Le chef du Pentagone en Israël et en Arabie, après l’accord avec l’Iran

0
Le Secrétaire américain à la Défense Ashton Carter discute de la publication du rapport annuel du ministère de la Défense sur l'agression sexuelle dans les forces armées américaines lors d'une conférence de presse au Pentagone, le 1er mai 2015. Carter a également annoncé des directives visant à renforcer davantage le programme de prévention de l'agression sexuelle et la réponse de son ministère (Maître de 2e classe US Navy Sean Hurt/DoD)
Le Secrétaire américain à la Défense Ashton lors d’une conférence de presse au Pentagone, le 1er mai 2015. (Archives/Maître de 2e classe US Navy Sean Hurt/DoD)

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter se rendra la semaine prochaine en Israël et en Arabie saoudite, deux pays où l’accord conclu mardi entre l’Iran et les grandes puissances a suscité une profonde inquiétude, a annoncé vendredi le Pentagone.

M. Carter se rendra également en Jordanie, selon le Pentagone.

Le ministre américain, qui rencontrera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mardi, vient renouveler les engagements américains pour la sécurité de ses alliés dans la région, notamment face au comportement déstabilisateur de l’Iran, a expliqué vendredi un haut responsable américain de la Défense.

Mais l’accord sur le nucléaire iranien ne va pas changer radicalement les liens du Pentagone avec les alliés des Etats-Unis dans la région, a estimé ce haut responsable, écartant notamment toute idée de compensations militaires pour Israël ou l’Arabie saoudite.

« Nous aurons des discussions sur une grande variété de sujets, dont les ventes d’armements (…) mais franchement ce sont les mêmes conversations que nous aurions eues s’il n’y avait pas eu d’accord sur le nucléaire iranien », a indiqué ce haut responsable.

« Nous sommes ouverts à toute discussion sur la coopération militaire, mais nous n’avons pas de grosses propositions ou annonces à faire aux Israéliens (…) ni aux Saoudiens », a estimé cette source.

La presse israélienne a rapporté que les autorités israéliennes, vent debout contre l’accord nucléaire avec l’Iran, pourraient chercher à obtenir des États-Unis une garantie d’intervention armée en cas d’attaque de l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait qualifié d’erreur historique l’accord historique conclu à Vienne qui limite les ambitions nucléaires de Téhéran, en échange de la levée progressive et réversible des sanctions qui étouffent son économie.

Parmi les autres compensations évoquées dans la presse israélienne figurent également une rallonge de l’aide militaire américaine, actuellement de 3 milliards de dollars annuels, ou bien des avions de combat ultra-modernes F-35 supplémentaires, dont 33 ont déjà été commandés.

« Nous restons engagés à maintenir une forte présence militaire au Moyen-Orient, particulièrement dans la région du Golfe et nous serons prêts à soutenir la sécurité de nos alliés, en particulier Israël », a souligné vendredi le haut responsable américain.

M. Carter sera lundi et mardi en Israël. Il se rendra ensuite en Arabie saoudite et en Jordanie selon un calendrier qui n’est pas encore complètement déterminé.

En Jordanie, M. Carter se rendra notamment sur la base aérienne dont était originaire le pilote jordanien brûlé vif par le groupe État islamique. Cette base, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière syrienne, est également utilisée par plusieurs pays de la coalition contre l’EI.

La lutte contre le groupe EI et l’extrémisme sunnite est l’autre grande thématique du voyage de M. Carter, a souligné le haut responsable américain.

La visite de M. Carter en Israël était prévue avant la signature de l’accord avec l’Iran.

Mais le président Barack Obama l’avait très vite annoncée publiquement après la signature de l’accord cette semaine à Vienne pour tenter d’apaiser les craintes.

La Maison Blanche a rapporté vendredi que le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, reçu par le président américain Barack Obama, avait toutefois bien accueilli l’accord, critiqué en privé par certains diplomates saoudiens.

Les commentaires sont fermés.