L’Ukraine annonce la suspension de ses achats de gaz à la Russie

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Un gazoduc près de Kiev, en Ukraine, le 4 mars 2014 (Archives/Andrey Sinitsin/AFP)
Un gazoduc près de Kiev, en Ukraine, le 4 mars 2014 (Archives/Andrey Sinitsin/AFP)

L’Ukraine a annoncé mardi la suspension immédiate de tous ses achats de gaz à la Russie après l’échec de négociations sur les prix, auxquelles participait l’UE, qui visaient à maintenir l’approvisionnement du pays pour les prochains mois.

La compagnie publique Naftogaz a déclaré dans un communiqué qu’elle continuerait toutefois à assurer le transit du gaz russe par l’Ukraine vers les autres clients européens.

Naftogaz explique dans un communiqué sa décision par le fait que son accord avec le géant gazier russe Gazprom expirait le 30 juin et que les conditions de futures livraisons de gaz russe n’ont pas fait l’objet d’un accord lors de discussions trilatérales aujourd’hui (mardi) à Vienne.

L’acheminement du gaz à travers l’Ukraine pour les clients européens de Gazprom continuera en totalité, poursuit le communiqué.

La Commission européenne avait annoncé lundi que l’UE, la Russie et l’Ukraine devaient tenter mardi à Vienne de finaliser un accord pour assurer l’approvisionnement en gaz russe de l’Ukraine et de l’Europe pour l’hiver prochain.

La commission avait ajouté que la réunion devait avoir lieu entre son vice-président chargé de l’Énergie, Maros Sefcovic, et les ministres russe et ukrainien compétents, Alexandre Novak et Volodymyr Demtchichine, en présence des dirigeants de Naftogaz et de Gazprom.

Une source européenne avait fait état de progrès lors de rencontres techniques, devant être finalisés par les parties politiques.

L’Union européenne souhaitait un accord qui couvre au moins la période de l’hiver, jusqu’à fin mars, selon cette source.

Un tel paquet hiver avait finalement été conclu en octobre 2014 via une médiation européenne, après que Moscou eut provisoirement coupé le gaz à Kiev. Cet accord 2014-2015 avait été provisoirement prorogé en mars, pour expirer le 30 juin.

Gazprom et Naftogaz sont engagés dans un bras de fer depuis l’arrivée d’un gouvernement pro-occidental à Kiev début 2014 et les tensions avec Moscou dans l’est ukrainien, contrôlé par des séparatistes pro-russes.

Moscou a augmenté le prix du gaz livré à son voisin, qui refuse de payer. Ce conflit inquiète l’Union européenne puisque près de 15% du gaz consommé en Europe transite par le territoire ukrainien.

Kiev pour sa part compte de plus en plus sur des livraisons de gaz provenant d’Europe centrale et de Norvège.

Gazprom estime que ces livraisons sont souvent illégales parce qu’elles peuvent porter sur du gaz venant initialement de Russie, qui est ensuite revendu à l’Ukraine par d’autres pays européens.

Le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak a déclaré que la décision de Kiev était malheureuse, et a déploré qu’une réduction de prix proposée par Moscou n’ait pas été acceptée, a rapporté l’agence russe RIA Novosti.

La Russie avait proposé de maintenir son tarif pour l’Ukraine à 247,18 dollars pour 1000 M3 de gaz jusqu’à fin septembre, soit un rabais estimé à 40 dollars par rapport au prix que Moscou pouvait appliquer en fonction d’accords antérieurs. Mais M. Novak a accusé Kiev de réclamer une réduction équivalent à 86 dollars.

Le communiqué ukrainien quant à lui indique que Kiev cherchait à obtenir un accord rédigé et consolidé de manière à assurer à chaque partie qu’il serait honoré.

La Commission européenne a reconnu que les positions de Kiev et Moscou restaient encore très éloignées. Le commissaire Sefcovic a indiqué dans un communiqué qu’il allait faire des propositions pour relancer les discussions.

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