Le Mistral construit pour les Russes pourrait se retrouver au Brésil

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Le BPC Vladivostok, de classe Mistral, en juin 2014, à Saint-Nazaire. (Archives/Quoique/Wikimedia Commons)
Le BPC Vladivostok, de classe Mistral, en juin 2014, à Saint-Nazaire. (Archives/Quoique/Wikimedia Commons)

Le Mistral construit pour les Russes pourrait se retrouver au pays de la samba. La France pourrait proposer les Mistral au Brésil, qui constitueraient un avantage lors d’opérations militaires ou de sauvetage en mer, estime le réputé bimensuel américain The National Interest.

Le choix du Brésil comme acheteur pour les Mistral « russes » est plus réaliste que celui des États-Unis, de la Chine ou du Canada, cités auparavant, écrit Robert Farley, maître de conférences à l’Ecole de la diplomatie et du commerce international Patterson, dans un article publié aujourd’hui par le bimensuel américain d’affaires.

« Les États-Unis ne dépenseront pas leurs précieux fonds destinés à la construction navale pour un grand navire réalisé à l’étranger, et on ne permettra pas d’exporter une technologie militaire aussi avancée en Chine. Bien que le marché avec le Canada ait du sens, l’hésitation d’Ottawa face à l’augmentation de ses dépenses militaires rend la vente peu probable », note l’expert militaire.

La collaboration franco-brésilienne dans le domaine des achats militaires ne serait pas nouvelle, souligne Farley dans son article.

En 2000, le Brésil a acheté le porte-avions français Foch, qui avait alors 37 ans de service dans la Marine nationale française. Renommé São Paulo, le navire accueille un groupe aérien composé d’avions d’attaque A-4 Skyhawk. Hélas, en 2012, l’ex-Foch a subi un incendie important et l’unique porte-avions brésilien s’est alors retrouvé en travaux de remise en état et de modernisation.

Aujourd’hui, le Mistral permettrait au Brésil de devenir un leader lors des opérations militaires ou de sauvetage en mer, souligne encore Robert Farley, tandis qu’actuellement les pays d’Amérique du Sud sont dépendants des Etats-Unis dans les opérations de ce type. L’achat de navires de cette classe donnerait au Brésil la possibilité d’organiser des postes de commandement des opérations en mer et de mener des combats offensifs.

La France et la Russie se seraient entendus sur les pénalités

Moscou et Paris ont préparé un projet d’accord sur les porte-hélicoptères Mistral, le document sera signé après avoir reçu l’approbation des gouvernements des deux pays, avait annoncé la semaine dernière une source au sein de la coopération militaire et technique, cité par l,agence officielle russe Ria-Novosti.

En juin, la Russie et la France avaient trouvé un accord sur le montant des pénalités.

« Au cours du mois de juin, nous avons réussi à trouver un accord sur la somme que la France doit verser à la Russie en compensation de la non-livraison des Mistral. Ceci à titre préalable, car la décision doit maintenant être approuvée par les gouvernements des deux pays », avait précisé à RIA Novosti cette source proche du dossier.

Les médias ont auparavant annoncé que la France était prête à rembourser à la Russie près de 800 millions d’euros (i, 12 milliard $ CAD) tandis que Moscou en demandait 1,1 milliard (1,54 milliard $ CAD). On croit maintenant que les deux pays se seraient entendus pour une somme qui devrait tourner autour de 900 millions (1,26 milliard $ CAD)

Le constructeur naval français DNCS/STX avait signé en juin 2011 un contrat de 1,2 milliard d’euros prévoyant la construction de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de classe Mistral pour la Russie.

La livraison du premier des deux navires, le Vladivostok, aurait dû avoir lieu à l’automne 2014, mais elle a été suspendue par le président François Hollande au motif que les conditions « n’étaient pas réunies » en raison de la crise ukrainienne.

*Avec Ria Novosti et The National Interest

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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