d’Israël.

Un porte-parole militaire israélien avait auparavant indiqué que deux roquettes tirées dans l’après-midi depuis le Sinaï avaient atteint le sud d’Israël sans faire de victime.

« Trois roquettes Grad ont été tirées sur les (positions) juives en Palestine occupée », a indiqué dans un communiqué sur Twitter le groupe Province du Sinaï, qui a fait du nord de la péninsule égyptienne son bastion.

Se faisant autrefois appeler Ansar Beït al-Maqdess, ce groupe a changé de nom pour bien marquer son allégeance à l’EI qui a proclamé un califat sur les territoires conquis en Irak et en Syrie.

Dans son communiqué, le groupe accuse Israël d’avoir soutenu l’armée égyptienne durant les attaques qu’il a lancé mercredi contre les militaires égyptiens dans le nord du Sinaï et dit avoir agi en représailles à ce soutien présumé.

Mercredi, des combattants de la branche égyptienne de l’EI ont lancé une série d’attentats coordonnés contre des points de contrôle de l’armée dans le nord du Sinaï.

Des affrontements sans précédent ont ensuite opposé djihadistes et soldats, tandis que les chasseurs F-16 de l’armée bombardaient des positions du groupe extrémiste.

L’armée a fait état de 17 soldats et 100 djihadistes tués dans ces violences. Mais des responsables avaient auparavant annoncé la mort de 70 soldats et civils.

Dans un communiqué précédent, la branche de l’EI avait accusé Israël d’avoir participé aux affrontements de mercredi.

Le Hamas dément soutenir les attaques de djihadistes dans le Sinaï

Par ailleurs, Le Hamas au pouvoir à Gaza a qualifié vendredi de propagande les déclarations d’Israël qui l’accuse de soutenir les attaques djihadistes dans le Sinaï contre l’armée égyptienne, et multiplié les déclarations d’apaisement à l’égard de l’Égypte.

« Les déclarations de l’occupant (israélien) sur une aide apportée par le Hamas à l’État islamique (EI) sont des accusations stupides et relèvent d’une propagande visant à s’en prendre au Hamas », a affirmé à l’AFP le porte-parole du mouvement à Gaza, Sami Abou Zouhri.

Jeudi, un haut responsable militaire israélien avait accusé le Hamas d’avoir joué un rôle dans les attaques d’un groupe égyptien affilié à l’EI ayant fait des dizaines de morts, dont de nombreux soldats égyptiens, dans le Nord-Sinaï.

« Le Hamas a déployé des efforts et pris des mesures pour assurer la sécurité à la frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte », a ajouté M. Abou Zouhri. « Nous avons l’intention de préserver la sécurité de l’Égypte ».

Sur la chaîne Al-Quds, proche du mouvement islamiste, le numéro deux du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouq, a de son côté estimé que « la surenchère actuelle (des violences, NDLR) ne sert ni le peuple palestinien ni le peuple égyptien ».

« Ce qui se passe dans le Sinaï fait du tort à la bande de Gaza car le Sinaï est son unique ouverture sur l’extérieur, notre main est toujours tendue et nous voulons entretenir des relations avec les dirigeants égyptiens quels qu’ils soient car il s’agit de l’avenir du peuple palestinien », a-t-il ajouté.

Le Hamas a perdu à l’été 2013 son grand allié, le président égyptien Mohamed Morsi, destitué par le chef de l’armée d’alors Abdel Fattah al-Sissi, qui lui a ensuite succédé à la tête du pays. Depuis deux ans, les autorités égyptiennes répriment la confrérie des Frères musulmans de M. Morsi et accuse régulièrement le Hamas, qui en est issu, de soutenir les attaques sur son sol.

Depuis peu, la presse locale se fait régulièrement l’écho de rencontres entre des dirigeants du Hamas et de l’Égypte, sous la médiation d’autres mouvements palestiniens, pour tenter de réchauffer les relations, tombées au plus bas, notamment pour obtenir la réouverture du poste-frontière de Rafah vers l’Égypte.

Interrogé sur les relations avec son grand voisin, M. Abou Marzouq, longtemps exilé au Caire, a estimé qu’elles étaient très bonnes. « Nous avons parcouru un long chemin et mené de nombreuses tentatives pour des relations fortes et saines avec l’Égypte et nous pensons encore que ces relations ne sont pas seulement dictées par notre voisinage mais aussi par l’histoire, la géographie et les intérêts communs ».

« Malheureusement, a-t-il poursuivi, à chaque fois que nous nous entendons pour rouvrir Rafah, de telles attaques, condamnables, ont lieu dans le Sinaï ».

L’armée égyptienne affirme avoir détruit des centaines de tunnels utilisés pour faire passer clandestinement des combattants, des marchandises et des armes entre la bande de Gaza et le Sinaï.

Le Hamas est confronté à une montée en puissance dans l’enclave de groupes radicaux, de plus en plus actifs depuis la guerre contre Israël durant l’été 2014, et dont certains chercheraient l’adoubement de l’EI.

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