Turquie: l’auteur de l’attentat suicide de Suruç, un jeune Turc radicalisé, formellement identifié

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Photo prise sur les lieux de l'attentat suicide du 20 juillet 2015 à Suruç, une ville turque près de la frontière syrienne. (Dicle News Agency/AFP)
Photo prise sur les lieux de l’attentat suicide du 20 juillet 2015 à Suruç, une ville turque près de la frontière syrienne. (Dicle News Agency/AFP)

Les autorités turques ont formellement identifié un jeune Turc de 20 ans, Seyh Abdurrahman Alagöz, comme l’auteur de l’attentat suicide attribué au groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui a fait au moins 32 morts lundi à Suruç, à la frontière syrienne, a-t-on appris mercredi de source officielle.

« Nous confirmons sur la base des analyses génétiques pratiquées que l’auteur de l’attaque est un homme de 20 ans originaire d’Adiyaman (sud-est de la Turquie) », a déclaré à l’AFP un responsable turc sous couvert de l’anonymat.

Le jeune homme a rejoint les rangs du groupe EI il y a deux mois seulement, a rapporté mercredi la presse turque.

Selon les autorités turques, il s’est fait exploser lundi à la mi-journée dans les jardins du centre culturel de Suruç (sud), à la frontière syrienne, au milieu d’un groupe de jeunes partisans de la cause kurde qui désiraient participer à la reconstruction de Kobané.

Située juste de l’autre côté de la frontière, cette ville syrienne a été largement détruite pendant la bataille qui s’est soldée en janvier par la victoire des Kurdes de Syrie sur l’EI.

Quelques heures seulement après l’attaque, le Premier ministre islamo-conservateur turc Ahmet Davutoglu a attribué sa responsabilité au mouvement djihadiste, qui occupe depuis un an de larges portions des territoire irakien et syrien.

Selon la presse, les autorités turques enquêtent sur d’éventuels liens entre l’attaque meurtrière de Suruç et l’attentat qui avait fait 4 morts et plusieurs dizaines de blessés lors d’une réunion publique du principal parti kurde de Turquie le 5 juin dernier à Diyarbakir (sud-est), deux jours avant les élections législatives.

Le quotidien Hürriyet affirme mercredi que le mécanisme de l’engin explosif était identique dans les deux cas et que les deux auteurs présumés des attaques avaient rejoint les rangs djihadistes au même moment.

Le PKK revendique le meurtre de deux policiers turcs en représailles à l’attentat de Suruç

Par ailleurs, les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont revendiqué mercredi le meurtre de deux policiers turcs retrouvés morts près de la frontière syrienne en représailles à l’attentat suicide meurtrier attribué lundi au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Le 22 juillet vers 6h00, une action punitive a été conduite (…) contre deux policiers qui coopéraient avec le gang de Daesh (l’acronyme arabe de l’EI) à Ceylanpinar, a écrit sur son site internet la branche armée du PKK, les Forces de défense du peuple (HPG).

Mercredi matin, deux policiers ont été retrouvés morts, tués d’une balle dans la tête, dans un immeuble de la ville de Ceylanpinar, à la frontière avec la Syrie, avait annoncé dans la matinée le gouverneur de la province de Sanliurfa, Izzetin Küçük.

Cette opération et sa revendication interviennent deux jours après l’attentat qui a fait au moins 32 morts et une centaine de blessés dans une autre ville frontalière de la Syrie, Suruç (sud), située à une centaine de kilomètres plus à l’ouest.

L’attaque de Suruç a visé un groupe de jeunes militants de gauche partisans de la cause kurde qui souhaitaient traverser la frontière pour participer à la reconstruction à Kobané. Cette ville syrienne a été détruite par quatre mois d’intenses combats qui se sont soldés par la victoire des milices kurdes de Syrie sur les combattants jihadistes.

Le gouvernement turc a engagé à l’automne 2012 des discussions de paix avec le PKK, qui mène depuis 1984 sur le sol turc une rébellion ayant fait quelque 40.000 morts. Un cessez-le-feu proclamé par le PKK tient tant bien que mal depuis cette date mais les discussions n’ont pour l’heure pas abouti à un accord.

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