Nord-est du Nigeria: une trentaine de morts dans des attaques islamistes

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Des maisons incendiées dans un village nigérian près du lac Tchad, le 6 avril 2015 (Archives/Philippe Desmazes/AFP)
Des maisons incendiées dans un village nigérian près du lac Tchad, le 6 avril 2015 (Archives/Philippe Desmazes/AFP)

Une trentaine de personnes ont été tuées lors d’attaques perpétrées par le groupe islamiste Boko Haram sur trois localités du nord-est du Nigeria, ont rapporté mercredi des responsables locaux et des habitants.

Ces trois attaques ont eu lieu mardi après-midi dans l’État de Borno, épicentre de l’insurrection. Elles illustrent la flambée de violences islamistes au Nigeria depuis l’arrivée au pouvoir du président Muhammadu Buhari le 29 mai: plus de 660 personnes ont été tuées par Boko Haram en un mois et demi.

Vers 16h00 (15h00 GMT), un camion transportant des déplacés qui retournaient chez eux dans la ville de pêcheurs de Baga, au bord du lac Tchad, a été attaqué par des hommes armés, au niveau du village de Garin-Giwa.

Baga a été en janvier le théâtre d’un des pires massacres commis par Boko Haram: plusieurs centaines de personnes avaient été abattues, poussant la population à quitter la ville pour se réfugier à Maiduguri, la capitale de l’État de Borno.

Certains de ces déplacés, qui avaient loué un camion pour rentrer chez eux après des mois d’exil, ont été attaqués mardi à 4 km de Baga, selon Abubakar Gamandi, le président du syndicat des pêcheurs de l’État de Borno.

« Les hommes armés de Boko Haram (…) ont ouvert le feu sur leur véhicule, obligeant des dizaines d’hommes à fuir dans la brousse. Ils ont quand même appréhendé huit passagers et leur ont tiré dans la tête », a-t-il déclaré à l’AFP.

Babakura Kolo, membre d’une milice qui prête main forte à l’armée contre les islamistes dans cette région, a donné le même récit depuis Maiduguri, et confirmé ce bilan.

Vers 17h00 (16h00 GMT), c’est le village de Ngamdu, situé à l’est de Maiduguri, qui était attaqué.

« Les hommes armés de Boko Haram ont monté une barricade sur l’axe Damaturu-Maiduguri (…) et se sont mis à attaquer les automobilistes » a indiqué à l’AFP Mohammed Sando, député de cette région. « Ils ont tué plus de 20 personnes selon les informations que l’on m’a transmises », a-t-il poursuivi.

Haruna Kabil, un chauffeur de bus qui a traversé Ngamdu mercredi, a confirmé avoir vu de la fumée s’échapper des maisons en ruines et que de nombreuses personnes avaient été tuées, selon les dires de ses passagers.

Plus tard mardi, une attaque a également eu lieu dans la ville de Damasak.

« Pour l’instant nous avons retrouvé cinq corps, a indiqué Buba Ari, un habitant. Mais d’autres continuent les recherches. Nous pensons que le bilan est plus élevé », a-t-il précisé.

Damasak avait été conquise par Boko Haram puis reprise en mars grâce à l’intervention des forces nigériennes et tchadiennes.

« Les soldats tchadiens sont restés à Damasak et ils nous ont conseillé d’évacuer ces trois derniers jours, parce qu’ils allaient se retirer », a raconté M. Ari.

« Pour la plupart nous avons suivi leur conseil et nous avons traversé la frontière pour nous rendre à Diffa, localité nigérienne voisine », a-t-il poursuivi.

« Malheureusement, certains sont repartis chercher des effets personnels, et c’est alors que des hommes armés de Boko Haram les ont attaqués », a ajouté cet habitant.

Le président Buhari a fait de la lutte contre Boko Haram la priorité de son mandat, et remplacé lundi tous les chefs de l’armée.

Dans la période de flottement qui a suivi son investiture et dans l’attente du déploiement, prévu fin juillet, d’une force de 8.700 hommes montée par le Nigeria et ses voisins, les attaques se sont enchaînées à un rythme quotidien dans son pays. Le groupe islamiste a aussi commis ces derniers jours des attentats-suicides au Cameroun et au Tchad.

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