Tunisie: la police a abattu trois dirigeants du principal groupe jihadiste

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Un agent de la brigade antiterroristes tunisienne. (Archives/AFP)
Un agent de la brigade antiterroristes tunisienne. (Archives/AFP)

Trois dirigeants du principal groupe extrémiste armé tunisien, lié à Al-Qaïda, figurent parmi les cinq jihadistes abattus vendredi par la police, a annoncé le ministre de l’Intérieur Najem Gharsalli.

Les forces de l’ordre ont tué cinq éléments terroristes dangereux, dont trois principaux dirigeants de la Phalange Okba Ibn Nafaa (…). Pas de simples (éléments), mais des poids lourds, a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse dimanche soir.

La Phalange Okba Ibn Nafaa, une branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), est l’auteure de plusieurs attaques meurtrières contre les forces armées tunisiennes. Selon Tunis, elle est aussi responsable de l’attentat contre le musée du Bardo le 18 mars, bien qu’il ait été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).

Cette opération a cassé le dos de la Phalange Okba Ibn Nafaa, je peux dire jusqu’à 90%, a assuré le ministre.

Les trois hommes tués sont des prolongements du chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel, et du chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, selon lui.

Ils ont été identifiés comme Mourad Gharsalli, l’un des jihadistes les plus recherchés de Tunisie, Hakim Hazi et l’Algérien Lounis Aboul Fath. Les deux autres personnes abattues vendredi par la police n’ont pas encore été identifiées, selon la même source.

Cette cellule se préparait à exécuter une série d’opérations et a embrigadé des aspirants jihadistes avant de les aider à rejoindre des zones de conflit, a-t-il encore dit. Elle avait aussi selon lui l’intention de mettre sur pied un camp dans la région de Gafsa (centre), à l’instar de ce qu’il y a à Chaambi.

Le mont Chaambi, à la frontière avec l’Algérie, est le principal maquis jihadiste de Tunisie. Les autorités tentent d’en déloger des groupes armés depuis fin 2012.

Le chef de la Phalange Okba Ibn Nafaa, Lokmane Abou Sakr, accusé par Tunis d’avoir dirigé l’attentat du musée du Bardo, avait été tué fin mars lors d’une opération des forces spéciales dans la région de Gafsa, ainsi que plusieurs autres jihadistes.

L’attentat du Bardo, qui a fait 22 morts dont 21 touristes, a toutefois été revendiqué par l’EI, tout comme celui qui a provoqué la mort de 38 touristes le 26 juin dans un hôtel de la zone touristique de Port El Kantaoui (centre-est). Tunis a jugé possible une scission au sein de la Phalange Okba Ibn Nafaa, dont une partie aurait rejoint l’EI.

Il n’y a pas encore de présence en Tunisie d’une organisation structurée appelée Daech. Cela n’empêche pas l’existence de certains éléments ayant prêté allégeance à Daech dans le pays, a dit M. Gharsalli, utilisant un acronyme arabe de l’EI.

Depuis sa révolution en janvier 2011, la Tunisie fait face à une progression de la mouvance jihadiste, responsable de la mort de plusieurs dizaines de policiers et de militaires ainsi que de 59 touristes étrangers.

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