Turquie: au moins 27 morts dans un attentat suicide dans une ville proche de la Syrie (VIDÉO)

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Photo prise sur les lieux de l'attentat suicide du 20 juillet 2015 à Suruç, une ville turque près de la frontière syrienne. (Dicle News Agency/AFP)
Photo prise sur les lieux de l’attentat suicide du 20 juillet 2015 à Suruç, une ville turque près de la frontière syrienne. (Dicle News Agency/AFP)

Au moins vingt-sept personnes ont été tuées et près d’une centaine d’autres blessées lundi lors d’un attentat suicide qui a frappé la ville turque de Suruç (sud), à proximité de la frontière et de la ville syrienne de Kobané, a annoncé le ministère turc de l’Intérieur.

Un responsable turc a confirmé à l’AFP que la déflagration s’était produite dans le jardin d’un centre culturel de Suruç, qui fait face à la ville syrienne de Kobané d’où les djihadistes du groupe État islamique (EI) ont été chassés en janvier après quatre mois d’intenses combats face aux milices kurdes de Syrie.

De nombreuses ambulances et un important dispositif de policiers et de sauveteurs a immédiatement été dépêché sur les lieux, selon les images des télévisions turques.

L’attentat de Suruç s’est produit alors que des associations turques proches de la gauche s’apprêtaient à annoncer leur volonté de traverser la frontière pour se rendre à Kobané. Ce groupe résidait au centre culturel de Suruç cible de l’attentat.

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La ville de Suruç accueille des milliers de réfugiés Kurdes de Syrie qui ont quitté la région de Kobané lors de l’offensive lancée par les combattants d’EI en septembre dernier.

Cette attaque et les violents combats qui ont suivi pendant quatre mois ont provoqué l’exode de quelque 200.000 personnes vers la Turquie voisine. Selon les autorités locales turques, seuls environ 35.000 Syriens ont regagné leur pays depuis la fin de la bataille.

Fin juin, le groupe EI a mené une attaque surprise à Kobané, marquant son retour à l’intérieur de la ville par trois attentats suicides. Les combats qui ont suivi ont entraîné la mort de plus de 120 civils.

Après quelques jours, les milices kurdes avaient repris le contrôle total de la ville.


Vidéo de l’explosion (Zete)

Un deuxième attentat suicide, à Kobané, cette fois

Peu après cette première explosion, une autre attaque à la voiture piégée a visé un barrage de sécurité établi par les milices kurdes dans le sud de Kobané, de l’autre côté de la frontière, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Un kamikaze a fait exploser un véhicule piégé à un point de contrôle dans le sud de Kobané. Deux combattants kurdes ont été tués par l’explosion », a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahman, le directeur de cette ONG qui dispose d’un très large réseau d’informateurs sur le territoire syrien.

Cette attaque quasi-simultanée côté syrien « renforce nos suspicions » envers le groupe Etat islamique, a indiqué à l’AFP le responsable turc.

Opérations contre les filières djihadistes

L’attentat suicide intervient quelques semaines après le renforcement par les autorités turques de son dispositif militaire à la frontière syrienne, au lendemain de la victoire remportée par les milices kurdes de Syrie face aux combattants djihadistes dans la bataille pour le contrôle d’une autre ville frontalière syrienne, Tall Abyad.

Selon les analystes, cette décision du gouvernement islamo-conservateur turc visait à la fois à contrer le groupe EI mais aussi à bloquer l’avancée dans le nord de la Syrie des forces kurdes, proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène depuis 1984 une rébellion contre Ankara.

Les pays occidentaux reprochent régulièrement au gouvernement islamo-conservateur d’Ankara sa neutralité, voire sa complaisance, vis-à-vis des organisations radicales en guerre contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, dont l’EI.

La Turquie a toujours démenti ces allégations mais elle a jusque-là refusé de prendre part à la coalition militaire antijihadiste dirigée par les États-Unis.

Sous le feu des critiques de ses alliés, elle a toutefois depuis un an sérieusement resserré ses contrôles dans les aéroports et à sa frontière pour empêcher le transit par son sol des recrues étrangères de l’EI en route vers la Syrie.

Elle a également mené ces dernières semaines plusieurs opérations de police, très médiatisées, pour démanteler les filières jihadistes qui passent par son territoire.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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