Accusation de viols en Centrafrique: le chef de la mission de l’ONU renvoyé

Centrafrique: l'ONU ouvre une enquête après des accusations de viol d'une fillette de 12 ans et d'homicide d,un ado de 16 ans. (Amnesty International)
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Centrafrique: l'ONU ouvre une enquête après des accusations de viol d'une fillette de 12 ans et d'homicide d,un ado de 16 ans. (Amnesty International)
Centrafrique: l’ONU ouvre une enquête après des accusations de viol d’une fillette de 12 ans et d’homicide d’un ado de 16 ans. (Amnesty International)

Le chef de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a été renvoyé après une série d’accusations d’abus sexuels contre des enfants commis par des Casques bleus, a annoncé mercredi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Le diplomate sénégalais Babacar Gaye, 64 ans, a remis sa démission à ma demande, a déclaré M. Ban à des journalistes à New York.

« Il m’est impossible de mettre en mot la colère, le tourment et la honte que je ressens après ces accusations récurrentes au fil des années d’exploitation sexuelle et d’abus commis par des forces onusiennes », a-t-il assuré.

« Je ne tolérerai aucun agissement de ceux qui remplacent la confiance par la peur (…) assez, c’est assez », a martelé le secrétaire général.

Cette annonce intervient au lendemain de l’ouverture d’une enquête sur des accusations de viol contre une fillette et de l’homicide d’un adolescent de 16 ans et de son père qui auraient été commis par des Casques bleus au cours d’une opération armée à Bangui début août.

Au moins cinq personnes, dont un Casque bleu, avaient été tuées et des dizaines blessées pendant cette opération, qui s’est déroulée les 2 et 3 août, et visait à arrêter un ancien chef de l’ex-rébellion Séléka dans l’enclave musulmane du PK5 à Bangui.

La Séléka, à dominante musulmane, avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013, avant d’en être chassée l’année suivante, mais elle y a gardé des sympathisants, notamment dans le quartier du PK5.

Cette enquête fait suite à plusieurs cas similaires mettant en cause des Casques bleus marocain et burundais.

Dans une affaire séparée, la France enquête sur des allégations d’abus sexuels commis sur des enfants en Centrafrique entre décembre 2013 et juin 2014. Ces accusations visent notamment 14 soldats français qui faisaient partie de l’opération Sangaris menée par la France et n’étaient pas sous le commandement de l’ONU.

Toutefois, l’ONU a aussi nommé une commission indépendante pour enquêter sur ce cas et plus précisément sur la façon dont les Nations unies ont géré l’affaire, après des critiques pointant du doigt la lenteur de sa réaction sur le dossier.

Le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a indiqué que 57 allégations de fautes ont été proférées contre des Casques bleus de la Minusca, dont 11 concernant potentiellement des cas d’abus sexuels sur des enfants.

Le limogeage de Babacar Gaye est une décision sans précédent, a fait savoir le porte-parole, prévenant que Ban Ki-moon s’apprêtait à livrer un message fort aux envoyés spéciaux des 16 missions de l’ONU durant une visioconférence prévue jeudi.

Ce même jour, les quinze membres du Conseil de sécurité tiendront une réunion spéciale au cours de laquelle Ban Ki-moon se prononcera notamment sur le limogeage.

À Dakar, le président énégalais Macky Sall a salué le leadership et le professionnalisme avec lesquels le général Babacar Gaye a exercé ses fonctions à la tête de la Minusca, selon un communiqué diffusé par le ministère des Affaires étrangères.

Le gouvernement a rendu hommage au sens du devoir de l’officier, qui a honoré son pays en travaillant au service de la communauté internationale avec dignité, abnégation et esprit de dépassement, d’après le même texte.

Après avoir occupé plusieurs fonctions au sein de la hiérarchie militaire de son pays, le général a été chef des armées sénégalaises de 2000 à 2003, jusqu’à son limogeage (en août 2013), en lien avec le naufrage, en septembre 2002, du ferry sénégalais Le Joola au large de la Gambie voisine (1.863 morts selon le bilan officiel).

Il a été commandant de la force de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monusco) et a participé à des opérations de maintien de la paix.