Projet d’attentat contre Via Rail: encore une expertise psychiatrique pour le Montréalais Chiheb Esseghaier

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Croquis d'audience réalisé par Atalante de Chiheb Esseghaier, accusé d'avoir voulu faire dérailler un train de voyageurs, comparaissant devant un tribunal de Montréal, le 23 avril 2013 (Photo: Atalante/AFP)
Croquis d’audience réalisé par Atalante de Chiheb Esseghaier. (Photo: Atalante/AFP)

Chiheb Esseghaier, déclaré coupable d’avoir fomenté le déraillement d’un train de passagers entre New York et Toronto pour le compte d’une organisation terroriste, devra subir un nouvel examen psychiatrique afin de déterminer s’il est apte à purger sa peine.

Le tribunal de Toronto, chargé de fixer la peine de deux individus reconnus coupables en mars d’avoir préparé un attentat, a demandé mercredi un second examen psychologique pour Chiheb Esseghaier.

Ce Tunisien ingénieur de formation et étudiant en doctorat à Montréal avait subi un premier examen psychiatrique avant son procès.

Le juge Michael Code a estimé que cette expertise contenait plusieurs failles et qu’il était nécessaire de procéder à un nouvel examen afin de déterminer l’état mental d’Esseghaier.

Sans la trouver justifiée, le juge a cependant accepté la demande du procureur général.

Il n’a jamais été fait mention de l’état psychiatrique de Chiheb Esseghaier tout au long du procès l’hiver dernier. Mais la psychiatre qui l’avait examiné a conclu qu’il souffrait de schizophrénie lors de l’audience de détermination de la peine la semaine dernière.

A l’audience, le juge Code a décrit Esseghaier comme un homme adulte intelligent et éduqué. Pour le magistrat, à aucun moment au cours du procès il n’y a eu un indice laissant penser que l’accusé n’était pas en mesure d’être jugé.

Chiheb Esseghaier, vêtu d’un vêtement de prisonnier orange, a soutenu qu’il allait mourir prochainement, puisque Allah allait venir chercher son âme à 33 ans, tout comme le prophète Jésus.

Réclamant à plusieurs reprises d’être jugé selon la loi coranique, il a toujours refusé d’être assisté d’un avocat lors de son procès.

S’opposant pour l’instant à tout traitement médical, rien ne permet de croire qu’il acceptera de subir un nouvel examen psychiatrique. Le juge a exigé un rapport d’ici 30 jours, peu importe la décision de M. Esseghaier.

La décision de surseoir au prononcé de la peine dans l’attente de cette expertise psychiatrique plonge ce procès dans une impasse pour Raed Jaser, le deuxième homme reconnu coupable dans cette affaire.

L’avocat de Raed Jaser, un Palestinien né aux Émirats Arabes Unis, n’a pas écarté de faire appel de la condamnation de son client si il est avéré qu’il a été jugé avec un individu inapte à l’être.

Avant cet éventuel recours, Raed Jaser doit attendre le prononcé de la peine, un processus pour l’instant suspendu.

Les deux hommes avaient été arrêtés en avril 2013 et reconnus coupables le 20 mars dernier d’avoir voulu perpétrer une attaque pour le compte d’Al-Qaïda en faisant dérailler un train de voyageurs entre le Canada et les Etats-Unis. Les deux hommes âgés d’une trentaine d’années sont passibles de la prison à perpétuité.

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