Sanaa bombardée malgré l’entrée en vigueur d’une trêve au Yémen

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De la fumée après les bombardements de la coalition menée par l'Arabie saoudite sur Sanaa au Yémen, le 2 juillet 2015. (Archives/Mohammed Huwais/AFP)
De la fumée après les bombardements de la coalition menée par l’Arabie saoudite sur Sanaa au Yémen, le 2 juillet 2015. (Archives/Mohammed Huwais/AFP)

Des raids aériens menés par la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite ont touché les villes yéménites de Sanaa et Taëz tôt samedi, ont rapporté des habitants. Les bombes ont été lâchées deux heures après l’entrée en vigueur d’une trêve obtenue par l’ONU.

Cette trêve est censée durer une semaine, jusqu’au 17 juillet, soit la fin du ramadan, le mois de jeûne pour les musulmans. Elle vise à permettre l’acheminement de l’aide aux 21 millions de Yéménites victimes depuis plus de trois mois des bombardements et de la guerre civile.

Les raids de samedi visaient des cibles militaires yéménites.

Dans une déclaration unanime vendredi, les 15 pays membres du Conseil de sécurité avaient « demandé instamment à toutes les parties prenantes au conflit de faire preuve de retenue au cas où des incidents isolés viendraient rompre cette trêve, et d’éviter toute escalade ».

« Tous les belligérants devront suspendre leurs opérations militaires pendant la pause » et « aucune partie prenante au conflit ne doit profiter de la pause pour déplacer des armements ou s’emparer de territoires », avait aussi affirmé le Conseil. Il avait demandé « à toutes les parties de faciliter la livraison urgente d’aide humanitaire dans tout le Yémen ».

« Aucune preuve »

Des belligérants avaient cependant exprimé leurs doutes sur l’engagement du camp adverse à respecter la trêve. Peu avant le début annoncé de la trêve, le chef des rebelles Abdel Malek al-Houthi avait notamment fait savoir qu’il nourrissait « peu d’espoir » quant à son « succès », qui devait dépendre « de l’engagement du régime saoudien et d’un arrêt total de son agression ».

La coalition de pays arabes n’avait elle pas fait de commentaires. « Je crois que la coalition n’a reçu (…) aucune preuve d’engagement de l’autre partie », avait toutefois déclaré un responsable saoudien sous couvert de l’anonymat. « Nous pensons que cette pause sera inutile », avait-il dit.

Les avions de la coalition arabe ont continué vendredi à frapper des positions de la rébellion chiite soutenue par l’Iran, notamment au nord de la capitale yéménite, à Aden et à Saada, selon des témoins. Ils bombardent les Houthis depuis fin mars avec pour objectif de permettre le retour au pouvoir du président Abd-Rabbou Mansour Hadi, qui a dû se réfugier à Ryad face à l’avancée des rebelles.

Les frappes aériennes et les combats ont fait plus de 3000 morts.

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