La jeune Israélo-Canadienne de 31 ans Gill Rosenberg partie combattre l’EI est de retour

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Une photo de Gill Rosenberg postée sur sa page Facebook le 12 juillet 2015 (Facebook/gila.rosenberg.7)
Une photo de Gill Rosenberg postée sur sa page Facebook le 12 juillet 2015 (Facebook/gila.rosenberg.7)

Gill Rosenberg, la jeune Israélo-Canadienne de 31 ans partie combattre les djihadistes aux côtés des Kurdes est de retour en Israël, a rapporté dimanche la chaîne de télévision d’information en continu internationale israélienne I24news.

« Gill Rosenberg est de retour. Il y a quelques jours encore, elle combattait arme à la main l’État islamique aux côtés des forces Kurdes en Syrie puis en Irak », indique I24news.

Alors qu’on a beaucoup parlé des Occidentaux qui se joignent à l’État islamique, Gill Rosenberg fait partie d’un nombre sans cesse croissant de volontaires qui, au contraire, décident à leur tour de partir lutter contre le groupe extrémiste sanguinaire qui fait régner la terreur dans les territoires qu’il contrôle en Irak et en Syrie.

Gill Rosenberg, elle, a été la première femme occidentale à avoir franchi le pas.

Elle était arrivée début novembre 2014 au Kurdistan pour combattre les djihadistes aux côtés des Kurdes, suscitant la reconnaissance et l’admiration de plusieurs.

Rumeurs de capture en décembre 2014

Des rumeurs de capture de la jeune Israélo-canadienne avaient été colportées par les djihadistes en décembre dernier.

Les rumeurs s’étaient propagées sur des sites djihadistes, relayées par des Palestiniens sur les réseaux sociaux selon lesquelles Gill Rosenberg, avait été enlevée alors qu’elle combattait dans les rangs des pershmergas, les forces kurdes, à Kobané, en Syrie.

« Le gouvernement du Canada explore tous les réseaux appropriés pour réunir davantage d’informations, et des responsables sont en contact étroit avec les autorités locales », avait alors affirmé le ministère canadien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Mais cela n’a pas été nécessaire: « Je suis saine et sauve », avait alors écrit Gill Rosenberg sur sa page Facebook en décembre pour mettre un terme aux rumeurs selon lesquelles elle aurait été capturée par l’Etat islamique. « Je ne peux répondre à personne pour le moment. J’ai l’opportunité par hasard de me connecter à Internet et c’est ainsi que j’ai vu les bêtises rapportées dans les informations. Ignorez-les », avait ajouté Rosenberg.

Retour difficile

Gill Rosenberg (tirée de Facebook)
Gill Rosenberg, dont la page Facebook indique qu’elle est née à White Rock, en Colombie-Britannique, a fréquenté l’école secondaire King David High School, puis a étudié l’aéronautique à l’Institut de technologie de Vancouver.

Domiciliée à Tel Aviv, elle est arrivé en Israël en 2006 où elle a joint l’armée israélienne, au sein de laquelle elle a servi en tant qu’instructeur pour les soldats kényans venus en Israël recevoir une formation en recherche et sauvetage.

À l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, donc, pas de comité d’accueil pour cette ancienne soldate de Tsahal partie combattre les djihadistes, mais deux heures passées à l’émigration pour réguler sa situation.

Rosenberg n’a pas qu’un passé héroïque: elle a été arrêtée en 2009 et extradé vers les Etats-Unis, après avoir été accusé d’avoir participé à une escroquerie internationale qui a dupé les retraités américains pour des sommes totalisant 25 millions de dollars. Reconnue coupable et condamnée à quatre ans de prison, elle avait été libérée et expulsé des États-Unis.

En outre, quelque soit la noblesse de la cause, la jeune femme n’en a pas moins violé violé la loi israélienne qui interdit aux citoyens israéliens de se rendre dans un pays ennemi et devra fort probablement à son retour faire face à la justice.

Israël ne permet pas à ses citoyens de décider, individuellement, de partir ainsi combattre en pays ennemi, même s’il s’agit de lutter contre les terroristes de l’État islamique.

Mais il y a une marge entre escroquer des retraités et violer, torturer et tuer des femmes et des enfants. Rosenberg ne pouvait rester indifférente aux atrocités commises par les combattants de l’EI. À son retour, la jeune femme a expliqué avoir décidé de s’engager pour des raisons humanitaires et idéologiques aux côtés de « ses frères » qui luttent contre l’État islamique, rapporte encore I24News.

« Je suis partie là-bas car je ne pouvais pas supporter de voir toutes ces femmes et ces enfants être violés, mutilés ou torturés, tués ou vendus en tant qu’esclaves sexuels. Je ne pouvais plus continuer à ne rien faire, j’ai senti que je pouvais faire quelque chose, que je devais y aller et aider comme je pouvais », a-t-elle ajouté.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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