Vienne: pour la première fois depuis plusieurs jours, tous sont à la table des négociations avec l’Iran

Lundi 13 juillet 2015 auxdes négociations sur le programme nucléaire iranien à Vienne, pour la première fois depuis plusieurs jours, russes, chinois, français, britanniques, allemands et européens ont tous participé aux échanges: ici, le Secrétaire d'État américain, John Kerry assis avec ses collègues ministres des Affaires étrangères et dirigeants du groupe 5 + 1. (Department of State)
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Lundi 13 juillet 2015 auxdes négociations sur le programme  nucléaire iranien à Vienne, pour la première fois depuis plusieurs jours, russes, chinois, français, britanniques, allemands et européens ont tous participé aux échanges: ici, le Secrétaire d'État américain, John Kerry assis avec ses collègues ministres des Affaires étrangères et dirigeants du groupe 5 + 1. (Department of State)
Lundi 13 juillet 2015 aux négociations sur le programme nucléaire iranien à Vienne, pour la première fois depuis plusieurs jours, russes, chinois, français, britanniques, allemands et européens ont tous participé aux échanges: ici, le Secrétaire d’État américain, John Kerry assis avec ses collègues ministres des Affaires étrangères et dirigeants du groupe 5 + 1. (Department of State)

Tous les ministres engagés dans les négociations sur le nucléaire iranien ont jeté leurs forces dans la bataille lundi à Vienne pour tenter d’arracher un accord historique, mais leurs chances d’aboutir dans la soirée semblaient «limitées».
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Mise à jour au 13/07/2015 à 15h57

Nucléaire iranien: pas de conclusion ce lundi: les acteurs des négociations sur le nucléaire iranien ont jeté lundi toutes leurs forces dans la bataille pour finaliser un accord historique. Mais tout près du but, ce scénario leur échappe à quelques heures de la date butoir et les discussions vont se poursuivre.

Lundi, un message faisant état d’un accord était brièvement intervenu sur le compte Twitter de M. Rohani. Il a ensuite été retiré pour revenir un peu plus tard au conditionnel.

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Depuis deux jours, tous les acteurs assurent que l’accord définitif est «à portée de main», ou «prêt à 98 %», qu’il ne manque qu’une «volonté politique» pour surmonter les derniers différends.

Pour ce faire, les chefs des diplomaties américaine John Kerry et iranienne Mohammad Javad Zarif, les principaux protagonistes, se sont retrouvés au Palais Coburg comme presque tous les jours depuis l’ouverture du dernier cycle de négociations, le 27 juin.

Mais pour la première fois depuis plusieurs jours, leurs homologues russe, chinois, français, britannique, allemand et européen ont tous participé aux échanges.

«Tout le monde travaille dur pour obtenir un oui aujourd’hui», a twitté le diplomate iranien Alireza Miryoussefi dans la matinée.

Les chances d’aboutir lundi sont «faibles», a toutefois estimé en fin d’après-midi une autre source iranienne.

Imperturbable, M. Zarif s’est dit prêt à négocier «aussi longtemps que nécessaire».

Pour Pékin toutefois, il faut cesser de tergiverser. «Aucun accord ne peut être parfait», a rappelé le ministre Wang Li. «Les conditions sont déjà en place pour atteindre un bon accord» et «il ne doit pas y avoir de nouveaux délais», a-t-il ajouté.

Liesse

Téhéran et les grandes puissances tentent de refermer un dossier qui empoisonne les relations internationales depuis plus de 12 ans.

L’Iran est soupçonné d’avoir mis en oeuvre, jusqu’en 2003 et peut-être au-delà, un programme nucléaire militaire sous couvert d’activités civiles, ce qu’il a toujours nié.

Depuis une dizaine d’années, les États-Unis, l’Union européenne et l’ONU imposent des sanctions à la République islamique pour la forcer à négocier.

Les pourparlers n’ont vraiment commencé qu’en 2013, après l’élection du président Hassan Rohani sur la promesse d’une levée des sanctions.

En avril, à Lausanne, les négociateurs ont obtenu à l’arraché un accord-cadre qui a fixé les grands principes du texte final.

L’Iran a notamment accepté de réduire le nombre de ses centrifugeuses et son stock d’uranium enrichi, ce qui doit rendre quasi impossible la fabrication rapide d’une bombe atomique.

L’accord-cadre renvoyait les modalités pratiques à des discussions ultérieures, censées se terminer le 30 juin. L’échéance a été reportée à trois reprises et la dernière date-butoir est fixée, jusqu’à nouvel ordre, à lundi soir.

Dimanche, le président Rohani a comparé les négociateurs à des alpinistes arrivés tout près du sommet. «Si l’on regarde d’en bas on a l’impression qu’on y est arrivé. Mais lorsqu’on est en haut, on sait qu’il reste encore quelques pas à faire», a-t-il estimé. M. Rohani a déclaré aujourd’hui sur son compte Twitter qu’un accord sur le nucléaire iranien serait la victoire de la diplomatie et du respect mutuel sur les paradigmes désuets de l’exclusion et de la coercition.

Le chef d’État doit s’exprimer à la télévision une fois l’accord conclu. Aucune date, aucune heure n’a été confirmée pour cette intervention.

Indice montrant qu’un épilogue est en vue: le ministre iranien de l’Intérieur a demandé aux autorités locales de se préparer à des scènes de liesse dans les rues, la population espérant que la levée des sanctions internationales permettra une amélioration de ses conditions de vie en cas d’accord.

«Mauvais accord»

Que l’issue soit pour lundi ou pas, la séquence de pourparlers viennois est déjà l’un des plus longs cycles de négociations internationales, au niveau ministériel et en un seul lieu, depuis celui qui a abouti aux accords de Dayton (États-Unis) ayant mis fin en 1995 à la guerre en Bosnie-Herzégovine.

Les discussions se sont éternisées en raison de désaccords sur la durée de l’accord, le rythme de la levée des sanctions ou l’accès aux sites militaires iraniens.

Les négociations ont également buté sur la levée de restrictions sur le programme balistique et le commerce des armes, réclamée par Téhéran avec le soutien de Moscou.

Les Occidentaux jugent cette demande délicate en raison de l’implication iranienne dans plusieurs conflits, en particulier en Syrie et en Irak.

Les voisins de l’Iran, notamment Israël et les puissances sunnites, s’opposent d’ailleurs à un accord qui ouvre la voie à une normalisation pour Téhéran sur la scène internationale.

Même en cas d’amélioration de dernière minute, l’accord sera «mauvais», a redit lundi le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, évoquant le risque d’une «course aux armements nucléaires» dans la région.

Aux États-Unis, où le souvenir de la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979 reste vivace, l’accord rencontre aussi une forte opposition.