Ukraine: Interpol suspend l’avis de recherche contre l’ex-président Ianoukovitch

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Viktor Ianoukovitch le 21 février 2014 à Kiev (Archives/Sergei Supinsky/AFP)
Viktor Ianoukovitch le 21 février 2014 à Kiev (Archives/Sergei Supinsky/AFP)

Les autorités ukrainiennes ont promis mercredi de tout faire pour assurer le retour et le jugement de l’ex-président Viktor Ianoukovitch exilé en Russie, après la suspension inattendue par Interpol de l’avis de recherche à son encontre.

Les avocats de Ianoukovitch ont porté plainte et c’est pour cette raison que la notice rouge a été retirée du site d’Interpol, a expliqué à l’AFP le député Anton Guerachtchenko, conseiller du ministre ukrainien de l’Intérieur.

Viktor Ianoukovitch a été destitué par le Parlement en février 2014 après trois mois de contestation pro-européenne contre son régime réprimée dans le sang sur le Maïdan à Kiev et sa fuite en Russie. Il est inculpé en Ukraine de meurtres de masse, usurpation du pouvoir et vol de biens d’État à grande échelle.

Selon la fiche émise par Interpol, il était recherché pour des malversations financières: soustraction, détournement ou conversion de biens par des manoeuvres frauduleuses, commis à grande échelle ou en bande organisée.

Interrogé par l’AFP, Interpol a indiqué que la notice rouge avait été retirée du site jusqu’à nouvel ordre et n’était plus accessible dans la base de données pour les pays-membres de l’organisation de coopération policière basée à Lyon.

C’est une mauvaise nouvelle qui prouve que les documents fournis par la partie ukrainienne ont été mal préparés (…) et la culpabilité n’est pas prouvée, a commenté l’ex-dirigeant du bureau d’Interpol en Ukraine Kyrylo Koulikov, interrogé par l’AFP.

Ianoukovitch est riche et peut se permettre d’engager plein d’avocats qui trouveront des failles dans les documents ukrainiens. Tout dépend maintenant de la compétence des Ukrainiens et là je suis sceptique, a-t-il poursuivi.

Les avocats de la défense, du groupe Joseph Hage Aaronson basé à Londres, ont affirmé dans un communiqué que cette décision avait été prise parce que les accusations criminelles portées par les nouvelles autorités ukrainiennes contre le président Ianoukovitch faisaient partie de la persécution politique lancée contre lui.

Kiev devra dès lors présenter de nouveaux éléments pour prouver le bien-fondé de ses accusations devant Interpol ou devant un tribunal de Lyon, selon les autorités ukrainiennes.

Le député du groupe présidentiel Serguiï Lechtchenko, célèbre journaliste d’investigation qui a enquêté sur la corruption du clan Ianoukovitch a pour sa part qualifié la décision d’Interpol de coup dans le dos des Ukrainiens qui attendent que justice soit faite dans l’affaire du Maïdan et de la dilapidation des biens publics.

A Moscou, une source proche du dossier citée par l’agence Interfax a souligné que les autorités russes n’avaient pas l’intention de rechercher, ni d’arrêter Viktor Ianoukovitch poursuivi, selon Moscou, pour des raisons politiques.

Le parquet général ukrainien, qui cite une lettre d’Interpol, indique que la notice concernant M. Ianoukovitch a été suspendue jusqu’à la nouvelle session qui doit avoir lieu les 23-25 septembre.

Ianoukovitch peut engager 300 avocats pour faire traîner son procès, a accusé M. Guerachtchenko. L’objectif de l’Ukraine est de réunir un dossier et fournir des preuves pour qu’un tribunal français n’ait plus de doutes, a-t-il souligné.

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