L’accord nucléaire avec l’Iran, nouvelle page de l’histoire des relations internationales

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Les Secrétaires John Kerry et Ernest Moniz applaudissent la Sous-Secrétaire Wendy Sherman pour son travail sur l'accord nucléaire iranien à Vienne. (Department of State)
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Le président américain, Barack Obama, accompagné du vice-président Joe Biden, alors qu’il annonçait le 14 juillet à la Maison Blanche l’accord nucléaire avec l’Iran. (The White House)

Pendant que Washington se prépare à soumettre bientôt un projet de résolution à l’ONU, l’accord sur le nucléaire iranien peut être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les pays de la région du Golfe, a affirmé mardi un responsable des Émirats arabes unis, alors que l’Arabie saoudite déclarait pour sa part espérer bâtir de meilleures relations avec l’Iran après l’accord nucléaire.

L’Iran peut avoir un rôle (significatif, ndlr) dans la région à condition qu’il révise sa politique et cesse ses ingérences dans les affaires intérieures de pays comme l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen, a indiqué à l’AFP ce responsable émirati.

Cette orientation nouvelle qu’on espère voir accompagner l’accord historique sur le nucléaire témoignerait d’une volonté réelle de l’Iran de participer à éteindre les incendies qui dévorent la région, a-t-il ajouté. Cela éloignerait la région des discordes du confessionnalisme, de l’extrémisme et du terrorisme.

Il a souligné qu’en s’engageant sur cette voie, l’Iran enverrait un signal positif qui éviterait à la région (Moyen-Orient, ndlr) le cycle de prolifération nucléaire avec les risques que cela comporterait pour sa sécurité et sa stabilité.

« Sans cela, on ne pourra rien construire de positif et cela aura des conséquences sur la région et ses peuples », a-t-il averti.

Par ailleurs, l’agence officielle WAM a indiqué que les dirigeants émiratis avaient envoyé des télégrammes de félicitations au président iranien Hassan Rohani en espérant voir l’accord intervenu à Vienne renforcer la sécurité et la stabilité de la région.

Les Émirats, qu’un conflit oppose à l’Iran à propos de trois îlots du Golfe occupés par les forces iraniennes, ont de bonnes relations commerciales avec leur voisin chiite.

Mais ce pays comme ses partenaires du Conseil de coopération du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, se sont inquiétés à maintes reprises du programme nucléaire iranien. Ils craignent notamment de voir l’accord de Vienne renforcer l’influence de l’Iran dans la région.

L’émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, a également envoyé des télégrammes au guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et au président Rohani, pour les féliciter pour cet accord historique.

Il a espéré que celui-ci contribue à renforcer la paix et la stabilité dans la région et à orienter tous les efforts vers le développement des pays du Moyen-Orient.

L’Arabie saoudite espère bâtir de meilleures relations avec l’Iran après l’accord nucléaire

L’Arabie saoudite a souhaité mardi bâtir de meilleures relations avec l’Iran, après la conclusion d’un accord sur le dossier nucléaire, appelant Téhéran à ne pas s’ingérer dans les affaires internes des pays du Moyen-Orient.

Étant donné que l’Iran est un pays voisin, l’Arabie saoudite espère bâtir avec lui de meilleures relations dans tous les domaines sur la base du bon voisinage et de la non-ingérence dans les affaires internes, a souligné un porte-parole officiel, cité par l’agence officielle SPA.

« Avec la conclusion de cet accord, l’Iran se doit de mettre ses ressources au service de son développement et de l’amélioration des conditions du peuple iranien au lieu de provoquer des troubles qui susciteraient des réactions déterminées des pays de la région », a ajouté le porte-parole.

Les tensions ont été vives récemment entre l’Arabie saoudite et son principal rival régional, notamment sur le conflit au Yémen où Ryad mène une campagne de frappes aériennes contre des rebelles chiites soutenus par l’Iran. En Syrie, l’Arabie saoudite soutient les rebelles qui tentent de renverser le régime alors que Téhéran demeure le principal allié régional de Bachar al-Assad.

Washington va soumettre bientôt un projet de résolution à l’ONU

Les États-Unis proposeront bientôt à leurs partenaires du Conseil de sécurité de l’ONU une résolution entérinant l’accord nucléaire conclu mardi par l’Iran et les grandes puissances, a indiqué mardi l’ambassadrice américaine Samantha Power.

« Les États-Unis soumettront un projet de résolution au Conseil dans les prochains jours au nom du P5+1 et de l’Union européenne », a déclaré Mme Power dans un communiqué.

« Cette résolution », a-t-elle expliqué, « entérinera l’accord et prévoira d’autres mesures importantes, dont le remplacement de l’architecture actuelle de sanctions du Conseil de sécurité par les nouvelles restrictions contraignantes décidées à Vienne ».

Mme Power a dit vouloir travailler avec ses collègues du Conseil de sécurité pour assurer une adoption rapide de cette importante résolution.

Un responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat avait auparavant indiqué que le dépôt d’un tel texte se ferait probablement dès la semaine prochaine.

« Nous introduirons, probablement dès la semaine prochaine, une résolution soutenue par le P5 et nos collègues allemands », avait-il déclaré.

Les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) et l’Allemagne ont participé à la négociation de l’accord. Le projet de résolution a été lui aussi discuté au cours de cette négociation.

L’Iran est actuellement sous le coup de quatre séries de sanctions de l’ONU contenues dans sept résolutions adoptées depuis 2006 pour réagir aux activités militaires et balistiques de Téhéran.

L’ambassadeur néo-zélandais à l’ONU Gerard van Bohemen, dont le pays préside le Conseil en juillet, a précisé mardi à la presse qu’il n’avait pas encore de date pour un vote de la résolution.

« Je n’ai pas d’information officielle là-dessus pour le moment, a-t-il dit. Évidemment, le Conseil se tient prêt à agir dès que nous saurons quel est le plan », a-t-il ajouté.

Selon l’une des annexes de l’accord conclu à Vienne, la résolution doit être soumise pour adoption au Conseil sans tarder après la conclusion de l’accord.

La nouvelle résolution devra mettre fin aux dispositions contenues dans les sept résolutions précédentes mais il existe une possibilité de rétablissement des sanctions en cas de non-respect de l’accord par l’Iran, précise le texte.

*Avec AFP