Les ambassades américaine et cubaine à La Havane et à Washington enfin réouvertes

0
À gauche, l'ambassade américaine à Cuba, à droite, l'ambassade cubaine à Washington. (AFP)
À gauche, l’ambassade américaine à Cuba, à droite, l’ambassade cubaine à Washington. (AFP)

Ça y est, après plus d’un demi-siècle, à minuit dans la nuit de dimanche 19 à lundi 20 juillet 2015, les États-Unis et Cuba ont de nouveau ouvert leurs ambassades à La Havane et à Washington et le drapeau cubain flottera aujourd’hui à Washington pour la première fois depuis 1961.

Les bâtiments dans chaque capitale ont ouvert automatiquement leurs statuts d’ambassades à la première minute du 20 juillet, conséquence de l’accord sur rétablissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba, après plus d’un demi-siècle de tensions héritées de la Guerre froide, et ouvrant un nouveau chapitre de l’histoire des relations entre les deux pays.

Il s’agit là de la plus récente du rapprochement qualifié d’historique entre Barack Obama et Raul Castro en avril dernier au Sommet des Amériques au Panama quand, assis côte-à-côte devant la presse, les deux hommes ont pris la parole chacun leur tour, avant une poignée de mains sous les flashs, pour ensuite se retirer pour un entretien à huis-clos d’une heure, le premier entretien entre deux présidents américain et cubain depuis 1956.

Fin mai, Washington avait retiré La Havane de la liste noire des États « soutenant le terrorisme », étape cruciale qui ouvrait la voie à un échange d’ambassadeurs. Puis, le 1er juillet, Washington et La Havane annonçaient avoir trouvé un accord pour rétablir des relations diplomatiques et ouvrir des ambassades dans leurs capitales respectives.

Les relations diplomatiques étaient rompues depuis 1961 et ce n’est qu’en 1977 que des sections d’intérêts dans les anciens locaux des ambassades avaient été ouvertes. Aujourd’hui, les « sections d’intérêt » deviennent enfin de vrais ambassades.

À Washington, une cérémonie a eu lieu lundi en après-midi en présence du ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez Parrilla, la première visite d’un chef de la diplomatie cubaine depuis 1959. Une importante délégation cubaine est attendue parmi les 500 invités qui verront le drapeau cubain hissé au-dessus de l’ambassade.

Était aussi de la délégation cubaine l’un des artisan du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, Josefina Vidal Ferreiro, directrice générale des États-Unis au ministère cubain des Affaires étrangères et membre du Comité central.

Parmi les invités à la réouverture de l’ambassade cubaine à Washington ce lundi, on retrouvsit, de souligner le ministère cubain des Affaires étrangères, des représentants du gouvernement américain avec, à leur tête, la Secrétaire d’État adjointe Roberta Jacobson qui a œuvré au rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, des membres du Congrès, le corps diplomatique à Washington, des représentants d’organisations non gouvernementales, des gens d’affaires, des universitaires, des chefs religieux, des cubains résidents aux États-Unis, des groupes de solidarité et « de nombreux amis de Cuba qui ont soutenu une relation différente entre les deux pays au cours des années ».

À La Havane, aucune cérémonie n’était par contre prévue lundi, puisque les diplomates attendront la venue du secrétaire d’État John Kerry cet été, à une date non encore annoncée, pour hisser le drapeau américain. La dernière visite d’un secrétaire d’État américain dans l’Île de Cuba remonte à 1945.

Maintenant que sont rétablies les relations diplomatiques, « la première partie du processus » amorcée l’an dernier selon le président Raul Castro, il reste cependant encore plusieurs questions à régler, tout particulièrement la levée de l’embargo américain. Pour que cet embargo soit totalement levé, il faudra toutefois l’aval du Congrès dominé par les républicains.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.